Afrique Australe: Croisade pour le Mozambique

C'est fait. Les pays d'Afrique australe sont sur le pied de guerre. Ils vont se liguer contre les djihadistes « Al-Shabab », qui prennent le Mozambique à la gorge depuis trois ans et mettent à mal sa stabilité.

Devant la menace que représente l'activité de ces groupes pour la sous-région, la Communauté de développement d'Afrique australe-SADC-* proposait à Maputo un appui militaire que le pays de Samora Machel rejetait par crainte, expliquaient les autorités, de voir le phénomène être renforcé par des solidarités inespérées de la nébuleuse terroriste.

En acceptant désormais cette aide dont le format reste à déterminé, le Mozambique a sans doute réalisé que plus le temps passe, plus l'implantation des insurgés qui le combattent depuis 2017 deviendrait inextricable. Comme toutes les rebellions, celles qui opèrent dans le Nord-Est du Mozambique peuvent, d'une façon ou d'une autre, consacrer une division de fait de ce pays en empêchant le déploiement de l'administration publique dans les zones qu'elles écument. De ce point de vue, la préservation de sa souveraineté, présentée par le pouvoir de Maputo comme l'une des raisons du refus de la présence des forces étrangères dans le pays ne fait pas beaucoup de poids.

La décision de la SADC annoncée, le 23 juin, dans la capitale mozambicaine, pourrait constituer un cas d'école supplémentaire pour le continent, si l'appui militaire qu'elle entend apporter à l'un de ses Etats membres est couronné de succès. En 2013, pour citer le cas de la République centrafricaine, et même auparavant, les armées des pays d'Afrique centrale sont venues au secours de celle-ci lorsqu'elle était menacée d'implosion par des rébellions tentaculaires. Dans les années 1990, la Force Ecomog, en Afrique de l'Ouest, s'était engagée en Sierra Leone et au Liberia, deux pays voués aux violences épouvantables.

De ce que l'on observe pour le Mozambique et en raison de lourds investissements consentis par certaines multinationales dans l'exploitation du gaz, en particulier le groupe italien ENI et le français Total, l'engagement militaire de la SADC pourrait bénéficier du soutien de partenaires extérieurs. De source informée, des experts américains et portugais sont dans ce pays pour y former les forces de défense et de sécurité. Le tout est que les parties définissent clairement le cadre de leur intervention pour obtenir le retour de la quiétude dans ce pays qui a vu plus de 800 000 de ses enfants fuir les violences tandis que près de 3000 autres ont perdu la vie.

*Angola, Botswana, Comores, Rd-Congo, Eswatini, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Afrique du Sud, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe.

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