Cote d'Ivoire: Atteinte contre l'autorité de l'état - La justice sans pitié pour Soro, ses proches et le GPS

La verdit est tombé. Le tribunal criminel d'Abidjan, dirigé par le juge Charles Bini, a suivi les réquisitions du parquet. Guillaume Soro a été condamné, hier, à une peine de prison à perpétuité pour «atteinte à la sûreté nationale », comme l'avait réclamé Richard Adou, le procureur de la République, une semaine plus tôt. Affoussiata Bamba, Soul To Soul et Touré Moussa écopent, chacun, de 20 ans d'emprisonnement.

Quant à Alain Lobognon, Sékongo Simon et Rigobert Soro, ils ont été condamnés à 17 mois pour troubles à l'ordre public. Ils pourront recouvrer la liberté pour avoir purgé les 17 mois de détention. Traoré Babou, un autre civil poursuivi pour le même motif, a, lui, été acquitté. Ouvert le mercredi 19 mai 2021, le procès avait été renvoyé au 26 mai suite à certaines exceptions soulevées par la défense. Depuis, il s'est déroulé dans les normes, et a continué après le retrait de certains avocats de la défense pour livrer son verdict, hier comme écrit plus haut. L'ancien Premier ministre et 19 de ses partisans étaient accusés de « complot », « tentative d'atteinte contre l'autorité de l'État » ainsi que de « diffusion et publication de nouvelles fausses jetant le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement, ayant entraîné une atteinte au moral des populations».

Dans son réquisitoire de la semaine dernière, Adou Richard a rappelé que les investigations ont permis de retrouver dans la lagune de la station balnéaire d'Assinie 50 kalachnikovs, 12 lance-roquettes, 4 fusils-mitrailleurs et des munitions, cachés là par les présumés insurgés. Toujours selon le magistrat, ces armes seraient arrivées là à bord de 4 voitures appartenant à un certain Zébré Souleymane, aujourd'hui en fuite, et ont été ensuite stockées au siège de Génération et peuples solidaires (GPS), le mouvement politique de Guillaume Soro. C'est pourquoi, Adou Richard avait également plaidé pour la dissolution du GPS. L'avocat de l'Etat, Me Abdoulaye Ben Meïté a, lui, aussi plaidé pour la condamnation de Guillaume Soro.

Le 23 décembre 2019, Guillaume Soro alors en exil annonçait son retour au pays. Sur les réseaux sociaux, les images de son voyage étaient relayées par ses partisans qui se préparaient à l'accueillir. Au dernier moment, son avion a pris une autre direction et ne s'est jamais posé sur le sol ivoirien, mais plutôt à Accra, la capitale du Ghana avant de retourner en Europe où il séjournait. Des échauffourées ont été enregistrées entre ses partisans et les forces de l'ordre.

Les autorités ivoiriennes l'avaient accusé de tentative d'« atteinte à la sûreté de l'État» et de « détournement de deniers publics ». Les autorités avaient basé leurs accusations sur ce qu'elles présentaient comme des enregistrements téléphoniques, dans lesquels Guillaume Soro évoquait ses soutiens au sein de l'armée, et indiquait avoir la « télécommande » pour passer à l'action. Le GPS dissous Le GPS, mouvement politique proche de Guillaume Soro, n'existe plus. En tout cas, le juge-président Charles Bini a annoncé dans son verdict, la dissolution de cette structure.

Les 20 prévenus sont également condamnés à payer solidairement un milliard de FCFA de dommages et intérêts. Les avocats de la défense, qui ont dénoncé à la sortie de l'audience un procès politique, ont annoncé leur intention de faire appel. « Nous allons demander au juge d'appel de censurer le verdict contre Soro et ses proches », a indiqué Me Gohi-Bi avant d'aller à l'acquittement de ses clients. Et Me Souleymane Diallo, un autre avocat de la défense, d'ajouter : « une décision d'anéantissement d'opposants politiques ».

Me Meïté, avocat de l'Etat, pense tout le contraire de ce qu'avancent ses confrères. Il s'est dit heureux. « Ma plaidoirie a porté. Les accusés ont été condamnés dans les limites de ce que j'ai plaidé. Force reste à la loi. C'est la justice qui a triomphé. Les faits ne sont pas des faits imaginaires. Ce sont des faits réels qui ont été portés à la connaissance du tribunal. Et le tribunal a statué conformément à la loi. », a-t-il confié. Faut-il le rappeler, Guillaume Soro a déjà été condamné par la justice ivoirienne à 20 ans d'emprisonnement ferme ; 4,5 milliards de FCFA d'amende ; et à la privation de ses droits civiques pour une période de cinq ans pour avoir été reconnu coupable de recel de deniers publics, détournement et blanchissement de capitaux, relatifs à l'acquisition d'une villa à Marcory Résidentiel en 2007 avec des fonds du Trésor public ivoirien.

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