Ile Maurice: CIDB - Un danger pour le secteur de la construction selon Aadil Ameer Meea

Le projet de loi déjà voté mardi à l'Assemblée nationale a été applaudi par les membres de la majorité qui n'ont juré que par le mot «ouverture» à l'instar de Johanne Tour.

Les députés de l'opposition comme Aadil Ameer Meea ont relevé de graves implications de l'amendement. Ainsi, en autorisant les Quantity Surveyors (QS) étrangers à opérer à Maurice, dit Ameer Meea, et cela avec la liberté de s'associer en Joint-Venture avec une firme locale et selon un pourcentage à être défini par décret, le gouvernement ouvre les vannes pour l'arrivée en masse d'opérateurs étrangers qui prendront le travail des Mauriciens. «Je ne suis pas contre l'ouverture», nous dit le député mauve «mais que ce soit pour qu'il y ait un transfert de savoir-faire et un partage de contrats». De plus, ajoute-t-il, «one cannot ignore the fact of our status of Small Island Developing States, whereby we are and we remain a small country with a small and somewhat fragile economy, a dose of protectionism is indeed required to prevent total destruction of its fragile economic fabric.»

Il dénonce également la façon dont les «consultations» entre le gouvernement et les professionnels du bâtiment ont eu lieu, en plein confinement alors que ces derniers n'avaient même pas de Work Access Permit. Ce qui affectera encore plus les QS, ou consultants, selon Ameer Meea, c'est une autre clause de l'amendement qui permet désormais aux ingénieurs et architectes de préparer un dossier d'appel d'offres. «L'évaluation financière des offres, qui est la composante la plus importante de l'exercice d'évaluation des offres, relève directement de la compétence et de la responsabilité du QS. Et dans ce domaine, les Ingénieurs ont une connaissance superficielle par rapport à l'évaluation financière. Les changements proposés rendraient la profession de QS superflue.»

Le député s'étonne aussi que l'on ait inclus dans le paragraphe 24 une clause de confidentialité qui empêche un professionnel de la construction qui participe aux réunions du CIDB d'en parler même parmi l'association des architectes, ingénieurs ou QS. Pourquoi cette exigence de confidentialité alors que «all the actions of the CIDB should be transparent to abide by good governance?» se demande Aadil Ameer Meea.

Autre critique du député, la possibilité offerte par l'amendement au consultant de «négocier» sa sanction pour une violation de contrat, sanction qui ne dépassera pas le montant de la peine prévue alors que dans de telles «transactions», la MRA par exemple impose une amende d'au moins trois fois le montant qui n'a pas été réglé. «This is a new concept in our law !» s'est écrié le député.

Pourquoi toutes ces facilités offertes aux professionnels étrangers ? «C'est mieux pour les ministres d'avoir 'affaire' avec des étrangers lorsque l'on négocie des contrats, voyons !» nous dit un ingénieur du privé. Selon d'autres, il y aurait des lobbies puissants pour faire entrer des professionnels bon marché dans le pays.

L'évaluation financière des offres, qui est la composante la plus importante de l'exercice d'évaluation des offres, relève directement de la compétence et de la responsabilité du QS. Et dans ce domaine les Ingénieurs ont une connaissance superficielle par rapport à l'évaluation financière.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X