Cote d'Ivoire: Veille de la Tabaski / Entre pénurie et cherté de la vie - Comment se comporte le marché de bétail de Bouaké ?

Bouaké, deuxième grande ville du pays avec une population estimée à plus d'un 1.500.000 habitants, constitue, après Abidjan, un vaste marché de consommation. Ce potentiel marché de consommation, à l'instar des autres villes du pays, est aussi affecté par le coût des denrées alimentaires.

Et l'un des aspects qui inquiètent beaucoup plus ces populations à l'approche de la fête de la Tabaski, c'est la filière bétail. Une filière dont l'approvisionnement de la Côte d'Ivoire relève essentiellement de certains pays frappés par des crises. Notamment le Burkina-Faso, le Mali et le Niger. Ces crises que connaissent ces pays posent naturellement un problème d'acheminement et d'approvisionnement du marché ivoirien, et donc de pénurie.

A cette autre situation cauchemardesque, s'ajoute depuis quelques temps, une flambée exponentielle des prix des denrées sur le marché au point que les populations ne savent plus à quel saint se vouer. L'on est donc à même de se demander entre pénurie et cherté de la vie, comment se comporte le Marché de bétail de Bouaké. Première importante ville d'escale après les villes frontalières de Ouangolo, Pôgô et Ferké.

En raison d'une forte présence de la communauté musulmane et de la communauté étrangère, Bouaké avait toujours été ravitaillée convenablement en bétail au point que certains clients quittent les villes du Sud pour venir s'approvisionner dans la capitale du centre. En cette année 2021, même son de cloche. Le bétail, selon plusieurs commerçants rencontrés sur les marchés, est d'une quantité suffisante.

« Cette année, les moutons arrivent en grande quantité et sont en bonne santé que ceux de l'année dernière. Les problèmes au Mali et au Burkina ne se ressentent pas sur notre marché, nous sommes très bien approvisionnés. Ce sont près de 20 à 30 camions qui entrent par jour. », a expliqué Baï Barri, responsable de parc bétail au marché de mouton qui a soutenu que comparativement à l'année dernière, Bouaké peut se réjouir d'avoir été convenablement servie.

Expliquant le processus d'approvisionnement aux responsables du Conseil national de la lutte contre la vie chère (CNLVC), lors d'une visite terrain à Bouaké, Coulibaly Inza, vendeur de bœuf a aussi indiqué que le marché ne connaissait pas de difficultés réelles en termes d'approvisionnement et que les pâturages étaient fournis en bœufs.

La directrice exécutive du Conseil de lutte contre la vie chère, docteur Rami Bah épouse Koné a rassuré la population à cette occasion. « Notre mission, c'était d'abord de venir constater que le marché est suffisamment approvisionné malgré la situation dans les pays d'origine au Burkina-Faso, au Mali, au Niger. Nous pouvons rassurer nos populations que notre marché est bien ravitaillé et leur dire qu'il y a du bétail pour tous » a-t-elle fait savoir. Toutefois, la question des prix ne fait pas l'unanimité sur des positions.

Si pour les clients, ces animaux sont aussi chers sur le terrain, ce n'est surtout pas le cas pour les vendeurs. « Cette année, on peut avoir des moutons de 50.000 à 150.000 FCFA. Il y a plus que ça pour les grands béliers, sinon à partir de 50.000 FCFA, on peut te trouver un mouton. Il peut y avoir des gens qui viennent prendre avec nous et aller revendre très cher. Sinon sur notre site, les prix sont souples.

Tout le monde peut se procurer un mouton cette année à partir de 50.000 FCFA », a clairement indiqué Baï Barri. Un constat qui n'est pas celui du secrétaire général de l'Observatoire de la fluidité des transports, Abdoulaye Touré. « Nous constatons que les marchés sont très timides, nous constatons que les prix sont assez élevés pour l'heure.

Cela s'expliquerait peut-être par le fait que les pays qui nous approvisionnent en bétail sont eux-mêmes confrontés à des attaques terroristes qui font que les zones de production de bétail ne sont pas toujours accessibles et que, nous aussi, nous avons la concurrence des autres destinations en ce qui concerne le bétail. Nous avons des pays voisins comme le Ghana qui sont de grands demandeurs de bétail en cette période. », a-t-il expliqué et d'ajouter : « Notre mission est de faire en sorte que tout ce qui est entrave à la fluidité des transports soit levé.

Tous les barrages illégaux, tout ce qui est vraiment illicite sur les routes, les pratiques anormales soient supprimés. Et c'est dans ce cadre que nous sommes là, à l'occasion de l'approche de la fête de Tabaski pour faire en sorte que la route ne soit pas la cause de la surenchère pour le prix du mouton et des bœufs, pour que chaque foyer puisse s'approvisionner en animal de sacrifice ».

Face à cette situation, le Conseil de lutte contre la vie chère s'est donc engagé dans la sensibilisation. « Nous sommes en train de sensibiliser les commerçants, leur demander d'être solidaires de la population, d'être solidaires en permettant à tous ceux qui veulent acheter le mouton de pouvoir le faire. En faisant des prix abordables pour les populations, des prix pour toutes les bourses. Plus les prix sont abordables, plus il y aura de ventes. Au lieu de rester avec leurs moutons dans le bras à la fin de la fête, ils auront tout vendu. », a fait comprendre Rami Bah aux commerçants.

Un appel qu'elle dit avoir été bien reçu par ces derniers. Les populations de la capitale de la région de Gbêkê peuvent évidemment se frotter un peu les mains. Si tant est que le marché ivoirien connaît des difficultés, celui du bétail à Bouaké à la veille de la Tabaski est à la portée de tous, même si par endroits certains revendeurs haussent grandement les prix. Mais au grand marché de bétail, les prix sont raisonnables et l'approvisionnement en quantité est effectif.

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