Congo-Kinshasa: Le CRERF se relance dans la bataille pour la création d'une bourse de crédit carbone

La République Démocratique du Congo, un pays potentiellement riche avec une population classée parmi les plus pauvres au monde, un pays qui ne cesse de vivre dans l'inertie alors que toutes les richesses sont à sa portée.

Cette réalité paradoxale n'est pas un mauvais sort hérité des aïeux, mais plutôt, est-elle la conséquence d'une volonté politique qui tarde à venir, au vu de ce qu'ont dévoilé Jean Mukulu ainsi que les Professeurs Virginie Musenga et Roland Kakule, au cours d'une conférence de presse organisée jeudi 8 juillet 2021 par le Comité de Recherche Ecologique et de reconstitution Forestière (CRERF) dans la salle 2 du Centre catholique Béthanie dans la commune de la Gombe. Selon des révélations faites à cette occasion par les intervenants de renommée internationale précités, la forêt du bassin du Congo dispose de plus de 30 milliards de tonnes de carbone susceptibles de créer des emplois et des richesses au pays à hauteur de 320 milliards de dollars américains par an.

Dans la dynamique de sensibiliser les congolais, d'un côté, et d'interpeller les autorités du pays sur la nécessité de valoriser différents atouts que renferme la forêt du bassin du Congo pour le développement économique de la République Démocratique du Congo, de l'autre, le Comité de Recherche Ecologique et de Reconstitution Forestière (CRERF), deux ans plus tôt, avait d'ores et déjà lancé l'appel à la souscription au capital en faveur de la création d'une bourse de crédit carbone au pays qui, à en croire les intervenants de cette conférence du jeudi 8 juillet dernier, semble être l'unique à trainer les pas dans cette problématique. «Nous devons capitaliser cette richesse à travers la production du carbone», a déclaré Madame Virginie Musenga, dans l'espoir de rencontrer l'assentiment des guerriers de Sama Lukonde. Pour elle, la forêt devra absolument prendre une place de choix si jamais les dirigeants du pays ne jurent que par le réveil du géant, la RDC, qui sommeille encore sur son lit de sous-développement.

Evoquant pour sa part l'Egypte et l'Afrique, les deux pays africains très avancés sur la question de crédit carbone, le Professeur Roland Kakule a, lui, lancé un cri d'alarme au Gouvernement de la République sur cette problématique de bourse de crédit carbone car, a-t-il indiqué, elle est un gage pour l'amélioration du Produit intérieur brut de la République Démocratique du Congo. C'est ce qui va permettre, a-t-il poursuivi, à chaque congolais, de dépasser le seuil de moins de 1 USD par jour, en ce 21ème siècle. En somme, pour lui, le crédit carbone doit urgemment fonctionner et doit occuper une place de choix dans le programme des ministères sectoriels notamment, le Ministère de la Recherche scientifique et celui de l'Environnement et développement durable.

Jean Mukulu, dans son intervention, a fait savoir que les tourbières de la République Démocratique du Congo renferment plus de 30 milliards de tonnes de carbone dans les forêts. «Donc, nous sommes au-delà de 600 milliards de dollars que nous perdons comme ça», a-t-il déploré, pour inviter l'exécutif central, si pas le Chef de l'Etat, à réorienter leur regard sur cette affaire "salvatrice" de bourse carbone. Pour finir son intervention, Jean Mukulu a distribué des circulaires relatives à la souscription à la bourse carbone dans le but de bouger les lignes dans les jours à venir pour la valorisation de la forêt du bassin du Congo.

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