Afrique: Covid-19 - Les criminels et les terroristes ont profité de la pandémie pour blanchir leurs produits du crime et financer leurs opérations, selon le DG du GIABA

Les criminels et les terroristes ont profité de la pandémie de Covid-19 pour blanchir leurs produits du crime et financer leurs opérations, a affirmé lundi le directeur général du Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (GIABA), le juge togolais Kimelabalou Aba.

"La pandémie de Covid-19 a entrainé de graves perturbations dans des secteurs très importants de nos économies, particulièrement les systèmes financiers. Les criminels et les terroristes exploitent cette crise sanitaire et le ralentissement économique qui en résulte pour se lancer dans de nouvelles activités à forte intensité de cash dans des pays en développement afin de blanchir leurs produits du crime et de financer leurs opérations", a-t-il signalé.

Il estiment que les entités déclarantes doivent s'adapter à ce climat et se tenir au fait de ces évolutions et, si nécessaire, changer d'orientation et redéfinir certaines activités, afin d'atténuer les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme associés à la pandémie de Covid-19, a indiqué Kimelabalou Aba.

Il s'exprimait à Saly-Portudal dans le cadre d'un atelier régional hybride des responsables de conformité des entités déclarantes sur les questions émergentes de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, pour renforcer la conformité dans le secteur financier par la formation des responsables de conformité sur les mesures sectorielles de LBC/FT.

"Il s'avère nécessaire de mentionner que le GIABA n'est pas à l'abri de l'impact de la pandémie de Covid-19. En tant qu'institution, il a adopté des stratégies visant à atténuer l'impact de cette maladie sur ses programmes afin de garantir que les Etats-membres mettent effectivement en œuvre leurs obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme", a fait noter Kimelabalou Aba.

De son côté, Ramatoulaye Gadio Agne présidente du Centre national de traitement des informations financières (CENTIF) du Sénégal, évoquant les risques émergents, a tenu à rappeler le bien-fondé de l'introduction de l'approche basée sur les risques dans le dispositif de vigilance qui, dans la pratique, devrait être guidé par la prise en compte de l'approche basée sur les risques.

"L'évaluation des risques telles que recommandée par les normes du GAFI (Groupe d'action financière), expressément prescrite par les lois anti-blanchiment de tous les pays membres du GIABA, est, à maints égards, un outil pertinent pour apporter une réponse adéquate aux différentes menaces et vulnérabilités auxquelles nos pays sont confrontées", a-t-elle estimé.

Pour elle, parler des questions émergentes de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme dans le contexte actuel de lutte contre la pandémie de Covid-19 est plus que d'actualité.

"Pour les responsables de conformité des institutions financières et des institutions non financières, il va falloir, d'une part, approcher les risques émergents, en relevant le défi de la conformité en terme d'exigences de la réglementation en matière de LBC/FT qu'en terme de satisfaction des besoins et de protection des intérêts des clients", a-t-elle fait savoir.

D'autre part, poursuit-elle, il faudrait adopter une "posture innovante" qui consiste à créer de la valeur à travers la sécurité financière et mettre en valeur la fonction conformité dans ce même contexte de Covid-19 et d'insécurité accrue dans la région Ouest-africaine.

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