Swaziland: Appel au dialogue du Pape et de l'Évêque de Manzini

Mbabane — Dans le petit pays habituellement tranquille qu'est le Swaziland (aujourd'hui royaume d'Eswatini), d'importantes manifestations de rue se déroulent depuis plusieurs jours. L'Évêque de Manzini José Luis Ponce de Leon et les membres du Conseil des Eglises du Swaziland ont rencontré le Président de la République en appelant une nouvelle fois au calme et au dialogue.

"Comme je l'ai déjà dit par le passé, explique l'Évêque, combattre le feu par le feu réduira notre pays en cendres. Toutefois, le retour au calme ne doit pas laisser penser que les raisons des troubles ont été traitées. Un dialogue inclusif et ouvert, sans exclure personne, est la seule voie possible." Comme l'a écrit le Pape François dans Fratelli Tutti, "le dialogue authentique implique la capacité de respecter le point de vue de l'autre, et l'administration peut inclure des convictions et des préoccupations légitimes-(Fratelli Tutti, 203).

L'Évêque a ensuite lancé un appel pour le rétablissement des services Internet dans le pays, faute de quoi nos informations seront dépendantes des médias étrangers. La possibilité de communiquer permettra également aux Églises, aux ONG et aux autres organismes de partager leurs appels au calme et au dialogue. Les églises seront également en mesure d'apporter un soutien spirituel essentiel en cette période de crise. "Nous continuons à prier le Père au nom de Jésus pour que le Saint-Esprit déverse sur nous tous le don de la sagesse pour connaître la volonté de Dieu et le don du courage pour prendre les mesures nécessaires pour l'accomplir."

Hier, dimanche 4 juillet, après l'Angélus, le Pape François a rappelé la situation dans le petit État d'Afrique australe en ces termes : " de la chère nation d'Eswatini, en Afrique australe, nous parviennent des nouvelles de tensions et de violences. J'invite ceux qui détiennent des responsabilités et ceux qui expriment leurs aspirations pour l'avenir du pays à un effort commun pour le dialogue, la réconciliation et le règlement pacifique des différentes positions".

Au cours de la semaine dernière, les forces de sécurité ont tué au moins 20 personnes et six autres qui avaient pris part aux manifestations sont portées disparues. Les blessés par armes à feu, hospitalisés à Mbabane et Manzini, sont au moins 150 tandis que des centaines de manifestants sont arrêtés. Les manifestations ont commencé il y a un mois, menées par de jeunes militants, après la mort d'un étudiant universitaire, Thabani Nkomoye, aux mains de la police.

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