Ethiopie: La situation humanitaire est hautement préoccupante au Tigré

Le PAM a repris ses opérations dans la région du Tigré en Ethiopie.

La province du Nord est ensanglantée depuis novembre par un conflit opposant d'un côté le pouvoir fédéral d'Addis-Abeba, appuyé par l'armée érythréenne et des milices d'ethnie Amhara, et de l'autre l'ancien pouvoir du TPLF transformé en groupe armé. Depuis une semaine, les TPLF ont lancé l'offensive et repris une grande majorité du Tigré. La situation humanitaire est extrêmement difficile et beaucoup soupçonnent Addis-Abeba de tenter un blocus du Tigré.

Un symbole, révélé ce jeudi 1er juillet, pourrait illustrer cette stratégie de blocus : c'est la destruction du pont Tekeze, qui enjambe la rivière du même nom et relie le Tigré à Gondar en zone Amhara. C'est une voie stratégique d'approvisionnement par où transitaient une grande partie de l'aide humanitaire. Un développement qui est très préoccupant. L'Agence américaine de développement parle d'un « désastre ». Le chercheur Kjetil Tronvoll y voit une « nouvelle preuve de tentative d'affamer les Tigréens ».

Ce pont marquait la limite avec l'ouest du Tigré conquis par les Amharas. Or dans son rapport, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) affirme que ce sont bien les ASF, les forces spéciales régionales Amhara, qui l'ont saboté. Le porte-parole de la région Amhara a, lui, promis une enquête.

À cela s'ajoute l'électricité coupée, internet coupé, les téléphones coupés. Les vols vers le Tigré sont aussi suspendus. D'après l'Ocha, des interdictions de passage sont en place sur de multiples routes. Samantha Power, administratrice de USAID, explique qu'une seule des quatre routes principales vers le Tigré est désormais accessible.

Mise en place de l'aide alimentaire

Ce vendredi midi, le Programme alimentaire mondial a toutefois annoncé qu'après 48 heures de suspension, l'organisation avait pu reprendre l'aide. Notamment dans le nord-ouest du Tigré où le PAM espère atteindre 40 000 personnes d'ici lundi. Le coordonnateur d'urgence Tommy Thomson se dit « raisonnablement optimiste » quant à la mise en place prochaine d'un pont aérien. En tout cas dit-il, « des gens sont morts, meurent et mourront encore si on ne nous laisse pas apporter de l'aide ».

Sur un plan militaire, d'après l'ONU, le TPLF a repris en quelques jours les principales villes de la province : Mekele, la capitale, mais aussi Shire, Axum, Adwa, Adigrat. Terrés dans les campagnes et les montagnes pendant des mois, les rebelles contrôlent désormais les routes et localités importantes.

Selon l'Ocha, les troupes fédérales se sont retirées vers le Sud et l'Ouest aux alentours de Mai-Tsebri, Korarit ou encore la frontière érythréenne où les forces d'Asmara se sont en partie regroupées. Aux dernières nouvelles, elles étaient toujours côté éthiopien de la démarcation.

Enfin les milices Amharas, qui à la faveur du conflit, avaient étendu leur contrôle sur le sud et l'ouest du Tigré, campent pour l'instant sur leur position. L'ONU évoque de possibles affrontements et embuscades en divers endroits. Le PAM a parlé de combats continuant dans certaines zones spécifiques. Néanmoins la situation globale est jugée plutôt calme, quoique très volatile par l'Ocha.

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