Afrique: Le conseil d'administration du FMI approuve un accord au titre de la facilité élargie de crédit en faveur du Soudan

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Washington : Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé en faveur du Soudan un accord sur 39 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant de 1 733,051 millions de DTS (environ 2 472,7 millions de dollars ou 275 % de la quote-part du Soudan). L'accord a pour objectif de favoriser la mise en œuvre par les autorités de leur programme de réforme ambitieux et de mobiliser des financements concessionnels de la part des donateurs.

Cela aidera le pays à renforcer la résilience de son économie, à promouvoir une croissance plus élevée et plus inclusive, à réduire la pauvreté et à relever le niveau de vie. La décision du conseil d'administration permettra de décaisser immédiatement 991,551 millions de DTS (environ 1 414,7 millions de dollars).

À l'issue des délibérations du conseil d'administration, Mme Kristalina Georgieva, directrice générale et présidente par intérim, a fait la déclaration suivante :

« Le Soudan a atteint le point de décision de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), compte tenu de la détermination soutenue des autorités à mener des réformes dans un contexte extrêmement difficile sur les plans politique, économique et sécuritaire. La deuxième revue du programme de référence, qui a été approuvée par la direction et avalisée par le conseil d'administration car le pays remplit les conditions d'un accord donnant accès aux tranches supérieures de crédit, a été achevée et les autorités ont respecté la mesure préalable à la conclusion du nouvel accord de 39 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC). Par leur engagement vigoureux, les autorités ont renforcé les finances publiques tout en assurant un soutien aux catégories les plus vulnérables, réduit les distorsions en passant à un régime de change déterminé par le marché, et amélioré la gouvernance. Les autorités ont également élaboré un document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), qui synthétise les vues communes des principales parties prenantes en ce qui concerne une feuille de route nationale visant à atténuer la pauvreté et à recenser les secteurs prioritaires pour réaliser cet objectif.

L'accord sollicité par les autorités au titre de la FEC constitue une réponse ambitieuse et appropriée aux difficultés macroéconomiques du Soudan. Il importera de maintenir l'élan des réformes pour atteindre les objectifs du programme ainsi que pour réduire la pauvreté et garantir une croissance plus forte et plus inclusive.

Le cadre budgétaire prévu par le programme assure un juste équilibre entre, d'une part, la nécessité de réduire les dépenses consacrées à des subventions énergétiques régressives et porteuses de distorsions et, d'autre part, l'affectation de nouvelles ressources à d'indispensables dépenses sociales et infrastructurelles. Il conviendra également d'instaurer des mesures fiscales supplémentaires et d'optimiser l'administration (notamment par des réformes de la gestion des finances publiques et des mesures de renforcement du bureau des gros contribuables) afin d'augmenter les recettes intérieures. L'amélioration de la gestion de la dette permettra d'éviter une nouvelle accumulation de dette intenable.

L'approbation récente de la loi révisée sur la banque centrale constitue un pas important, mais d'autres mesures restent nécessaires pour renforcer l'indépendance de la banque centrale et sa capacité de contrôle. Ainsi, il importera de promulguer une loi révisée sur la réglementation bancaire prévoyant un régime exhaustif de résolution pour le secteur bancaire, conforme aux meilleures pratiques internationales, afin de jeter les bases de la restructuration de ce secteur. Bien que le passage à un taux de change déterminé par le marché se soit déroulé relativement en douceur, les autorités doivent se prémunir contre la réapparition de pratiques de taux de change multiples. L'assainissement des finances publiques sera essentiel pour réduire la monétisation et la forte inflation qui en découle, tandis que le retour de l'activité bancaire classique encouragera le développement d'instruments monétaires plus efficaces.

Afin de libérer le potentiel du secteur privé soudanais, il s'agira de prendre des mesures de grande ampleur pour améliorer la gouvernance, réduire le rôle de l'État dans l'économie et mobiliser les investisseurs privés. La création d'une commission indépendante anticorruption est essentielle pour combattre la corruption, et une stratégie relative au secteur des entreprises publiques est nécessaire pour améliorer le contrôle et la gestion de ce secteur, ainsi que pour déterminer lesquelles sont à privatiser, et lesquelles restent sous le contrôle de l'État.

Le DSRP du Soudan, élaboré à l'issue de consultations approfondies avec des parties prenantes intérieures et internationales, présente un ensemble exhaustif de plans sectoriels et de mesures de réforme visant à réduire la pauvreté et à rapprocher le pays des objectifs de développement durable (ODD). Il importe que la communauté internationale fournisse davantage d'assistance financière et technique aux autorités pour soutenir leurs réformes et la mise en œuvre du DSRP.

La demande présentée par le Soudan en vue d'obtenir, au titre de l'initiative PPTE, une assistance temporaire au paiement du service de la dette à l'égard du FMI a été approuvée. Les progrès engrangés pour obtenir d'autres créanciers qu'ils s'engagent à alléger la dette dans le contexte de l'initiative PPTE sont bienvenus, compte tenu de la nécessité de répartir équitablement l'effort entre tous les créanciers. Le périmètre et le contenu des déclencheurs flottants du point d'achèvement de l'initiative PPTE, qui portent sur la croissance, le climat des affaires, la gestion des finances publiques, les recettes intérieures, la gestion de la dette, la gouvernance, la protection sociale et les statistiques, sont adéquats. »

Annexe

Évolution économique récente

Les autorités ont avancé dans la stabilisation de l'économie, mais des problèmes considérables subsistent. L'économie s'est contractée pour la troisième année consécutive en 2020, quoique moins que prévu, et la croissance devrait accélérer progressivement à compter de 2021 grâce à la stabilisation de l'économie. Le déficit budgétaire a diminué et devrait encore baisser en 2021, ce qui faciliterait une réduction de l'inflation, mais tant le déficit budgétaire que le déficit des transactions courantes restent élevés, l'inflation est très élevée (379 % sur un an en mai 2021) et la compétitivité est faible. Les subventions aux prix de l'essence à la pompe et la plupart des subventions aux carburants ont été éliminées en décembre 2020 et les tarifs de l'électricité ont été relevés, tandis que des progrès ont été accomplis en ce qui concerne les tests de résistance des banques et les inspections des banques relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Résumé du programme

Les priorités de réforme dans l'accord FEC ont été coordonnées étroitement avec d'autres donateurs et complètent les déclencheurs proposés pour le point d'achèvement flottant de l'initiative PPTE qui détermineront précisément quand le Soudan pourrait atteindre ce dernier. Ces priorités sont les suivantes :

Assurer la viabilité des finances publiques grâce à une augmentation des recettes intérieures et à une réduction des dépenses consacrées à des subventions énergétiques régressives ;

Accroître les dépenses consacrées à la santé, à l'éducation et à d'autres services essentiels pour améliorer le niveau de vie et relever la croissance à long terme ;

Soutenir la flexibilité du taux de change et l'adoption d'un régime de ciblage de la monnaie centrale ;

Accroître l'indépendance de la banque centrale, renforcer le secteur financier en mettant en place un système bancaire double et réformer le régime de résolution bancaire ;

Renforcer la gouvernance et la transparence, en particulier dans le secteur des entreprises publiques.

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