Cameroun: Danse - Agathe Djokam plaide pour la femme

Dans son dernier spectacle « Echogr'Art-phie », la danseuse et chorégraphe camerounaise lève les tabous sur les menstruations et l'anatomie féminine.

Parler du processus de création de la vie pour Agathe Djokam, c'est accepter de tirer le voile sur les tabous autour des menstruations. Ce phénomène naturel qui pourtant provoque la gêne chez beaucoup lorsqu'il en est fait mention, est au cœur du dernier spectacle de la danseuse et chorégraphe camerounaise intitulé : « Echogr'Art-phie ».

Comme pour la majorité de ses œuvres, l'artiste met toutes ses tripes dans ce travail rude de 80 minutes, dans un double objectif. D'abord s'accepter en tant que femme et accepter tout ce que traverse le corps féminin physiologiquement. Ensuite et enfin accepter tous les autres êtres vivants issus d'une manière inévitable de ce cycle menstruel. « Osons parler de ce nous vivons, n'ayons pas honte de la menstruation car elle est la fondation de toute existence », se fend l'artiste.

Ce nouveau projet d'Agathe Djokam présenté le 29 mai dernier à l'Institut français du Cameroun à Yaoundé à la suite d'une résidence en ces lieux, a également pour ambition de prendre la chorégraphie sous un autre plan, d'en étudier la naissance depuis l'expression de l'idée jusqu'à l'accomplissement, un peu comme la vie humaine se crée.

Cette détermination à dépeindre le monde par la force de la danse se retrouve dans les projets d'Agathe Djokam. La danseuse et chorégraphe en a fait du chemin depuis son premier solo « Energie », dévoilé en 2018 en Côte d'Ivoire durant le Marché des Arts du spectacle d'Abidjan (MASA). La Fondatrice de l'association Corpo Symbiose, à la tête de la compagnie à son nom, a fait partie de plusieurs expériences dans des groupes de danse, aussi bien contemporain que de hip hop. La danseuse et chorégraphe, la trentaine à peine entamée, commence à se frotter à cet art à Douala à la faveur de ballets de fêtes de fin d'année à l'école. Désormais, elle vit plusieurs vies artistiques en une seule.

En 2014, elle obtient une bourse pour la France, concrétisant ses efforts de longue haleine. Le chemin se jonche alors de surprises et d'exploits impressionnants qui la mèneront en France, au Bénin, au Mali, et surtout au Sénégal où en 2015, elle est acceptée pour une formation de deux ans en danse traditionnelle et contemporaine d'Afrique à la prestigieuse Ecole Des Sables près de Dakar. En 2014, elle crée la compagnie Agathe Djokam pour la promotion de cet art auquel elle est dévouée. La lauréate de la bourse de résidence « Visa pour la création » à Paris a encore de nombreux projets sur le feu.

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