Ile Maurice: Maltraitance envers les animaux - Encore plus de plaintes et de bourreaux

Elle s'appelle Akira. Il y a deux semaines, elle a failli mourir si Vanisha Mohur, de l'association Rescuer Animal in Distress (RAID), et les officiers de la Mauritian Society For Animal Welfare (MSAW) n'étaient pas arrivés à temps à Curepipe pour la sauver. En effet, son frère et elle ont été victimes d'une véritable barbarie dont malheureusement le frère n'a pas survécu. Blessée atrocement à la tête et aux yeux après avoir été battue presque à mort, la bouche attachée avec du fil de fer et pendue à un arbre, Akira a vécu l'enfer.

Aujourd'hui, grâce à Vanisha qui a été sans relâche aux petits soins, Akira va mieux. «Mais il lui a fallu une semaine de traitement chez le vétérinaire pour qu'elle puisse reprendre du poil de la bête et s'alimenter. Elle avait un œil qui était sorti de son orbite et la tête en sang.» Vanisha ajoute que c'est un cas de plus qui doit nous faire comprendre qu'il y a des criminels contre les animaux qui se baladent.

Sameer Golam, président de l'association non-gouvernementale Second Chance Animal Rescue (SCAR), est d'avis que plus le temps passe, plus les jeunes commencent à prendre conscience de la valeur des animaux, du fait que l'on en parle plus, que ce soit sur les cas de maltraitance ou autres. «Il y avait des cas dans le passé mais aujourd'hui on a l'impression qu'il y en a beaucoup plus parce que cela est affiché davantage sur les réseaux sociaux.» Des cas de violences extrêmes envers les animaux, Sameer Golam en a vu plusieurs au fil des années. Et, soutient-il, chaque cas diffère, il faut durcir les lois pour décourager toute forme de cruauté envers les animaux. «Il aurait dû y avoir une police pour les animaux, qui s'occupe uniquement de leur bien-être.» Et de faire ressortir également que la torture animale est très préoccupante. «Parski bann dimounn normal pa fer bann zafer parey. Il est prouvé que les tueurs débutent avec cette tendance à torturer et maltraiter les animaux. Donk vrémem ena bann dimounm ki malad dan zot latet... »

Abondant dans le même sens, Usha Oodit, de Pink Pony Charity Trust, explique que le Covid-19 et le confinement ont accentué la frustration de certaines personnes qui se défoulent sur des animaux sans défense. «Il ne faut pas se mentir, la police n'agit pas comme elle devrait. Kan nou al get zot, zot pansé nou pena rol, samem nou vini sak fwa. Idem pour le ministère de l'Agro-industrie.» Pour endiguer ce fléau de la société, il faudra revoir l'Animal Welfare Act 2013 et rendre la loi plus sévère envers ceux qui ne respectent pas l'animal. «Chaque cas est un cas de trop... »

Du côté de la police, l'on assure que tous les cas sont traités avec le sérieux nécessaire et les gens, explique une source, sont encouragés à dénoncer tout cas d'abus sur un animal. Cependant, un officier de l'Animal Welfare Unit révèle qu'il y a encore beaucoup de travail à faire au niveau de la police, car selon lui, plusieurs enquêtes «restent en suspens et la police n'agit pas assez vite ou avec assez de sérieux pour arrêter les coupables d'abus sur animaux lorsque nous leurs transférons les dossiers».

Pour rappel, selon l'Animal Welfare Act 2013, tout acte de maltraitance envers un animal est passible d'une amende de Rs 15 000 et d'une peine d'emprisonnement n'excédant pas six mois.

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