Afrique: Remarques liminaires du Directeur général au Sommet des petits États insulaires en développement pour la santé - Pour un avenir de santé et de résilience dans les petits États insulaires en développement

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Excellence, Monsieur le Premier Ministre Pravind Kumar Jugnauth,

Excellence, Monsieur le Président Taneti Maamau,

Excellence, Monsieur le Premier Ministre Frank Bainimarama,

Monsieur Georges Rebelo Pinto Chikoti,

Monsieur le Directeur exécutif Yannick Glemarec,

Excellences, distingués invités, chers collègues, chers amis,

Bonjour, bon après-midi et bonsoir à tous les représentants des petits États insulaires en développement. Merci de vous joindre à nous.

Je tiens à vous souhaiter chaleureusement la bienvenue à ce Sommet des petits États insulaires en développement pour la santé, la première réunion de dirigeants consacrée exclusivement à la santé dans les petits États insulaires en développement.

De nombreux représentants de petits États insulaires en développement de diverses Régions, de la société civile et des jeunes assistent à notre réunion. Je me félicite d'avoir l'occasion de cet échange de vues stimulant.

Il s'agit aujourd'hui de votre situation à vous et des nombreuses menaces auxquelles vos nations sont confrontées.

La COVID-19 est à l'origine d'une grave crise économique et sanitaire pour les petits États insulaires en développement alors même que vos communautés doivent faire face à d'autres risques pour la santé dus aux changements climatiques, aux maladies non transmissibles et à la malnutrition.

Malgré leur gravité, les petits États insulaires en développement se sont affirmés comme de véritables chefs de file, protégeant la santé et le bien-être des communautés tout en catalysant l'élan politique en faveur des objectifs sanitaires mondiaux.

Beaucoup d'entre vous ont réussi à éviter une large transmission de la COVID-19 dans la communauté.

Mais je sais que la pandémie vous a durement frappés par ailleurs, par exemple en vous privant des recettes du tourisme dont votre économie est très dépendante.

Le principal obstacle au relèvement reste celui d'un accès équitable aux vaccins contre la COVID-19.

Grâce au COVAX, nous avons jusqu'ici pu fournir à 31 petits États insulaires en développement deux millions de doses de vaccins, de même que d'autres produits sanitaires essentiels.

Nous savons bien que c'est loin d'être assez pour répondre à vos besoins et nous ne ménageons pas nos efforts pour trouver des moyens de renforcer la production et la distribution équitable.

C'est là un problème qui se pose à nous dans le monde entier et nous voyons les inégalités et le nationalisme creuser davantage le fossé vaccinal entre pays nantis et à faible revenu.

Plus de 77 % des doses de vaccins ont été administrées dans 10 pays à peine.

Pendant ce temps, la plupart des pays à faible revenu n'ont toujours pas assez de doses pour assurer la couverture vaccinale non pas de l'ensemble de la population, mais même des groupes les plus vulnérables et à risque.

L'OMS s'emploie sans relâche à accroître d'urgence la production et la distribution équitable des vaccins.

Ces dernières semaines, nous avons pu percevoir des signes encourageants à la suite de l'engagement pris récemment par des pays producteurs de fournir des centaines de millions de doses.

Mais c'est encore loin d'être assez.

Il nous en faut davantage et il nous les faut plus vite.

Nous devons aussi renforcer sensiblement la production locale et consentir des investissements à cette intention, pour que le monde entier ne soit plus dépendant d'une poignée de pays producteurs de vaccins et d'autres produits sanitaires essentiels.

Même après l'atténuation de la pandémie, nous savons que beaucoup d'entre vous resteront confrontés aux mêmes défis sanitaires qui s'imposaient avant son apparition.

Comme vous le savez, l'Initiative des petits États insulaires en développement sur les changements climatiques et la santé a été une des premières à être lancée après mon élection au poste de Directeur général en 2017.

En 2019, j'ai eu le privilège de me rendre dans plusieurs États et territoires insulaires du Pacifique - Fidji, Tahiti, Tuvalu et Tonga notamment - ainsi qu'aux Bahamas pour constater sur place les effets des changements climatiques.

