Tunisie: Confinement général ou ciblé | Un weekend pas comme les autres pour des citoyens reclus chez eux - Des vacances scolaires gâchées

13 Juillet 2021

Le week-end dernier, les rues étaient quasiment désertes, confinement oblige. Il n'y avait pas grand-chose à faire à l'extérieur... Toutefois, le respect des restrictions a largement différé d'une ville à l'autre

Le confinement général imposé en été commence à créer de nombreux désagréments et la population s'impatiente d'en finir, afin de reprendre «une vie normale». C'est quasiment une expérience inédite que vivent la plupart des Tunisiens habitués aux festivités estivales et aux joies de la plage et de la baignade. Alors, en fin de journée, ils sortent prendre l'air devant leur maison, au bas de leur immeuble ou à quelques mètres de leur lieu de résidence pour regarder la vie à l'extérieur. Songeurs, les yeux hagards et remplis de «pourquoi», ils ne savent plus où et dans quelle direction regarder. Vers le ciel pour implorer la bonté divine afin de nous soulager de ce temps maudit. Sans doute. Mais à force de résister, à la longue, les énergies se vident, les angoisses décuplent.

Que peut-on faire sinon attendre que l'ouragan dévastateur de la pandémie liée au covid-19 passe? Comme on le dit et redit, les comportements ambivalents des citoyens sèment le désordre. Des estivants ont eu le privilège de se rendre dans des hôtels du côté de Hammamet, munis d'un voucher de réservation qui leur permet d'arriver à leur destination, malgré les limitations de déplacement et les restrictions qui empêchent de circuler entre les gouvernorats (sic !). Ce qui a eu le don d'irriter beaucoup de personnes dont des partis politiques qui se posent les mêmes questions que le citoyen lambda. Malgré tout, les contrôles policiers ont été renforcés samedi 10 juillet 2021 au premier jour du confinement général comme au gouvernorat de l'Ariana pour fluidifier la circulation et assurer l'ordre. Un grand nombre de permis de conduire ont été confisqués aux contrevenants et la police assure que seules les personnes munies d'une autorisation en bonne et due forme sont libres de circuler dans un cas exceptionnel.

Les taximen par exemple sont nombreux à travailler ce qui ne semble déranger personne et c'est tant mieux qu'ils puissent aider les personnes qui auraient besoin d'un taxi pour dépanner ou aider les citoyens dans un moment difficile. Mais pour la plupart des automobilistes, il faudra se résoudre à rester cloîtré à domicile, sauf en cas de besoin exceptionnel de se rendre à pied à la pharmacie de garde du quartier ou dans une épicerie du coin.

Circulez, il n'y a rien à voir

Au deuxième jour d'un weekend très particulier, source de toutes les privations, dimanche 11 juillet 2021, les citoyens les plus téméraires comme à Kairouan bravent les mises en garde alors que leur région est gravement touchée par la pandémie du coronavirus ces dernières semaines. Une vidéo témoin circule sur les réseaux sociaux où l'on voit des badauds se promener allégrement, l'air de rien, sans compter la circulation dense sur une route à El Mansoura. Les promeneurs, par un beau dimanche ensoleillé, osent mettre le nez dehors, sans hésiter un instant, malgré la grande menace du covid-19 qui persiste. A moto, à vélo et même à dos de chameau s'il le faut, tous les moyens sont bons pour braver l'interdit et être hors-la-loi. Ça ne se passe pas que sur nos routes ce drôle de manège par contre comme avec ce qu'on raconte précédemment.

Un résident de La Marsa fait part de son opinion sur le degré de respect du confinement : «Il ne faut pas rêver car, en banlieue Nord, les gens ne sont pas masqués et les cafés sont pleins à craquer, tandis que les voitures s'en donnent à cœur joie ! Même pas peur, le maire leur a donné carte blanche ». Une description qui contraste avec le méga quartier d'Ennasr où les habitants sont moins nombreux sur les routes même s'ils n'hésitent pas à emprunter leur chemin à pied, munis de leurs bavettes pour la plupart. Le port de la bavette qui n'est pas généralisé reste une énigme et un vrai mystère. Il est vrai que les images sur les écrans qui proviennent des stades de football et des courts de tennis en Angleterre, la semaine dernière, n'encourage pas la population à l'autodiscipline. Les Tunisiens sont épuisés de faire des efforts et crient leur colère envers les autorités et les dirigeants du pays qui vire à la haine contre des personnalités devenues des boucs émissaires.

Le confinement général se résume plutôt en un confinement ciblé dans les quatre principaux gouvernorats du Grand-Tunis. Après le weekend dernier, l'opération sera renouvelée le weekend qui précède l'Aïd El Kébir jusqu'à nouvel ordre. Pour l'heure, c'est l'accès aux plages publiques qui est interdit ce qui gâche l'été des vacanciers. Le variant indien Delta menace les plus jeunes ce qui a contraint déjà à la fermeture des espaces éducatifs dédiés aux enfants. Les Tunisiens n'ont pas le choix que de prendre leur mal en patience et espérer que l'hécatombe de décès et de nouveaux cas de contamination au virus Sars-Cov-2 diminuent fortement. La sinistrose a envahi les foyers tunisiens de toute la République dont les enfants qui voient leurs vacances scolaires terriblement gâchées et compromises.

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