Madagascar: Lutte contre la corruption - Des acteurs misent sur la volonté des dirigeants politiques

Opérateurs économiques, diplomates, hauts responsables publics, membres de la société civile se sont exprimés durant une conférence-débat qui a été organisée au ministère des Affaires étrangères, vendredi dernier, dans le cadre de la célébration de la Journée Africaine de Lutte contre la Corruption.

Les participants dressent le topo sur la situation peu encourageante du pays en matière de corruption et veulent que le pouvoir politique fasse preuve de beaucoup plus de volonté pour faire reculer ce mal qui ronge le pays depuis des décennies.

Incurable. « La corruption n'est pas un mal incurable », a martelé Ketakandriana Rafitoson, directrice exécutive de Transparency International - Initiative Madagascar. Mais elle a soutenu qu'il faut de la volonté pour la combattre. Elle signale toutefois que des pas ont été déjà entamés dans le pays pour faire bouger les lignes, notamment, selon elle, l'adoption et la mise en œuvre de la loi sur l'accès à l'information, la loi sur la protection des défenseurs des droits humains et des lanceurs d'alerte, la mise en place de l'Agence de Recouvrement des Avoirs Illicites. Ce qui met le pays sur la bonne voie dans sa lutte contre la corruption. Néanmoins, cette militante de la société civile réclame « l'application de sanctions sévères pour les corrupteurs et les corrompus ». Une prérogative qui revient au pouvoir politique.

Sombre. Fanja Razakaboana, présidente du Groupement des Femmes Entrepreneures de Madagascar, quant à elle, dresse un tableau plus sombre sur le sujet. « La corruption se professionnalise, devient culturelle et difficile à traquer », a tonné cette dirigeante d'entreprise. Évidemment, cette situation fragilise, selon elle, le tissu économique et entraîne des problèmes de compétitivité en ce qui concerne le secteur privé déjà en perte de vitesse dans un contexte fortement marqué par la pandémie de Covid-19. Et pour faire avancer les choses, elle a, en effet, préconisé « la promotion d'un espace civique, la publication de données pertinentes, et une volonté réelle des dirigeants ».

Modernisation. Jean-Louis Andriamifidy, président du Conseil Consultatif de l'Union Africaine sur la corruption et ancien Directeur général du Bureau indépendant anti-corruption, a donné des pistes dans le cadre de la Convention de l'Union Africaine sur la lutte contre la corruption. Il a ainsi mis en lumière les articles de la convention qui peuvent aider chaque Etat membre pour plus d'efficacité dans la lutte contre la corruption. Le conseiller politique principal de l'Union Africaine, Jean Didier Missilou, qui a représenté durant le débat le chef de bureau de l'Union Africaine à Madagascar, a soulevé dans son intervention la « modernisation des pratiques de corruption et la nécessité d'adaptation des Nations en conséquence ».

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