Afrique: L'autonomie corporelle devient un cri de ralliement au Forum de Paris sur l'égalité des genres

La directrice de l'UNFPA, le Dr Natalia Kanem, et la militante féministe malienne Oumou Salif Touré ont visité ensemble l'installation artistique développée par l'UNFPA avec Equipop et Dysturb, qui souligne l'importance de l'assurance de l'autonomie corporelle pour toutes et tous. « L'avenir reste très incertain. Mais j'ai foi en cette génération de féministes à laquelle j'appartiens », a affirmé Mme Touré à l'UNFPA. © UNFPA/Appolonia Benoist

NATIONS UNIES, New York/PARIS, France - « Notre appel à l'action est le suivant : il ne peut pas y avoir d'égalité des genres sans autonomie corporelle et sans droits ni santé sexuelle et procréative, et il ne peut pas y avoir d'autonomie corporelle ni de droits et de santé sexuelle et procréative sans une totale égalité des genres », a martelé à Paris la directrice de l'UNFPA, le Dr Natalia Kanem, à l'occasion du Forum Génération Égalité visant à faire progresser l'égalité des genres.

Cet appel a été repris par les chef·fe·s d'État, les responsables politiques, les militantes féministes et les jeunes, à Paris et dans le monde entier, lors d'une session centrale du Forum : le lancement de la Coalition d'action pour l'autonomie corporelle et les droits et la santé en matière de sexualité et de procréation. Elle est l'une des six Coalitions d'action mises en place, chacune dotée d'un objectif dans le domaine du bien-être, des droits et de l'égalité des femmes et des filles. L'UNFPA co-dirige cette coalition avec la collaboration des gouvernements, de la société civile, et de partenaires du secteur privé du monde entier.

« L'UNFPA a hâte de travailler avec vous toutes et tous pour agir de façon concrète et délibérée, et permettre de vrais changements sur le terrain, là où ils feront une différence », a déclaré le Dr Kanem.

Les voix de la jeunesse

Parmi les participants à la Coalition d'action, on trouve de nombreuses organisations de la jeunesse, notamment des militant·e·s et de jeunes leaders féministes dont les voix sont celles qui ont résonné le plus fort dans les salles du Forum, ainsi que dans les sessions virtuelles qui ont permis une participation de toutes les régions du monde.

Beaucoup de jeunes défenseur·e·s des droits ont défendu avec véhémence la nécessité de disposer d'une information en matière de santé sexuelle et procréative qui soit scientifiquement correcte, adaptée à l'âge de chacun·e et fondée sur les droits de la personne. « Nous n'avons eu aucune éducation à la sexualité, qu'elle soit complète ou non », a ainsi expliqué une jeune militante indienne qui s'exprimait par vidéo. « Beaucoup de personnes transgenres prennent des hormones sans aucun suivi médical », a précisé un·e autre jeune.

L'éducation complète à la sexualité est un élément essentiel qui rend possible l'autonomie corporelle et la protège. L'UNFPA s'est engagé à renforcer la dispense d'informations et la prestation de services de santé sexuelle et procréative de qualité, ce qui est l'un de ses engagements clés pris au Forum cette semaine.

L'UNFPA s'est aussi engagé d'une part à améliorer la connaissance des droits en matière de santé procréative pour autonomiser les femmes et les filles, et leur permettre de prendre des décisions indépendantes en ce qui concerne leur corps ; et à mieux soutenir d'autre part les organisations féministes et dirigées par des femmes qui luttent pour la promotion et la protection des droits et de la santé en matière de sexualité et de procréation, ainsi que pour l'autonomie corporelle.

Une résistance qui persiste

Ce Forum doit « combattre la résistance opposée aux femmes dans l'accès à leurs droits », a déclaré à l'UNFPA Oumou Salif Touré, leader féministe malienne de 24 ans.

Mme Touré est venue au Forum avec l'ONG parisienne Equipop, qui est partenaire de l'UNFPA. Sa propre expérience montre que la connaissance qu'a une personne de ses droits peut être le début du changement.

« Quand j'ai constaté que je ne bénéficiais pas des mêmes droits ou avantages que les garçons de mon âge, j'ai eu un sentiment de révolte, et j'ai ressenti un profond désir de changer cet état de fait en devenant militante féministe », raconte-t-elle.

Comme beaucoup d'autres jeunes féministes, elle appelle à un changement réel. Aujourd'hui, aux plus hauts niveaux de pouvoir, ces militantes ont été entendues.

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