Madagascar: Vaccination inéquitable, le « Nous, d'abord » renvoie la solidarité internationale en arrière plan

Des doses de vaccin Sinopharm vaccinecontre la Covid-19.

La fracture vaccinale mondiale est bien là, il y a une énorme disparité entre les pays à revenu élevé et les pays à revenu faible et intermédiaire, l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) avance qu'une personne sur 4 est vaccinée dans certains pays du premier groupe contre une sur 500 dans le second.

Or, « La vaccination inéquitable est une menace pour toutes les nations, pas seulement pour celles qui ont le moins de vaccins, la distribution inéquitable des vaccins a permis au virus de continuer à se propager, augmentant les risques d'émergence d'un variant qui rend les vaccins moins efficaces », affirme le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus

Pourquoi cet écart ? D'abord, le retard observé dans les campagnes de vaccination, trois mois de décalage entre les premières injections en Europe, en Amérique du Nord et celles faites par exemple, en Côte d'Ivoire et au Ghana les premiers à en bénéficier en Afrique. Retard dû aux problèmes de logistique (conservation, infrastructures) mais aussi aux hésitations des décideurs comme à Madagascar. Toujours est-il que moins de morts auraient pu être à déplorer, même si, la pandémie n'a commencé à sévir que bien plus tard en prenant comme exemple le continent africain.

Puis surtout, sur la quantité de doses délivrée, à la date du 30 juin 2021, un total de 2,91 milliards doses de vaccin qui ont été administrées dans le monde dont la majorité dans les pays riches et seulement 91 millions l'ont été pour 133 pays et territoires dont le COVAX est le pourvoyeur de doses. Le COVAX ou plutôt le système COVAX (créé par l'Alliance du vaccin (Gavi), l'OMS et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi)) qui diligente une distribution équitable du vaccin anti-Covid 19.

Malgré les efforts de ce COVAX, l'Inde principal producteur de matières premières a bloqué ses exportations pour cause d'embellie de la pandémie dans le pays puis de cette irruption du variant Delta.

Enfin cette fracture vaccinale a comme origine, comme certains le disent, cet « égoïsme » des pays riches qui, pourtant dans un premier temps étaient pour une solidarité internationale de lutte contre la pandémie, ont vite fait de prôner « la souveraineté sanitaire » et puis de ce fait de bloquer pour ainsi dire les capacités de production des laboratoires fabricants de vaccins en cooptant avec ces derniers les productions mettant ainsi au dépourvu les autres demandeurs potentiels. Ces derniers représentés ou « protégés »par COVAX se sont vus résignés à se rabattre sur le produit non « recommandé » en l'occurrence le vaccin Covishield, moins cher parce que non voulu donc relégué au rang de sous-produit.

Ce qui entraîne une frustration dans la logique « d'un vaccin des riches et un vaccin des pauvres ». D'autant plus que des mesures anti-productives sur le plan sanitaire ont été prises comme celles prises par l'Union européenne de refuser d'entrée sur le territoire des ressortissants ayant été vaccinés que par le Covishield, en partant du principe que le nombre de non-vaccinés importe sur l'éradication de la pandémie, puis l'entrave à la circulation freine que l'on veuille ou non à une éventuelle reprise économique.

Comme quoi, le « Charité bien ordonnée commence par soi-même » a ses limites.

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