Afrique de l'Ouest: Défilé du 14-Juillet - Le Sahel à l'honneur sur les Champs-Elysées

Elle est loin, l'époque où le prestigieux défilé du 14-Juillet se déroulait sous le regard de chefs d'Etat africains invités d'honneur de l'hôte élyséen. Paul Biya, Denis Sassou N'guesso, Blaise Compaoré, Faure Gnassingbé, Idriss Déby Itno, Dioncounda Traoré, pour ne citer que ceux-là, ont tous eu leur moment d'honneur et de bonheur à la tribune officielle, aux côtés de leur homologue français du moment.

Depuis, les choses semblent avoir changé, et la célébration de la fête nationale de l'Hexagone cette année n'a pas connu d'invités de marque venus du continent noir. Mais dans la symbolique, la commémoration de la Révolution française de 1789 a eu hier sur les Champs-Elysées un cachet africain, précisément sahélien.

A tout seigneur tout honneur : ce sont 80 soldats d'élite de la force Takuba qui ont ouvert le traditionnel défilé tant prisé par les Parisiens. Takuba, en rappel, c'est cette task force européenne composée de contingents français, suédois, estoniens, tchèques, italiens, belges, portugais, hollandais et bientôt danois et roumains, voire grecs, hongrois et serbes.

Forte pour le moment de 600 hommes, cette force spéciale est déployée dans la zone dite des trois frontières, avec notamment, pour mission d'éliminer les leaders terroristes dans la région et de former les armées locales.

En faisant le choix de mettre au premier plan ces militaires, la France aurait voulu signifier qu'elle n'abandonne pas les Sahéliens face à leur malheur qu'elle ne s'y serait pas prise autrement. Depuis sa décision de mettre fin à l'opération Barkhane, l'Hexagone n'a cessé de donner des gages d'assurance que le Coq gaulois ne quittait pas totalement le Sahel. Et Emmanuel Macron l'avait annoncé à ses homologues du G5 Sahel, la France concentrera désormais son intervention au Sahel au sein de la force Takuba. «Nous ne quittons pas le Sahel...Nous réadaptons notre dispositif», a de nouveau martelé hier la ministre française des Armées, Florence Parly, opportunément sur France Inter.

Quand bien même les Etats sahéliens ne seraient pas orphelins de leur ancienne puissance coloniale dans leur combat contre les multinationales terroristes, ils doivent d'abord compter sur leurs propres forces et sur les voisins, qui, même s'ils n'ont pas la même capacité opérationnelle que la France, disposent d'une expérience certaine en la matière.

C'est peut-être cette dernière option qu'a faite le Niger, dont le président, Mohamed Bazoum, vient de séjourner du 12 au 14 juillet chez son voisin algérien.

Parmi les sujets discutés à Alger, figure en bonne place la coopération sécuritaire, sur laquelle le président nigérien a déclaré être parvenu à un accord avec son homologue, Abdelmadjid Tebboune.

Accusée à tort ou à raison d'abriter sur son sol des chefs terroristes et leurs lieutenants, l'Algérie reste incontestablement un potentiel acteur majeur dans la lutte contre les groupes armés, surtout avec la fin de l'opération Barkhane. Un amendement constitutionnel, adopté en novembre 2020, permet d'ailleurs désormais aux forces algériennes d'intervenir dans des opérations extérieures, dans le cadre des missions de maintien de la paix multilatérales.

Mais encore faut-il que l'Algérie et la France, qui reste présente avec un effectif plus réduit, acceptent de faire table rase de leurs relations longtemps empoisonnées par l'histoire pour descendre ensemble dans les « sables mouvants » du Mali, du Niger et du Burkina. Et ça, c'est une autre histoire.

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