Ethiopie: Au Tigré, deux fronts et trois acteurs

L'école Kissanet à Mekelle, en Éthiopie, abrite des centaines de personnes déplacées.

Dans le Tigré, les combats continuent, malgré le cessez-le-feu unilatéral décrété il y a deux semaines par le gouvernement éthiopien. Deux fronts mettent face à face les forces de défense tigréennes et l'armée fédérale, ainsi que les milices amharas : dans l'ouest, où les Tigréens entendent reprendre les territoires perdus pendant la guerre, et dans le sud, où l'ancienne rébellion a désormais l'avantage.

Les forces de défense tigréennes ont repris lundi la ville de Korem, à 170 km de la capitale régionale Mekele. Et, mardi, elles sont entrées plus au sud encore dans Alamata, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

Ces deux villes se trouvent dans la zone appelée Raya, sur la route principale qui part vers le sud depuis Mekele et qui mène au territoire amhara. En l'absence de source indépendante, il est impossible de faire un bilan humain de la reprise de ces deux villes, qui ont subi des tirs d'artillerie depuis les montagnes alentour.

Mobilisation générale

À l'ouest de la province, les combats ont également repris, à l'aube mardi : des tirs d'artillerie et des affrontements à l'arme légère ont été signalés par des humanitaires dans et autour du camp de réfugiés érythréens de Mai Aini. Selon une source érythréenne, le camp serait même passé sous le contrôle des forces tigréennes.

Ces dernières avaient d'ailleurs lancé un ultimatum lundi aux milices amharas qui avaient repris cet hiver le territoire disputé du Wolkait, plus à ouest, les appelant à se retirer. Un ultimatum auquel a aussitôt répondu, dans le Nord-Gondar, côté amhara, un ordre de mobilisation générale de tous les hommes armés.

Dans un communiqué, le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés Filippo Grandi s'est dit « extrêmement inquiet » pour les réfugiés érythréens dans le Tigré. Il a rappelé que ces réfugiés avaient fait l'objet de violences, de kidnappings, d'arrestations par les belligérants depuis le début du conflit en novembre 2020.

Il a dénoncé les crimes commis récemment contre les réfugiés, « principalement la nuit, par divers acteurs armés dans les camps de réfugiés de Mai Aini et Adi Harush ». « Au cours des dernières semaines, a-t-il ajouté, des centaines d'Érythréens ont été arrêtés à Shire », avant de conclure : « Les violences doivent cesser ».

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