Libye: Amnesty dénonce le traitement "atroce" des migrants

Des migrants dans un centre de détention à Zawiya, en Libye (avril 2015).
15 Juillet 2021

Amnesty international tire la sonnette d'alarme sur le traitement des migrants qui sont envoyés de force dans des centres de détention en Libye.

Le rapport détaille les meurtres, les violences impunies, les vols et les humiliations, les viols des femmes en échange de nourriture ou de la liberté, les morts par négligence ou manque de soin, notamment de bébés. Des horreurs qu'a vécues Aicha, une Guinéenne de 31 ans, qui a été asservie en Libye, comme esclave sexuelle .

"Les femmes souffrent. On vous viole n'importe comment. S'il y a un garçon qui veut s'opposer. On le tue ! On les frappe. On t'enferme dans une maison, et un homme vient faire le besoin qu'il veut. "

Amnesty International qualifie d'atroces les conditions de détention des migrants et refugiés en Libye.

Pour Lilia Rebai, directrice d'EuroMed Rights, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme, la situation des migrants en Libye est préoccupante.

" Il y a des centres de détention qui sont en-dehors de tout contrôle. Il y a été relevé plusieurs cas de violences. Les migrants sont abandonnés dans le désert, parfois juste avec une bouteille d'eau. Il n'y a pas de sauvetage en mer, et en tout cas les chiffres sont clairs c'est 20.000 personnes décédées (ndlr en mer) entre 2014 et aujourd'hui."

Complicité des États européens

Le rapport d'Amnesty International dénonce la complicité des États européens qui continuent d'aider les garde-côtes libyens à capturer les migrants. Lilia Rebai affirme que les agences de l'ONU et les ONG opérant en Méditerranée fustigent régulièrement les politiques européennes de retour forcé de migrants vers la Libye.

"L'Union européenne est au courant. Nous-mêmes à plusieurs reprises nous avons alerté l'Union européenne, mais l'UE malheureusement continue à vouloir passer des accords sur l'admission et la réadmission des tiers surtout."

Amnesty International appelle les autorités libyennes à fermer "immédiatement" ses centres de détention. Et les États européens à suspendre leur coopération sur les migrations et les contrôles des frontières avec la Libye.

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