Afrique Australe: Le Mozambique attend toujours l'arrivée des troupes de la SADC

La conférence de Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CPLP

La force militaire de la Communauté de développement d'Afrique australe devait arriver jeudi dans la province de Cabo Delgado, en proie à une insurrection jihadiste, suite à la demande officielle du président mozambicain Filipe Nyusi, mais elle n'est jamais arrivée.

Attendue hier, la SADC a finalement reporté l'envoi de ses troupes au Mozambique. Selon des experts, l'Afrique du Sud n'aurait pas apprécié d'être doublée par les troupes rwandaises, arrivées en début de semaine après un accord entre les deux pays.

Une présence qui a été conclue dans le secret et qui irrite Johannesbourg, d'autant plus que Kigali ne fait pas partie des pays de l'Afrique australe.

Les soldats rwandais sont notamment déployés pour sécuriser les sites clés de gaz naturel liquéfié, dans le but selon les analystes, d'attirer à nouveau les investisseurs, effrayés par des attaques meurtrières, comme celle très médiatisée en mars à Palma.

L'accord de Maputo pour l'arrivée de troupes issus de pays de la SADC est toutefois une première, car jusqu'ici le président Filipe Nyusi l'avait toujours refusé. « C'est une question de souveraineté », avait-il déclaré il y a encore quelques semaines. Un refus, qui selon ses détracteurs, était un moyen pour lui d'éviter toute enquête sur des activités illicites dans la province de Cabo Delgado, qui auraient impliqué certaines élites.

« Pendant des mois, le président Nyusi a subi des pressions des pays de l'Afrique australe pour accepter une intervention militaire, pour éviter tout débordement de l'insurrection jihadiste. Il était devenu évident que le Mozambique ne parvient pas à mettre en échec les insurgés. Les jihadistes contrôlent toujours des villes comme Mocímboa da Praia et l'armée n'a pas les moyens d'y faire face. On l'a constaté lors de l'attaque contre la ville de Palma fin mars. Cette attaque a provoqué la suspension du projet gazier piloté par Total avec des conséquences financières lourdes pour Maputo », rappelle Iain McDermott, analyste au cabinet de conseil Protection Group International à Londres.

Fragilisé par la crise sécuritaire dans sa région natale, et devant le constat d'échec des mercenaires russes recrutés par Maputo pour renverser la situation, Nyusi a finalement été obligé de changer d'avis. « Je pense que l'intervention militaire de la SADC et l'accord bilatéral avec le Rwanda suggèrent que le gouvernement cherche à attirer de nouveau des investisseurs ou du moins de faire revenir Total », conclut Iain McDermott.

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