Sénégal: En concert à Dakar - Tayc, le porte-voix de l'afrolove

18 Juillet 2021

Tayc est à Dakar pour un show hier soir au Grand théâtre national. C'est l'événement du week-end dans la capitale. Jeudi dernier, l'artiste s'est entretenu avec la presse, quelques heures après son arrivée au Sénégal pour la première fois.

Tout de noir vêtu, constamment souriant et souvent boute-en-train, Tayc rejoint dans une joie d'éphèbe la scène de la salle du Complexe cinématographique Sembène Ousmane. Pas pour chanter, mais pour un point de presse en prélude du concert qu'il anime ce soir, à 19h, sur l'Esplanade du Grand théâtre national. Énergique et sympathique, l'artiste dévoile toute sa «joie d'être là» et efface tout de suite le mythe de la star. Il met à l'aise son monde et offre volontiers de sa chaleur. Pourtant, c'est la coqueluche du moment.

Nominé Révélation de la musique francophone de l'année 2020 par Nrj Music Awards, Tayc n'en finit pas de séduire. Très prolifique avec les singles, il compte déjà un triple album et 2 mixtapes à succès. Considéré comme un phénomène de la sphère musicale, il n'en est pas moins un artiste-musicien brillant. Il faut voir son featuring, «Ewondo ou Bami» (2019), avec le défunt saxophoniste Manu Dibango, musicien majuscule et exigeant, pour s'en convaincre.

D'ailleurs, affirme Tayc, sa rencontre avec le saxophoniste a positivement bouleversé sa tenue d'artiste-musicien. «J'ai beaucoup appris sur l'avancée d'un artiste. Il m'a appris l'humilité et la passion de la musique. Quand on lui a fait écouter le son, il n'a pas eu ce caprice d'artiste de retenir son extase. Il a montré qu'il a kiffé et a dansé dessus», s'émeut encore Tayc, dont Manu Dibango est «la légende de (son) père). Comme le saxophoniste, il est camerounais par ses deux parents, mais lui est né à Marseille (France) et y a grandi. Toutefois, il affirme de plus en plus ses origines et greffe leurs éléments culturels dans sa musique.

Julien Bouadjie, de son vrai nom, n'a que 25 ans et ne compte que 3 années de carrière. Mais il est en train de dessiner une grande légende urbaine en France et ailleurs. Il est actuellement une vedette incontestable. Tayc est auteur, compositeur et interprète. Ses textes lyriques, à bonne dose d'argots, font sensation. Il est connu aujourd'hui, de la jeune génération notamment, des jeunes femmes encore particulièrement, comme le concepteur et la voix de l'afrolove.

UNE LÉGENDE URBAINE

Ce nouveau genre musical est au confluent de l'afrobeat, du soul, du Rnb et du jazz, dit le jeune artiste. Ce dernier conçoit d'ailleurs l'afrolove moins comme un genre qu'un style musical.

«C'est aujourd'hui une manière de parler, de se comporter, de travailler, etc. C'est carrément un mouvement maintenant», se réjouit Tayc, qui a abordé sa vie d'artiste par le théâtre et la danse. Outre les sonorités, l'afrolove est un propos qui célèbre l'amour et les chants du cœur. «Dans mes chansons, je fais juste parler mon cœur, quel que soit le sentiment. Ça peut être de la joie, de la peine, des déceptions, qu'importe», explique-t-il. Lui qui célèbre la femme, semble proche de sa mère qu'il évoque et à qui il doit son nom d'artiste.

Tayc vient de ce que sa maman lui disait, étant petit, «Take all you can» (Prends tout ce que tu peux). C'est une philosophie, et une rengaine originale pour lui insuffler la confiance en soi et l'Adn d'un champion. Il tient de sa mère aussi quelques influences musicales, notamment «quand elle écoutait à la maison de l'afro, avec (mes) sœurs». Entre deux mots, il souffle que sa maman est une grande fan de Youssou Ndour et veut d'ailleurs «une vidéo dédicace». Tayc, de son côté, veut bien une collaboration avec la star sénégalaise. «Ce serait un plaisir et un honneur. La rencontre des générations me passionne beaucoup. Trouver une osmose entre l'artiste de 25 ans que je suis et des légendes comme Youssou Ndour et Manu Dibango et réussir un projet lourd, c'est juste magique», s'extasie Tayc.

Sa présence à Dakar lui permet également de découvrir l'ampleur de sa musique. Depuis ses entrées en Afrique, dit-il, il s'aperçoit que les Africains saisissent mieux sa musique et ses vibes, encore mieux que les Français avec qui il est. «Il fallait donc que je vienne ici. D'autant plus que Barack Adama (son producteur et membre de Sexion d'assaut) le voulait, au même moment où beaucoup de messages me le demandaient aussi. Et il faut aussi dire que Dakar est un lieu où il faut être présent si on veut être implanté en Afrique. J'aime également le Sénégal pour la noblesse et l'énergie de sa population», observe Tayc, qui confie être un grand fan de Dip Doundou Guiss et de Ngaaka Blindé.

Pour le show de samedi, il promet beaucoup d'afrolove, de passion et de sensation. «Je veux que les gens s'éclatent. Je dis souvent au public de se défouler et de ne pas trop admirer. Amusons-nous, car la vie est trop belle pour qu'on fasse autre chose», indique Tayc, qui promet un spectacle vivant. La première partie sera assurée par les rappeurs One Lyrical et Eljaz, ainsi que le groupe Royalty.

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