Ethiopie: Les communautés du Tigré touchées de plein fouet par la flambée des prix de l'alimentation et des carburants

communiqué de presse

La crise déclenchée il y a neuf mois par le début des violences au Tigré, en Éthiopie, se ressent aujourd'hui sur l'activité commerciale de la région. La paralysie des échanges se traduit depuis deux semaines par une flambée des prix de l'alimentaire. Les banques de toute la zone ont fermé leurs portes et les habitants n'ont plus assez d'espèces pour couvrir leurs besoins essentiels.

Endommagées ou détruites, les usines sont à l'arrêt et de nombreux commerces ont fermé leurs portes, entraînant des suppressions d'emplois et rendant difficile de se procurer des biens et des services essentiels, y compris des soins de santé.

Dans un pays encore aux prises avec l'épidémie de Covid-19, la faillite du seul fabricant de bouteilles d'oxygène provoque des pénuries dans les rares hôpitaux encore ouverts, qui croulent sous les besoins depuis la fermeture de nombreux centres de santé primaire. En outre, les structures de santé et les stations de traitement des eaux dépendent encore largement de leurs générateurs pour fonctionner, alors même que l'alimentation en électricité et l'approvisionnement en carburant demeurent aléatoires dans la région.

« Les habitants font preuve d'une résilience et d'une solidarité admirables face à cette crise », déclare Nicolas Von Arx, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Addis-Abeba. « Mais ils ont épuisé leurs réserves et leurs économies, c'est pourquoi l'activité commerciale et les chaînes d'approvisionnement doivent revenir à la normale au plus vite. L'aide humanitaire ne peut pas les remplacer. »

Le point sur les opérations

Face à la recrudescence des violences en juin, le CICR a livré des fournitures médicales et du matériel hospitalier à cinq structures des régions de l'Amhara et du Tigré (les hôpitaux généraux de Sekota et de Lalibela, les hôpitaux universitaires de Gondar et d'Ayder ainsi que l'hôpital de soins primaires d'Aykel), afin de leur donner les moyens de prendre en charge 250 blessés graves ou 900 personnes souffrant de blessures plus légères, ainsi que 3000 patients atteints d'autres problèmes médicaux.

Une cargaison de matériel médical destinée à 14 structures sanitaires - tant des hôpitaux que des centres de santé primaire - est sur le point d'être envoyée à Mekele par convoi pour aider à répondre aux besoins dans les zones rurales.

Le CICR a également participé financièrement à la remise en état de l'unité pour malades du Covid-19 de l'hôpital général de Mekele, qui est le seul service de ce type disponible dans la région alors que le nombre de cas ne cesse d'augmenter.

L'institution a engagé des travaux de réfection dans les hôpitaux de Suhul, à Shire, et de Shiraro ; elle a en outre fourni des pièces de rechange à la station de traitement des eaux de l'hôpital d'Ayder ainsi que des générateurs aux hôpitaux de Humera, Dansha et Maikadra.

En collaboration avec la Croix-Rouge éthiopienne, le CICR a continué d'acheminer de l'eau par camion-citerne pour apporter un soutien immédiat aux communautés les plus vulnérables du Tigré. Il a aussi continué d'approvisionner les stations de traitement des eaux en produits chimiques afin de maintenir la production d'eau potable, à l'heure où diverses maladies d'origine hydrique risquent de réapparaître à la faveur de la saison des pluies.

Par ailleurs, des travaux sont en cours dans différents lieux des régions du Tigré et de l'Amhara : réparation de matériel électromécanique tel que des pompes et des générateurs, remplacement de filtres ainsi que remise en état et remplacement de pompes manuelles.

Les communications étant toujours coupées, le CICR continue d'aider les membres de familles dispersées à l'intérieur ou à l'extérieur du Tigré à échanger des appels téléphoniques et des messages écrits. Ces services de rétablissement ou de maintien des liens familiaux ont été utilisés par des civils originaires de différentes régions du pays, notamment des étudiants et des personnes à risque.

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