Le Sommet des petits États insulaires en développement pour la santé offre l'occasion de galvaniser un soutien ciblé en faveur d'un avenir de santé et de résilience.

Il faut pour cela renforcer les moyens financiers, les capacités du personnel et les données dont disposent ces États ainsi que les partenariats entre eux.

Nous voulons également veiller à ce que l'appui apporté par l'OMS corresponde à leurs besoins, un objectif qui donne toute son importance à ce Sommet.

Laissez-moi suggérer quelques domaines clés où l'OMS peut apporter son soutien.

Tout d'abord, nous devons agir ensemble pour promouvoir l'équité en matière de vaccins, ce qui implique de partager dès maintenant les doses et d'investir en faveur de la production locale et régionale.

Si les pays partagent immédiatement les doses dont ils disposent dans le cadre du COVAX et si les fabricants donnent la priorité aux commandes placées par le mécanisme, on pourra vacciner au moins 10 % de la population de chaque pays d'ici septembre et au moins 40 % d'ici la fin de l'année.

Le partage doit intervenir tout de suite pour combler d'urgence un déficit important : il nous faut 250 millions de doses supplémentaires d'ici septembre.

L'approvisionnement équitable constitue le meilleur moyen de lutter contre la pandémie et de permettre dans vos pays la réouverture et le redémarrage de l'économie.

Il nous faut aussi mettre en commun les connaissances, les technologies et les brevets et obtenir un renoncement aux droits de propriété intellectuelle, une démarche qui bénéficiera, je l'espère, du soutien des petits États insulaires en développement.

Deuxièmement, l'OMS a aidé ces États à mobiliser des fonds pour s'adapter aux changements climatiques et améliorer la résilience des systèmes de santé, la sécurité alimentaire et la préparation et la riposte aux situations d'urgence.

Il reste que parmi ces États, beaucoup ne disposent toujours pas des moyens financiers voulus pour mettre en œuvre de telles politiques. L'OMS leur offre son soutien pour qu'ils puissent mieux se prévaloir des plateformes de financement comme le Fonds vert pour le climat.

Troisièmement, nous pouvons apporter notre collaboration pour étendre les services intégrés afin de lutter contre les maladies non transmissibles, et surtout contre l'obésité, le diabète, l'hypertension et le tabagisme.

Quatrièmement, l'OMS maintiendra son appui à l'instauration de la couverture sanitaire universelle et au renforcement du personnel des soins de santé primaires et des plateformes de données.

Nous poursuivrons notre action à vos côtés pour développer les achats groupés et les systèmes réglementaires.

Cinquièmement, nous devons tous tirer les enseignements de cette pandémie.

Face aux épidémies et pandémies futures, nous devons faire tout notre possible pour améliorer la préparation, la prévention, la détection et la riposte rapide en nous fondant sur la couverture sanitaire universelle et sur des soins de santé primaires solides.

Sans sécurité sanitaire au niveau local, il ne saurait y avoir de sécurité sanitaire mondiale.

À la dernière Assemblée mondiale de la Santé, les États Membres de l'OMS ont convenu de tenir une session extraordinaire en novembre afin d'examiner la proposition d'un traité concernant les pandémies.

Un traité favoriserait les échanges, la confiance et la responsabilisation et contribuerait à renforcer les capacités nationales, régionales et mondiales pour la sécurité sanitaire mondiale.

Nous espérons qu'un tel traité pourra compter sur le soutien des petits États insulaires en développement.

Toutes ces idées que je vous soumets sont le fruit de nos discussions au niveau des pays. Mais nous voulons être certains que le présent Sommet soit bien centré sur vos priorités à vous.

J'attends donc avec impatience vos observations et vos suggestions.

Comme on l'a déjà évoqué, une déclaration fondamentale des petits États insulaires en développement pourra servir d'élément moteur à l'approche du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, de la vingt-sixième Conférence des Parties à la Convention-cadre sur les changements climatiques et du Sommet sur la nutrition pour la croissance, trois réunions qui se dérouleront cette année encore.

Je vous remercie.

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