Sénégal: Lamine Savané, chef des opérations de la Basketball africa league (Bal) - «Il faudrait des clubs forts, bien structurés»

20 Juillet 2021

Dans la quête de solutions pour le basketball sénégalais et le sortir des 24 ans de diète sans aucun titre à l'Afrobasket masculin, l'Association Nationale de la Presse Sportive (ANPS) a posé le débat ce jeudi 15 juillet à travers un panel intitulé : les Lions du Basket : Diagnostic de 24 ans de traversée du désert, quelles solutions pour reconquérir le titre. Mais au-delà des pistes entrevues par les experts et acteurs de la balle orange, il est revenu à Lamine Savané, chef des opérations de la Basketball Africa League (BAL), d'explorer les voies et moyens pour le Sénégal de rivaliser avec les meilleurs. Mais aussi d'aborder la professionnalisation du Basket ou encore des possibilité d'exploiter le vivier du basketball sénégalais en Europe et aux USA

«Pourquoi la nécessité de la professionnalisation du basket sénégalais. Beaucoup d'entre nous n'ont pas eu la chance de monnayer leurs talents en extérieur alors que ça devrait être possible. Le sport en général, le basketball en particulier doit pouvoir être une activité qui permet à tout un chacun de faire sa vie, de s'occuper de sa famille et profiter des opportunités qui se présentent à travers cette activité. En 2021, c'est évident que le sport ait une place qui est bien au-delà, qu'il était non seulement pour les Etats, pour les acteurs du point de vue aussi bien économique, diplomatique et autres».

"SE METTRE DANS LES CONDITIONS DE RIVALISER AVEC LES PLUS GRANDS"

«Je pense que pour arriver à jouer avec les plus grands, il faut se mettre dans les conditions de rivaliser avec eux. C'est cela qui nous amène dans le vif du sujet sur comment faire pour professionnaliser le basketball au Sénégal. Pour cela, je me suis amusé à regarder ce qu'on appelle les références, à quoi ressemble la professionnalisation, dans quel pays ça se fait ? Comment ça se fait ? Et pourquoi ça réussit dans ce pays et comment on pourrait s'en inspirer ? Le top du top quand il s'agit de professionnalisation c'est la NBA. Je pense qu'on est tous admiratifs de la NBA grâce à sa capacité à organiser ce basket et en tirer beaucoup plus que ce que les gens voyaient au départ. Pourquoi cela marche parce qu'il y a une administration forte qui fonctionne bien. Mais, il y a aussi un format de la compétition qui est organisé, qui est calé dans le temps et dans l'espace. Bien avant même du début de la saison tout le monde est au courant quand est ce que les matches vont se jouer, où est ce que cela va se passer et à quelle heure ?

Dans le cadre du Sénégal, toute Fédération qui veut se professionnaliser est obligée de retourner vers le ministère des Sports pour demander une autorisation de mener une activité professionnelle. La première étape, est l'autorisation du ministère du sport sur demande de la Fédération, la création et distribution des statuts et règlements de cette ligue professionnelle. Distribution d'un cahier de charges des clubs qui vont participer à la ligue professionnelle, la mise en place d'une commission qui va étudier le processus de qualification des équipes dans ce championnat professionnel. Mais également l'adoption d'un calendrier et d'une feuille de route pour le lancement de la Ligue professionnelle. Pour les ressources humaines de qualité, il faut un bon président de la Ligue, il faut un directeur, un secrétariat, des présidents de commissions, des arbitres à un niveau professionnel ou un plan stratégique de développement.

"ETRE STRUCTURE COMME UNE STRUCTURE COMMERCIALE"

«Il faudrait des clubs qui soient forts, bien structurés affiliés à la Fédération. Il va falloir créer des clubs professionnels qui seront liés à travers un protocole entre les associations. Ce protocole sera privé entre guillemets sous le regard de la Ligue Professionnelle. Chaque club doit être structuré comme une structure commerciale. Un directeur général qui va s'occuper du club au jour le jour, un secrétariat, délimiter les différentes aires de fonctionnement et un directeur sportif qui va gérer toute la partie technique et sportive. Le club a besoin d'avoir un business-plan parce que lui aussi est une entité au milieu de l'entité de la Ligue et elle doit trouver des moyens justement d'exister et de se développer. Parce que tout simplement pour aller trouver des joueurs de hautes qualités, il va falloir des moyens pour les réunir. Sans occulter la fiscalité, le soutien de l'Etat et les collectivités locales».

EXPLOITER LE VIVIER

«L'identification ça passe par la mise en place d'une cellule collecte des informations sur les talents à l'étranger. La création d'un réseau dans des pays qu'on va cibler avec comme objectifs de remonter le maximum d'informations sur des joueurs et des joueuses qui sont dans ces pays et que la cellule voit la pertinence de se rapprocher de ces joueurs-là. Il faut organiser des tournées, des visites par catégorie en accord avec les entraineurs des différentes sélections afin de pouvoir identifier lequel de ces joueurs-là pourrait avoir un accord intéressant pour notre sélection».

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