Cote d'Ivoire: COCAN/Situation juridique de la CAN 2023 - Un dossier à gérer en urgence par l'équipe d'Amichia

La Côte d'Ivoire est lancée dans une course contre la montre. Attributaire de la CAN depuis le 20 septembre 2014, le pays des Eléphants cherche toujours ses marques. Malgré le glissement qui a amené la Côte d'Ivoire à organiser le tournoi en 2023 au lieu de 2021, beaucoup reste à faire pour respecter la volonté affichée du président de la République Alassane Ouattara d'offrir à l'Afrique et à la jeunesse une «CAN inoubliable».

A 18 mois, à peu près, du coup d'envoi de cette compétition, plusieurs zones d'ombre subsistent. Et risquent de compromettre la tenue effective de la CAN au pays de Laurent Pokou. La notification officielle de l'attribution du tournoi à la Côte d'Ivoire, l'accord-cadre, le cahier des charges,... sont autant de dossiers à gérer en urgence pour espérer voir la Côte d'Ivoire organiser sur son sol une deuxième CAN après celle de 1984.

La situation juridique de la CAN 2023 La construction des stades et cités CAN se fait avec un taux de réalisation et d'avancement très satisfaisant. Au terme de la dernière visite d'inspection, il ressort que la plupart des stades seront livrés entre juin et décembre 2021, à l'exception du stade Félix Houphouët-Boigny dont la livraison pourrait se faire avant fin 2022.

Des efforts considérables qui montrent bien que la Côte d'Ivoire veut bien cette CAN. Mais ces importants investissements pourraient être vains car à tout moment la Confédération africaine de football peut retirer sa compétition au pays des vainqueurs de la CAN 2015.

A bientôt sept ans après l'attribution de la CAN à la Côte d'Ivoire, la CAF n'a transmis aucune notification officielle de cette attribution au pays. En clair, aucun contrat ne lie l'instance continentale et le pays d'Alassane Ouattara en ce qui concerne l'organisation de l'événement en terre ivoirienne. D'aucuns s'étonneront des visites d'inspection de la CAF en Côte d'Ivoire. Oui ! La CAF reconnaît avoir confié la CAN 2021 (2023 maintenant au pays) mais la notification se présente comme ce contrat légal qui lie les deux parties.

Et aujourd'hui la Côte d'Ivoire ne l'a pas. Sur cet aspect, la faitière du football continental peut à tout moment retirer au pays d'Alassane Ouattara sa compétition si elle constate, ne serait-ce qu'un minime manquement. A côté de la notification, il y a l'Accord-cadre. C'est le texte qui détermine les relations entre la Fédération organisatrice de la CAN et la CAF.

A ce jour, il n'est pas signé. Et cela, même si le COCAN a été mis sur pied conformément aux textes de l'organisation panafricaine. Le directeur exécutif nommé devra aussi s'activer à faire aboutir le cahier de charges. Celui sur lequel le COCAN a déjà travailler est un document standard qu'il faille adapter à la Côte d'Ivoire.

Ce qui ne l'est pas encore. Faire bouger les lignes pour éviter des surprises Nommé, le 14 juin 2021, en remplacement de Lambert Feh Kessé à la présidence du COCAN, François Amichia doit retrousser les manches. Car avec la Confédération africaine de football (CAF), les surprises ne sont jamais loin. Et souvent des plus désagréables. Des actes administratifs qui relèvent de la direction exécutive, organe qui assure l'administration du COCAN. Car c'est elle qui instruit et prépare les dossiers, met en œuvre les décisions, assure la coordination et le suivi des activités des commissions techniques.

Et la situation qui prévaut aujourd'hui dans le processus d'organisation du tournoi continental en janvier 2023 nécessite une direction exécutive dynamique, avec plus de pragmatisme. En nommant celui qui a été de longues années durant directeur cabinet au ministère des Sports et Loisirs, Moumouni Sylla, à la tête de l'administration du COCAN 2023, François Amichia veut raviver les relations la CAF et le comité qu'il préside. Le président sortant du COCAN Lambert Feh Kessé l'avait déjà souligné : «La Côte d'Ivoire vit une situation floue au plan juridique».

Et avec le magistrat Moumouni Sylla a la direction exécutive, il est certain que les choses devront évoluer positivement et très rapidement. Le COCAN doit se lever, faire bouger les lignes, pour régler au plus vite cette situation incommode. Au moment où François Amichia prend les rênes, il urge de combler le vide juridique de la CAN 2023.

Il faut doter l'organisation de la Côte d'Ivoire de tous les serre-joints juridiques aux fins de protéger la CAN ivoirienne. Des chantiers qui se passeraient bien du flou artistique qui entoure depuis plus d'une semaine la prise de fonction officielle du nouveau directeur exécutif. La passation de charges entre l'entrant et la sortante se fait toujours attendre.

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