Swaziland: La situation reste préoccupante

Drapeau d'Eswatini (ancien Swaziland)

Une délégation de la Communauté d'Afrique australe (SADC), est arrivée dimanche (04.07.2021) dans le petit royaume d'eSwatini, en proie à des violences.

La mission de cette délégation est d'enquêter justement sur ces violences qui impliquent la police et des manifestants hostiles à la monarchie. C'est depuis la fin du mois de juin, que la situation a commencé à se dégrader dans le royaume d'eSwatini, anciennement appelé Swaziland.

Les manifestants reprochent au roi Mswati III qui a 15 femmes, sa poigne de fer, ses frasques et son train de vie fastueux dans un pays d'1,3 million d'habitants mais dont les deux tiers végètent dans la pauvreté.

A Mbabane, la capitale, ainsi que dans plusieurs autres villes du pays, des heurts ont opposé les forces de l'ordre et les manifestants, provoquant ainsi la mort de plusieurs dizaines de personnes et des blessés. Le pouvoir ne communique pas sur le bilan et dénonce des agents étrangers, des terroristes et des voyous.

Des manifestants prêts à en découdre

Sanele Sean Mbingo vit à eSwatini. Il explique la situation qui prévaut actuellement dans son pays. " La situation est très tendue, plusieurs personnes ont perdu la vie. Les gens sont remontés, les gens ont perdu la vie, d'autres ont perdu leurs moyens de subsistance, leur travail... Ils ne se sentent pas considérés par la famille royale qui représente actuellement le régime en place", explique Mr. Mbingo.

"Tout a commencé dans le calme, ils voulaient discuter, les gens voulaient juste être en mesure de soumettre aux autorités leurs revendications. Ce sont les autorités qui ont commencé à tirer. La population est fatiguée de la monarchie et elle ne veut que le départ du roi. Les gens veulent élire leurs propres dirigeants et avoir une nouvelle constitution", lance pour sa part un autre habitant.

Les manifestations sont rares dans ce pays où le roi nomme les ministres, contrôle le Parlement et où les partis politiques sont interdits depuis près de 50 ans.

Vers un changement politique?

Mlungisi Makhanya préside le PUDEMO (People's United Democratic Movement), l'un des plus importants partis d'opposition fondé en 1983 et interdit par les autorités depuis plus de vingt ans. Il rappelle que des démarches avaient été entreprises pour alerter sur la crise qui allait déborder. " Pudemo comme d'autres organisations de l'eSwatini n'ont pas été juste bannies mais aussi criminalisées. Notre programme est vraiment simple. Nous avons écrit une série de lettres à la SADC, à l'Union africaine, l'Union européenne et même aux Nations unies pour les alerter sur la situation mais nos lettres sont demeurées sans réponse et c'est pour cette raison qu'il y a une semaine, notre population a pris une décision périlleuse mais nécessaire, celle de descendre dans la rue et se confronter à ce régime surarmé", explique déplore Mr. Makhanya.

A l'heure actuelle, le gouvernement a instauré un couvre-feu et déployé l'armée, officiellement pour faire respecter les mesures contre la pandémie de Covid-19.

De leurs côtés, l'Afrique du Sud, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont appelé les forces de sécurité éswatiniennes à la retenue.

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