Congo-Kinshasa: Justice - Matata Ponyo affirme avoir été empoisonné

L'ex-Premier ministre, qui cite « les résultats préliminaires du test », sollicite une union de prières et le soutien des « Congolais et citoyens du monde », à qui il a destiné cette information.

Dans un tweet attribué au sénateur Augustin Matata Ponyo Mapon, l'ancien Premier ministre dit qu'il a été empoisonné. « A tous les Congolais et citoyens du monde. C'est bien dommage pour ce qui nous est arrivé. Les résultats préliminaires du test indiquent que nous avons été empoisonné », peut-on lire dans ce message. Aussi sollicite-t-il une union de prières et le soutien, pour qui lui serait arrivé. Ce tweet n'indique, par ailleurs, pas l'état de santé actuel du sénateur.

Affronter la justice de "son pays"

Il est rappelé que Matata Ponyo dont les immunités ont été enlevées, le 5 juillet, par le bureau du Sénat, qui a également autorisé des poursuites judiciaires contre lui, a été, le 12 juillet, entendu au parquet général près la Cour constitutionnelle. A l'issue de ces auditions, le procureur général près cette cour a ordonné, le mardi 13 juillet, qu'il « soit placé en état d'arrestation provisoire et assigné à résidence » à son domicile.

Dans la soirée du 14 juillet, le parquet général près de la Cour constitutionnelle a pris une autre décision pour annuler cette assignation en résidence de l'ancien Premier ministre. Et Augustin Matata Ponyo est rentré à son domicile sans être accompagné de policiers. Une autre invitation signée le 16 juillet par le premier avocat près la Cour constitutionnelle, Donatien Mokola Pikpa, demandait au sénateur Matata Ponyo de se présenter à niveau au cabinet du procureur général près cette cour, le lundi 19 juillet à 11 heures. Ce document indiquait que le motif allait lui être communiqué sur place. Des sources proches de l'ancien Premier-ministre indiquent que cette invitation avait trait avec l'affaire du parc agro-industriel de Bukangalonzo pour laquelle les sénateurs ont refusé de lever les immunités de leur collègue. Ce qui pousse son entourage à dénoncer un acharnement car, pense-t-il, la levée des immunités ne concernait que le dossier « zairianisation ».

La justice, rappelle-t-on, reproche à l'ancien Premier ministre d'avoir « payé plus de 110 millions de dollars américains à des créanciers fictifs, victimes de la zaïrianisation des entreprises étrangères » lorsqu'il était chef du gouvernement. En séjour à Conakry, Matata Ponyo avait affirmé, début mai, avoir décidé d'écourter son séjour pour faire face à « une justice politiquement instrumentalisée ». De retour à Kinshasa, l'ancien Premier ministre et sénateur congolais s'est dit prêt mardi à répondre devant la justice du pays.

Cette sortie intervenait après que le procureur de la Cour de cassation a demandé la levée de ses immunités pour qu'il puisse être entendu sur des faits de malversation dans la gestion des fonds du parc agro-industriel de Bukangalonzo. Depuis l'ouverture des poursuites judiciaires contre lui, ses proches crient à l'acharnement politique. Pour ces derniers, en effet, de nombreuses autres personnalités impliquées dans des actes de corruption ces dernières années, et qui sont en bon terme avec le pouvoir de Felix Tshisekedi, ne sont pas inquiétées. Ceci jette ainsi le doute sur les véritables motifs des poursuites engagées contre Matata Ponyo et certains autres proches de Joseph Kabila.

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