Afrique Centrale: Le président burundais en RDC - Une visite sur fond de réchauffement des relations

12 Juillet 2021

Depuis son accession au pouvoir, le président RD Congolais, Félix Tshisékédi, n'a de cesse de multiplier les initiatives pour se rapprocher de ses voisins. Ainsi, après le Rwanda à deux reprises, il s'est rendu, tour à tour, en Angola, en Tanzanie et au Burundi. Conscient que rien ne vaut les relations de bon voisinage, c'est le président du dernier pays cité, Evariste Ndarjushimie, qui a décidé, toutes affaires cessantes, de lui renvoyer l'ascenseur à travers une visite d'Etat de 72 heures. « Cette visite d'Etat, est la matérialisation de la volonté des deux chefs d'Etat de renforcer davantage les excellentes relations d'amitié et de coopération qui lient les peuples de la RDC et du Burundi, ainsi que la coexistence pacifique entre leurs peuples respectifs », lit-on dans un communiqué rendu public par la présidence burundaise. En fait, qui connaît l'insécurité ambiante qui prévaut à la frontière entre la RDC et le Burundi, sait qu'au-delà de la simple courtoisie, cette visite ponctuée d'entretiens et de séances de travail, sera dominée par la question de sécurité ; en témoigne la présence de nombreux groupes armés qui sévissent dans la partie orientale congolaise. Certes, on sait que le président Tshisékédi plaide pour une solution régionale en vue de neutraliser les groupes armés qui troublent le sommeil des populations. Mais c'est sans compter avec la mauvaise foi de certains de ses voisins qui les utilisent à des fins de déstabilisation des autres.

Tout porte à croire qu'une nouvelle ère de coopération soufflera dans l'espace des Grands Lacs

Ainsi va la vie dans la région des Grands Lacs où la méfiance est la chose la mieux partagée ; chacun considérant l'autre comme un « ennemi ». C'est le cas, par exemple, de Kigali et Bujumbura qui se regardent en chiens de faïence au point qu'à l'époque, on s'en souvient, les autorités burundaises n'avaient pas apprécié le rapprochement entre Félix Tshisékédi et Paul Kagamé. La suite, on la connaît. Bujumbura avait même, en guise de représailles, boudé une réunion des services de renseignements à Kinshasa. Sans doute le président Tshisékédi saisira-t-il l'opportunité de cette visite pour rappeler à son hôte, comme il l'avait d'ailleurs notifié au défunt Pierre Nkurunziza, qu'il n'est pas dans l'intérêt de son pays de privilégier le Rwanda au Burundi et vice-versa. En tout cas, tout porte à croire qu'une nouvelle ère de coopération soufflera dans l'espace des Grands Lacs avec l'avènement au pouvoir de Félix Tshisékédi qui ne fait guère mystère de sa volonté de ressusciter en RDC, les relations de bon voisinage naguère ensevelies du fait des errements des uns et des autres. Il est déjà sur la bonne voie même s'il faut le reconnaître, les goulots d'étranglement ne manqueront pas. Les peaux de bananes non plus. Mais comme on le sait, la RDC, avec ses 90 millions d'habitants, reste un immense marché qui attire et attisera la convoitise de ses voisins si fait que personne, de façon ouverte, ne prendra le risque de se mettre à dos ce pays. C'est ce qui explique que les uns et les autres font profil bas.

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