Sénégal: Lutte contre le manque d'eau et cherté des factures - Le collectif de défense des consommateurs alerte et mobilise les populations

14 Juillet 2021

Le manque d'eau au Sénégal, devenu très récurrent dans certaines zones ou quartiers de Dakar, préoccupe le Collectif pour la défense des consommateurs. En conférence de presse hier, mardi 13 juillet 2021, au siège de FRAPP/France Dégage à Dakar, soit 72h environ après la mise en service officiel de KMS3, les membres du collectif et de FRAPP ont sonné l'alerte. Par ailleurs, ils appellent les populations à la mobilisation afin de faire face à cette situation, pour que le manque d'eau soit un beau souvenir dans ce pays.

La lutte contre le manque d'eau au Sénégal ne doit être le combat d'une seule personne entité, mais de tout le monde. De l'avis de Néné Diakité, représentante du Collectif pour la défense des consommateurs au Sénégal, leur structure est là pour les consommateurs afin de les aider à lutter pour leurs droits. «Et la raison pour laquelle nous sommes là, c'est par rapport au manque d'eau au Sénégal que tout le monde pleure. A part cela, il y a aussi le manque de communication de la SEN'EAU et la cherté des factures», a-t-elle précisé.

Et de faire savoir qu'aujourd'hui, «les mères de familles ne ferment plus l'œil la nuit parce qu'elles sont obligées de se réveiller à une certaine heure dans la nuit pour puiser de l'eau avant la coupure. Parfois même, quand l'eau vient et qu'on n'ouvre les robinets, c'est des petites gouttes d'eau qui coulent lentement. Quand les factures arrivent, on paye des sommes que nous n'avons même pas consommées. Vraiment, si vous calculez tout ça, c'est difficile pour les familles».

A l'en croire, auparavant, «avant l'arrivée de la SEN'EAU, ont payait 3 000 à 4 000 FCFA pour les branchements sociaux avec la SDE. Maintenant, les gens sont obligés de débourser des sommes allant de 30 000 à 35 000 F CFA ; c'est beaucoup plus cher pour les familles. C'est pourquoi nous nous sommes levés aujourd'hui pour dire : «Non, ça suffit !» et mettre fin à cela. Et on doit avoir l'eau en qualité et en quantité partout. Et les gens doivent être facturés selon ce qu'ils ont consommé».

C'est pourquoi la représentante du Collectif des consommateurs demande à la population de se mobiliser et de se joindre à eux pour mener la lutte. «Si nous nous sommes levés pour lutter contre cela, ce n'est pas pour nous (collectif), mais c'est pour la population toute entière. Donc, nous voulons aussi que la population participe à cette lutte pour que nous formions un même bloc de front et faire face à cette situation. C'est bon d'être derrière son clavier ou à la maison et dire que ce que font ces gens, c'est important. Mais, pour que la lutte soit plus collective, il faut que les populations sortent massivement... pour faire face à la SEN'EAU afin qu'elle nous donne respect et droit dus aux consommateurs», a dit la représentante du collectif.

Pour le délégué général de FRAPP/Dakar, rappelant les conditions d'attribution du contrat d'affermage de l'eau potable en milieu urbain et périurbain à SEN'EAU, le président Macky Sall et son ancien ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement, Mansour Faye sont trempés dans ce scandale de l'eau dans ce pays.

Et de relever que suite à Appel l'Offres lancé par le gouvernement à cet effet, en décembre 2016, Mansour Faye avait souligné, à la date du 10 juin 2018, que «la SDE proposait 285,9 FCFA le m3, suivi de SUEZ 298,5 FCFA/m3 et Veolia 366,3 FCFA/m3. Mais à la surprise générale, c'est SUEZ qui remporte le marché et proposait 231 F pour le branchement, contre 90 F pour la SDE. Comment peut-on expliquer cela aux Sénégalais ?», s'interroge Adama Diatta, qui soupçonne de la corruption derrière tout cela.

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