Cote d'Ivoire: COCAN 2023 - Ces chantiers qui attendent François Amichia

13 Juillet 2021

Fini le temps des émotions, des acclamations, des réjouissances de la nomination. Place au terrain. Et ce terrain se définit en infrastructures sportives et non sportives. Président du Comité d'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations 2023 (COCAN 2023) depuis le 14 juin 2021, François Amichia doit parer au plus pressé et au plus urgent.

Attributaire de la compétition depuis 2014, la Côte d'Ivoire est dans sa dernière ligne droite pour montrer à la face de l'Afrique sa capacité à relever le pari. A dix-huit mois de cet évènement, la mission de l'ancien ministre de la Ville, successeur de Lambert Feh Kessé ne s'annonce pas de tout repos. La situation juridique La mission première du président du COCAN est de régulariser la situation juridique de la compétition.

Entre la Côte d'Ivoire, pays hôte, et la Confédération africaine de football (CAF), il n'existe aucun contrat légal. La CAF, à ce jour, n'a transmis aucune notification officielle de cette attribution au pays. Un vrai manquement que l'administration du COCAN se doit de réparer au plus vite. Au même titre que l'Accord-cadre qui détermine les relations entre la Fédération ivoirienne de football (FIF) et la CAF. Ce document tout aussi important est en attente de signature.

Et dire que le COCAN a été mis en place depuis 2017. Le dernier aspect de la situation juridique concerne l'harmonisation du cahier de charges. La Côte d'Ivoire travaille sur un document standard susceptible d'évoluer selon les humeurs des décideurs de la CAF. Et pour se mettre à l'abri de leurs petits mesquins, la Côte d'Ivoire doit se munir de son cahier de charges adapté à sa compétition. Les infrastructures sportives.

Dans le cahier de charges standard, il est demandé au pays organisateur de prévoir un minimum de six stades de compétition avec un minimum de deux stades d'une capacité minimale de 20 000 spectateurs et un autre minimum de deux stades d'une capacité minimale de 40 000 places. Ici, chaque site doit posséder deux terrains d'entrainement de gazon naturel ainsi qu'un terrain d'entrainement de réserve avec gazon naturel qui pourra être utilisé en cas d'urgence, un terrain d'entrainement additionnel pour les arbitres. Au chapitre des infrastructures sportives, la Côte d'Ivoire a moins d'inquiétude à se faire.

A Abidjan, le stade d'Ebimpé, enceinte réservée pour les cérémonies d'ouverture et de clôture, est opérationnelle depuis octobre 2020. Le président Alassane Ouattara en personne ayant procédé à l'inauguration. Le stade Félix HouphouëtBoigny est encore en chantier. Et l'ouvrage devrait être livré si tout ce se passe comme prévu en fin 2022. A temps pour organiser la CAN 2023.

Que dire des terrains d'entraînement ? Sinon que rien n'est encore entrepris à ce niveau alors que cela demande aussi des investissements énormes, avec des vestiaires, des salles de bains et d'autres commodités. Les travaux aux stades de l'INJS, de Bingerville, du Lycée Classique, de la SOTRA, du Lycée Technique d'Abidjan, du Lycée Moderne de Cocody, du Jardin botanique de Bingerville et du Centre technique national de formation de Bingerville doivent incessamment débuter.

A Bouaké, les travaux du stade de la Paix sont quasiment achevés. La rénovation a permis de faire passer la capacité de 25 000 à 40 000 places assises. Reste à mettre à niveau les sites d'entrainement (Collège d'enseignement technique, Lycée Technique, Lycée Classique, ancien stade municipal). Le nouveau stade de la capitale politique, d'une capacité de 20000 spectateurs est sorti de terre et quasiment prêt à l'emploi.

En attendant les travaux de finition, le COCAN doit s'activer pour rendre disponible les stades d'entraînement identifiés à l'Institut national polytechnique HouphouëtBoigny Sud (ex-ENSTP), à l'Institut national polytechnique HouphouëtBoigny Nord (ex-INSET), au Lycée Scientifique et à l'hôtel HP Resorts. A Korhogo et San Pedro, deux autres villes hôtes, la tâche sera plus ardue pour les équipes d'Amichia. Dans ces deux localités, les travaux ont pris du retard. Même si le prédécesseur du président du COCAN a appelé à l'optimisme quant à la disponibilité de tous les stades à fin 2021 (à l'exception du stade FH-Boigny), il est recommandé d'accélérer le rythme.

En plus des terrains de compétition, il y a les aires d'entrainement qui attendent aussi. Infrastructures non sportives C'est à ce niveau que la Côte d'Ivoire éprouve de réelles difficultés. Et aujourd'hui, l'ensemble des observateurs attend au moins un déclic avec l'arrivée de l'ancien ministre des Sports et des Loisirs. La Côte d'Ivoire a proposé dans sin dossier de fournir des services de qualité.

