Swaziland: Le royaume d'Eswatini impose un couvre-feu, l'armée déployée pour réprimer les manifestations

Drapeau d'Eswatini (ancien Swaziland)

Le royaume d'Eswatini, jusqu'à récemment appelé Swaziland, a annoncé mardi 29 juin l'instauration d'un couvre-feu tandis que l'armée a été déployée pour réprimer des manifestations pro-démocratie de la jeunesse. Des heurts ont opposé les forces de l'ordre aux manifestants pro-démocratie lundi soir 28 juin. Au pouvoir depuis 35 ans, le roi Mswati III serait actuellement en Afrique du Sud. L'opposition affirme qu'il s'y est enfui et promettent d'intensifier leurs manifestations.

Pneus brulés, voitures caillassées, magasins incendiés, pillages. Ce sont les scènes décrites dans plusieurs villes de l'Eswatini, dans lesquelles se déroulent des manifestations.

Des événements qualifiés « d'alarmants et de contrariants », par le Premier ministre, dans un communiqué publié mardi soir. « Nous avons été témoins de violences dans plusieurs parties du pays, perpétrées par une foule incontrôlable », écrit Themba Masuku qui précise que les forces de sécurité sont sur le terrain pour « maintenir la loi et l'ordre ».

Les émeutes ont commencé samedi dernier, et depuis, elles prennent chaque jour un peu plus d'ampleur. Selon Amnesty International, les manifestants pro-démocratie réclament des réformes profondes, une liberté d'expression et d'association politiques dont ils sont privés depuis près de 35 ans, date de l'arrivée au pouvoir du dernier monarque absolu du continent, le roi Mswati III.

Dans tout le pays de fortes mobilisations ont éclaté, et la réponse du pouvoir est brutale. Les images qui nous parviennent montrent des soldats déployés dans les villes où se déroule l'insurrection. Selon des médias locaux et les partis d'opposition, l'armée et la police auraient tiré à balles réelles sur la foule lundi soir, seul un décès nous a été confirmé pour le moment. Amnesty International évoque également 7 blessés graves.

Le secrétaire général du Mouvement démocratique uni du peuple (PUDEMO), Wandile Dludlu, estime que plus de 200 personnes ont été blessées, dont une quinzaine dans un état critique.

Enfin, une bataille de communication oppose actuellement l'opposition et le gouvernement, les uns affirment que le roi aurait fui en Afrique du Sud devant la mobilisation, les autres qu'il est dans son palais et continue de gérer les affaires courantes.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X