Afrique: Le pouvoir malgache dans l'œil du cyclone

C'est certainement un Andry Rajoelina particulièrement préoccupé qui s'est rendu mardi dernier au sommet de l'Association Internationale de Développement (IDA 20) à Abidjan.

Il était là-bas en compagnie de 20 de ses pairs africains pour demander la reconstitution de ce fonds en vue de la reconstruction des économies africaines fortement impactées par les conséquences de la pandémie de Covid-19. Le chef de l'État malgache laissait un monde politique en ébullition où majorité et opposition ont mené une contestation virulente contre le pouvoir.

Le malaise qui s'est installé depuis quelque temps ne peut se résoudre qu'avec des mesures radicales, c'est-à-dire un véritable changement de gouvernement réclamé par tous les membres de la classe politique. Les observateurs affirment tous qu'il s'agit d'une véritable crise de confiance entre le président de la République et ceux qui l'ont soutenu jusqu'à présent.

Son silence était devenu assourdissant après les remontrances faites par ses partisans. Il va revenir de Côte d'Ivoire après avoir obtenu un financement de 1,1 milliard de dollars pour essayer de relever une économie en ruine. Tout le monde attend de voir la manière dont il va résoudre cette crise politique risquant de mettre à mal les deux dernières années de son quinquennat.

Cette contestation dont le chef de file est le député Naivo Raholdina est en train de prendre le pas sur d'autres sujets autrement plus graves comme l'état de la situation sanitaire, la famine dans le Sud ou la hausse incessante du coût de la vie. Pour le moment, la menace du variant Delta semble contenue. Le bilan officiel publié par les autorités sanitaires fait état d'un taux peu élevé de contaminations, mais tout le monde convient qu'il est nécessaire de rester très vigilant.

La fermeture des frontières aériennes et maritimes reste en vigueur car le virus qui est présent dans les pays voisins ne doit en aucun cas pénétrer chez nous. Mais on ne peut jurer de rien et malgré cette relative tranquillité où nous nous trouvons, les mots d'ordre des responsables restent : port du masque obligatoire et respect des gestes barrières. La famine dans le Sud de la Grande-île n'est pas une vue de l'esprit.

Elle s'impose à nous de manière abrupte. Le rapport des organisations internationales sur ce "kere" est alarmant. 1.100.000 personnes vont souffrir de la famine au mois d'octobre. L'alerte est lancée et les besoins alimentaires doivent être comblés.

Sur le plan international, c'est toujours la pandémie de la Covid-19 qui préoccupe les dirigeants des nations de la planète. Le variant Delta se propage avec une rapidité déroutante. On ne compte plus les pays qui ont recommencé à confiner. La propagation du virus a obligé l'Australie, et l'Indonésie à empêcher leur population de sortir de chez elle. En Europe, la crainte d'une 4e vague a fait son apparition.

C'est dans ce contexte que les campagnes de vaccination s'accélèrent. La France veut rendre obligatoire la vaccination et une loi va être votée dans ce sens. La majorité de la population est tout à fait d'accord, mais une minorité d'irréductibles est en train de s'organiser pour manifester son opposition sur la voie publique.

Madagascar traverse une zone de turbulence qui, pour le moment, n'a pas de véritables conséquences sur la vie de sa population, mais les problèmes que cela engendre doivent absolument être résolus. Le pouvoir en place est dans l'œil du cyclone et des décisions doivent être prises rapidement pour assainir une atmosphère de plus en plus malsaine.

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