Burkina Faso: Coupée du reste du Faso par les djihadistes, Madjoari se vide de ses habitants

Une manifestation pour dire non à l’insécurité à Madjoari, Ouagadougou, le 5 juillet 2021.

Qui pour sauver Madjoari, dans l'est du Burkina? Assiégés par des djihadistes, les habitants de cette localité ont vidé les lieux, après avoir appelé au secours depuis des semaines, sans succès.

Certains auraient traversé la frontière pour se réfugier au Bénin. Les villages de la commune de Madjoari sont désormais sous le strict contrôle des militants armés. Mardi matin, ceux qui ont pu rallier la capitale Ouagadougou ont rencontré la presse pour une nouvelle fois appeler les autorités à l'action dans leur région.

Madioari est une commune fantôme. Située à une centaine de kilomètres de Fada Ngourma, la grande ville de l'est du pays est assiégé par des hommes armés depuis des semaines.

"Depuis le 29 juin, un ultimatum de 7 jours est donné au chef-lieu de la commune de quitter les lieux. Si dans 7 jours, rien n'est fait, Madjoari ne sera qu'une histoire et n'existera plus. La base militaire qui y est depuis deux ans, pliera bagage pour certainement s'installer dans une autre zone plus burkinabè que nous", a dit Dani Nassirou, porte-parole des ressortissants de Madjoari.

"Les terroristes menacent de faire sauter le pont de Singou pour couper définitivement la commune du Burkina. Nous voulons continuer d'être Burkinabè. Nous voulons vivre sur la terre de nos ancêtres. Nous ne voulons pas être déplacés dans notre propre pays", a-t-il ajouté.

Plus que 1000 habitants restants sur 14.000

Une réaction des forces gouvernementales se fait toujours attendre. Les populations ont dû fuir par milliers, a confié le maire de Madjoari à VOA Afrique.

"D'une population de 14.000 habitants, il ne reste que 1.000 habitants. Tous les autres ont quitté. Six hameaux de culture sur les huit ont quitté. Il ne reste que Madjoari et Tambarga dans la commune", a indiqué Adjima Thiombiano.

Pour le maire, toutes les alertes nécessaires ont été données et les autorités sont informées de la situation qui prévaut.

"J'ai moi-même fait le tour des bureaux à Ouagadougou. On a informé qui de droit. On n'a pas eu de réponse. Il n'y aura pas la province de la Kompienga s'il n'y a pas Madjoari. Il faut le savoir. Chacun n'a qu'à se chercher", a-t-il ajouté.

Une menace sérieuse

"Les autorités doivent prendre cette menace au sérieux étant donné que la situation est déjà assez dégradée. C'est une zone qui a un très faible maillage sécuritaire", a déclaré Mahamoudou Savadogo, expert en sécurité.

En attendant les populations continuent de fuir pour rejoindre d'autres localités et le Bénin voisin.

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