Ile Maurice: [Tableau] Safe City, MK, tablettes etc. - Comment notre argent part en fumée...

C'est un tableau qui circule sur les réseaux sociaux depuis vendredi : un résumé des affaires, scandales, gaspillages et surtout des détournements dont a été victime le contribuable mauricien depuis 2015. En tête de liste bien sûr, l'affaire BAI.

Au lieu de régler un problème allégué de Ponzi Scheme et sauver des clients du conglomérat, le gouvernement finira par y mettre plus de Rs 20 milliards, pour compenser les clients et sauver des compagnies comme MauBank, issue en partie de l'ex-Bramer Bank. Pourtant, le gouvernement avait promis que pas un sou de l'État ne serait utilisé. En deuxième position, le projet Safe City de Huawei au coût de Rs 19 milliards. Et on apprend que d'autres millions seront dépensées pour la reconnaissance faciale notamment. L'affaire Kistnen a démontré les graves limitations, si ce n'est les lacunes du système.

Mais c'est la suspicion que les données soient manipulables à souhait qui a fait surface. Rs 12 milliards pour Air Mauritius. Le gouvernement Lepep de 2014 n'avait non seulement pas voulu annuler ou diminuer la commande de six Airbus ; il l'a confirmée et a ajouté deux A330 Neo au panier. D'autres millions perdus sous ce gouvernement, comme sous l'Air Corridor, n'ont pas été comptabilisés dans ces Rs 12 milliards. Et l'on ne parle pas des frais des administrateurs.

Certes, le contrat Betamax fut le cadeau empoisonné du régime travailliste. Mais encore une fois, au lieu de limiter les dégâts et traîner les responsables en justice, le gouvernement se serait laissé berner par ses conseillers juridiques et s'est aventuré dans un appel qui était condamné d'avance. Nous y reviendrons. Le stade de Côte-d'Or est sans doute celui qui sent le plus la corruption. Les contrats opaques qui ne bénéficieraient en majeure partie qu'aux Chinois ont surpris. Ce qui a encore plus indigné, c'est que le stade n'est pas encore rentable, en dépit de grandes promesses de faire de Maurice un autre hub, celui du sport.

Le Co-vid-19 n'est pas seul responsable de ce désastre. Les achats pour Rs 1,2 milliard sous procédure d'urgence pour des respirateurs défectueux, entre autres, ont outré par la distribution de contrats aux copains et copines. Mais surtout par la mort de Soopramanien Kistnen que l'on soupçonne d'être liée à ces contrats. En tout cas, l'enquête judiciaire aura permis à lever le voile sur beaucoup de dysfonctionnements et magouilles.

Le St-Louis Gate a dévoilé au moins des paiements de commission de Rs 700 millions. Pas de commission d'enquête, a décidé le gouvernement. L'Independent Commission against Corruption mène l'enquête et patine.

Les tablettes promises et jamais livrées aux écoliers auraient coûté Rs 500 millions. Mais l'on ne sait pas comment on est arrivé à ce chiffre. S'ajoutent Rs 400 millions pour un contrat à Liverpool Football Club accordé par la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA). Après les critiques de ce contrat qui ne rapporte rien avec l'avènement du Covid-19, Steven Obeegadoo ne veut même pas penser à résilier ou amender cet autre contrat en béton. Peur de l'effet Betamax ?

Puis, 241 millions ont été englouties dans un mauvais film, Serenity, qui n'a rien rapporté, sauf à des amis. Si Pravind Jugnauth est sorti victorieux du procès MedPoint devant le Privy Council, le contribuable, lui, a perdu Rs 144 millions pour un projet d'hôpital dédié aux cancéreux qui coûterait maintenant le milliard.

Beaucoup d'autres scandales n'ont pas été inclus dans cette liste. Sans doute parce que ne concernant «que» quelques dizaines de millions de roupies...

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