Afrique: COVID-19 - Le pass sanitaire pour voyager dans l'Union européenne critiqué

9 Juillet 2021

Le laissez-passer obligatoire pour voyager au sein de l'Union européenne (UE) pendant la pandémie de la COVID-19 se trouve sous le feu des critiques parce qu'il ne prend pas en compte les pays à faible revenu ayant reçu des vaccins à travers l'initiative COVAX.

Le certificat numérique COVID de l'UE, surnommé le « laissez-passer vert », est entré en vigueur le jeudi 1er juillet 2021, dans le but de faciliter les déplacements à travers cette région.

Cependant, des inquiétudes ont été exprimées lorsqu'il est apparu qu'il ne reconnaissait pas les personnes vaccinées avec le Covishield, une marque du vaccin AstraZeneca, produite par le Serum Institute of India.

Le laissez-passer comprendra des informations sur les vaccins et les tests effectués relatifs à la COVID-19. Il est disponible pour les passagers ayant reçu les vaccins AstraZeneca (marque Vaxzevria), Pfizer/BioNTech, Moderna et Johnson and Johnson, approuvés par l'Agence européenne des médicaments (EMA).

En vertu des règles actuelles, les personnes ayant reçu le vaccin Covishield seraient exclues ; car le vaccin n'a pas encore été approuvé par l'EMA.

Cependant, des médias citant une source du ministère indien des Affaires étrangères, ont déclaré que neuf des 26 pays membres de l'UE prévoyaient d'autoriser le Covishield comme preuve d'immunité pour les voyageurs, quelles que soient les restrictions de laissez-passer.

SciDev.Net n'avait pas pu confirmer de manière indépendante ces informations au moment de la publication de cet article.

Le vaccin Covishield a été approuvé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une utilisation d'urgence en février et est en cours de déploiement via l'initiative COVAX qui vise à fournir un accès des pays à faible revenu aux vaccins, ainsi que l'Inde.Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) et l'Union africaine (UA) déclarent que ces développements sont « préoccupants, étant donné que le vaccin Covishield a été l'épine dorsale des contributions de COVAX soutenues par l'UE aux programmes de vaccination des États membres de l'UA ».

« En vertu de ces réglementations, les personnes qui ont reçu du Covishield, bien qu'elles soient en mesure de démontrer une preuve de vaccination, continueraient d'être soumises à des restrictions de santé publique, y compris des restrictions de mouvement et des exigences de test, avec des implications administratives et financières considérables », ont-ils déclaré dans un communiqué publié le 28 juin.

Ils ont exhorté la Commission européenne à étendre l'éligibilité aux vaccins approuvés pour l'initiative COVAX et ont mis en garde contre le fait que les inégalités d'accès aux laissez-passer verts pourraient « persister indéfiniment » si le Serum Institute of India ne demandait pas une homologation du Covishield sur le marché de l'UE.

La Commission européenne n'a pas immédiatement répondu à nos demandes de commentaires.

Le directeur général du Serum Institute of India, Adar Poonawalla, a déclaré dans un tweet qu'il avait abordé la question « au plus haut niveau » et espérait la résoudre bientôt « à la fois avec les régulateurs et au niveau diplomatique avec les pays ».

« Je me rends compte que beaucoup d'Indiens qui ont pris le Covishield sont confrontés à des problèmes de voyage vers l'UE », a-t-il écrit.Tanimola Akande, professeur de santé publique à l'Université d'Ilorin, au Nigeria, estime que la controverse sur le laissez-passer vert devrait ouvrir la voie à la renégociation des normes vaccinales avec l'OMS.

« Il faut faire valoir que tant qu'un vaccin répond aux normes de l'OMS, il doit être considéré comme égal et admissible au laissez-passer vert », dit-il.

Ce dernier considère l'omission du Covishield comme « l'introduction d'une politique de supériorité vaccinale en dehors de l'OMS ». Ce qui, selon lui, « est injustifié et va à l'encontre de l'appel à la non-nationalisation des vaccins ».

L'OMS a déclaré que les pays « ne devraient pas introduire d'exigences de preuve de vaccination contre la COVID-19 pour les voyages internationaux comme condition de sortie ou d'entrée ».

Mwidimi Ndosi, maître de conférences en soins infirmiers de rhumatologie à l'université de l'ouest de l'Angleterre, à Bristol, déclare que « parce que l'OMS s'est opposée aux passeports vaccinaux, il semble que les producteurs du Covishield n'aient pas trouvé nécessaire de se conformer aux autorisations sur le marché de l'Union européenne.

« Pour moi, il s'agit davantage d'un problème administratif qui devrait être résolu rapidement. J'aurais été plus préoccupé s'il s'agissait de la qualité des vaccins ».

« Les personnes qui ont reçu des vaccins à travers l'initiative COVAX peuvent être tentées de penser qu'il s'agit d'une question de qualité et de se sentir traitées comme personnes de seconde classe. Ce n'est pas [le cas] », ajoute-t-il, soulignant que la qualité du Covishield n'a pas été mise en doute jusqu'à présent.

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