Niger: Plus de 2,1 millions d'enfants souffrent en silence (UNICEF)

Un enfant aide sa màre à préparer le petit déjeuner au Niger (archive)
2 Juillet 2021

Les conflits, les déplacements, l'insécurité alimentaire, la malnutrition, les épidémies et les flambées de maladies récurrentes, les inondations et les sécheresses cycliques au Niger ont fait que plus de 3,8 millions de personnes, dont 2,1 millions d'enfants, ont besoin d'une aide humanitaire, a alerté vendredi le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

Selon l'UNICEF, les besoins humanitaires ont augmenté de 30% par rapport à 2020. « Une situation qui mérite « une attention et une mobilisation accrues face à la détresse de ces enfants et familles qui [souffrent en silence] », souligne Marie-Pierre Poirier, la Directrice régionale de l'UNICEF pour l'Afrique de l'Ouest et centrale.

« Compte tenu de l'augmentation spectaculaire du nombre de personnes affectées par les urgences multiples, prolongées et complexes dans le pays, c'est un défi pour le gouvernement et pour la communauté humanitaire de répondre à leurs besoins », a expliqué Mme Poirier.

Selon l'UNICEF, l'insécurité se propage rapidement au Niger. Les attaques le long des frontières avec le Burkina Faso, le Mali et le Nigeria ont entraîné d'importants déplacements dans ce pays du Sahel et continuent de bouleverser la vie de centaines de milliers d'enfants.

Des vies d'enfants déchirées

« Les vies des enfants ont été déchirées. Il est difficile de croire que des enfants doivent vivre dans la crainte permanente de telles attaques. Cela ne doit pas être leur réalité », a dit Mme Poirier.

Sur place, le nombre d'écoles contraintes de fermer en raison de l'insécurité dans les zones touchées par le conflit est passé de 312 à 377 au cours des derniers mois au Niger. Les menaces sur la sécurité des écoles étaient particulièrement aiguës dans les régions de Tillabéry, Tahoua et Diffa.

En 2020, plus de 300 écoles ont été fermées à travers le pays, affectant près de 22.000 enfants. L'accès aux écoles dans ces régions est restreint, ce qui entrave les efforts visant à soutenir les enfants touchés par la violence armée.

« Les attaques contre les écoles et les menaces contre l'éducation détruisent les espoirs et les rêves de toute une génération d'enfants. La vie d'un enfant exclu de l'école est une tragédie faite de potentiel non réalisé et d'opportunités perdues », a affirmé Mme Poirier.

Des rêves et des espoirs détruits

Plus largement, les attaques dans la région du lac Tchad ont empêché près de 270.000 déplacés internes de Diffa (à l'est du Niger) de rentrer chez eux. Plus de 195.000 personnes sont actuellement déplacées dans les régions de Tillabéry et Tahoua, dans l'ouest du Niger.

De plus, en raison des violences intercommunautaires dans le nord du Nigeria, plus de 77.000 personnes vivent actuellement dans la région de Maradi (centre du Niger), ainsi que plus de 21.000 personnes déplacées internes. Au total, le Niger accueillait à la fin du mois de mars 2021, quelque 313.000 personnes déplacées, 235.000 réfugiés et 36.000 rapatriés.

Face à de tels mouvements de population et des besoins humanitaires en hausse, l'UNICEF oeuvre dans tout le pays sur plusieurs fronts prioritaires pour aider les personnes affectées par les urgences et les conflits. L'objectif est d'atténuer les risques et répondre aux urgences cycliques et chroniques, notamment les inondations, la malnutrition, les flambées de maladies et les épidémies.

L'insécurité et les restrictions de mouvement entravent la réponse humanitaire

« La protection des droits des enfants, y compris des enfants déplacés, est fondamentale, qu'il s'agisse du droit à la nourriture, à la santé, à l'éducation, à l'eau ou du droit d'être protégé de la violence. Ils ont besoin d'un abri, de nourriture, d'eau potable, de soins médicaux et d'éducation », a fait valoir Mme Poirier.

Mais la réponse est obstruée par la forte augmentation de l'insécurité et les restrictions de mouvement imposées par le gouvernement, qui ont entravé l'accès des acteurs humanitaires aux populations affectées par le conflit. L'UNICEF appelle toutes les parties prenantes à respecter les espaces humanitaires permettant un accès sûr et durable pour fournir une aide humanitaire aux populations affectées, y compris les femmes et les enfants, où qu'ils se trouvent.

L'UNICEF et ses partenaires auront également besoin de plus de 102 millions de dollars pour fournir une aide humanitaire vitale aux enfants de tout le pays. L'agence onusienne a lancé un appel à la solidarité pour aider le gouvernement nigérien et ses partenaires à fournir une assistance vitale aux populations affectées et à améliorer leurs conditions de vie.

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