CE qui a certainement convaincu le comité d'attribution à faire le choix du dossier ivoirien. Mais aujourd'hui, à moins de deux années, le constat est tout autre. Les cités CAN La Côte d'Ivoire s'est engagée à construire à Bouaké, Korhogo et San Pedro des cités CAN. Trois cités dont chacune est dotée de 4 blocs de 8 villas, soit un total de 96 villas de 5 pièces, à raison de 32 par ville. Ce qui donne un total 484 chambres soit 968 lits (chaque chambre étant équipée de 2 lits) pour résorber le déficit de chambres dans les hôtels. Ces villas dont le service sera confié à une chaîne hôtelière de référence peinent à voir le jour.

A part Bouaké où des bâtisses sont sorties de terre, les autres villes doivent attendre. L'hôtellerie La Côte d'Ivoire a aujourd'hui une bonne capacité hôtelière. Surtout à Abidjan où des réceptifs hôteliers de qualité sont érigés chaque jour. Mais pour cette CAN, il est attendu un peu plus 4000 lits au haut standing. Des critères que la CAF doit définir dans le cahier de charges. Certes des hôtels sont construits mais tous ne répondent pas aux exigences de la Confédération.

Si Abidjan peut se targuer de répondre favorablement aux besoins, c'est loin le cas des autres villes hôtes. Aussi bien à Yamoussoukro qu'à Korhogo et à San Pedro, des investissements importants sont attendus. Et Feh Kessé n'a pas manqué de le dire. «Les déficits identifiés en matière d'hôtellerie dans les villes hôtes de l'intérieur du pays se résorbent progressivement, mais le gap demeure important. Des mesures proposées par le COCAN au gouvernement, afin de combler ce gap, n'ont pu être adoptées», a-t-il averti lors de la passation de charges, le 21 juin 2021.

Le volet sanitaire Les infrastructures sanitaires sont aussi importantes que les infrastructures sportives. Et pour ces compétitions, la CAF exige que chacune des villes dispose d'un hôpital comprenant toutes les activités médico-chirurgicales, un service de réanimation, un service de radiologie avec scanner, IRM et radiologie conventionnelle ospoumons, deux blocs opératoires, une ambulance et toutes les ressources humaines utiles.

Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo et San Pedro disposent des Centres hospitaliers universitaires et régionaux, des hôpitaux privés. Mais force est de constater que le plateau technique ne répond aux exigences de la CAF. A un an et demi, à peu près de la CAN, seule la ville d'Abidjan peut se targuer d'accueillir le tournoi continental sur le volet sanitaire.

Un gros chantier qui se présente ainsi à François Amichia. Au total, les insuffisances relevées ciavant sont confirmées dans le rapport de la deuxième visite d'inspection de la CAF, qui a eu lieu du 2 au 8 décembre 2020. Ce rapport fait apparaitre de nombreuses insuffisances au niveau de nos différentes infrastructures, notamment la non-conformité aux normes CAF et FIFA du stade olympique Alassane Ouattara d'Ebimpé. Le transport La fluidité de la circulation et la sécurité sont primordiales dans l'organisation de la CAN.

Et la CAN ne lésine pas sur la question. Pour donc faciliter la circulation à Abidjan et dans les autres hôtes, des travaux d'aménagement et d'amélioration des voiries urbaines et interurbaines sont nécessaires. C'est le cas de l'échangeur d'Ebimpé qui permet d'accéder au stade dont les travaux n'ont pas encore démarré.

Sans oublier la Côtière (l'axe routier Abidjan-San Pedro-Grand Bereby). Et cela s'ajoutent les 25 km de voieries urbaines de San Pedro. Il y a également la section 2 de l'autoroute Y4 financée dans le cadre du Projet d'intégration Port/Ville du Grand Abidjan (PACOGA) qui part de l'échangeur d'Anyama à l'autoroute du Nord. Les travaux n'avancent pas de façon significative, au terme d'un constat terrain. Quid du transport aérien.

En dehors d'Abidjan, les aéroports des villes hôtes ne sont pas certifiés et ne peuvent recevoir des vols internationaux réguliers. Il est donc impérieux de donner un coup de pouce aux travaux de prolongement des pistes, en vue de leur mise aux normes internationales. Le ministre François Amichia a été nommé en remplacement de Lambert Feh Kessé avec pour mission de conduire à bien l'organisation de la CAN Côte d'Ivoire 2023. Une compétition d'importance capitale pour le président de la République Alassane Ouattara pour laquelle il va falloir mettre les bouchées doubles.

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