Afrique du Sud: Incarcération de Zuma - La justice sud-africaine face à un choix cornélien

Des membres de SANDF (archive)

Liberté pour Zuma ou le chaos total. C'est ce que semblent dire les « groupies » de l'ancien président sud-africain Jacob Zuma, incarcéré depuis le 7 juin 2021. La raison de cela : refus de répondre aux questions d'une commission d'enquête sur la corruption.

Condamné à 15 mois de prison pour outrage manifeste à la justice sud-africaine, l'enfant terrible de Nkandla dans la province du Natal avait, dans un premier temps, fait de la résistance en se retranchant dans sa superbe résidence, entouré d'un véritable bouclier humain constitué de centaines de ses admirateurs dont certains exécutaient la danse guerrière zulu.

Mais de guerre lasse, il finira par se constituer prisonnier. Il n'en fallait pas plus pour que le pays de Nelson Mandela renoue avec les vieux démons de la violence, des actes de vandalisme. Partis de Nkandla dans le KwaZulu Natal, fief de Jacob Zuma, les scènes de pillage ont rapidement gagné d'autres principales villes comme Durban et Soweto, ce qui a contraint l'armée et les forces de l'ordre à intervenir, sans pour autant parvenir à maîtriser les manifestants. En plus du bilan matériel, qui s'annonce très lourd, on déplore déjà 72 morts et près de 750 personnes arrêtées.

C'est dans ce contexte de chaos que la Cour constitutionnelle a réexaminé la sentence lundi dernier. En attendant donc son verdict dont la date n'a pas été officiellement communiquée, il faut dire que c'est la justice sud-africaine qui est confrontée à un choix cornélien.

Va-t-elle maintenir l'ancien président sous les liens de la détention, au risque de jeter de l'huile sur le feu, ou plutôt va-t-elle sacrifier le droit sur l'autel de la paix sociale ? That is the question !

Mais en attendant la réponse à cette question, il faut bien regretter l'attitude intolérable des Zuma-boys, qui ne font pas du tout honneur à leur pays et à ses institutions.

Mais ce qu'il est donné de constater n'est pas étonnant quand on sait que Jacob Zuma lui-même a, durant tout son mandat à la tête de l'Afrique du Sud, multiplié les actes de défiance à l'égard de la justice, dont il était pourtant censé être le garant.

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