Burundi: Chemin de fer Congo-Burundi - Le faux procès fait à Fatshi !/" Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose".

Cette célèbre citation rattrape les compatriotes ayant, de façon consciente ou non, déformé les propos du Président Félix Tshisekedi au sujet du financement du chemin de fer évoqué par son homologue burundais Evariste Ndayishimiye lors de la conférence de presse du 13 juillet dernier à Kinshasa.

Partie de Bruxelles d'un blogueur dont on connaît la phobie à l'égard du Chef de l'Etat, la campagne de dénigrement a vite été récupérée par les Internautes partageant le même mépris.

Péchant cependant par suffisance intellectuelle, le blogueur n'a su distinguer l'expression mémorandum d'entente du mot contrat. Autrement, il aurait appris qu'un mémorandum d'attente est assimilable à une déclaration d'intention. Ce qui n'est pas le cas du contrat d'exécution indiquant notamment les aspects administratifs, juridiques, financiers et techniques.

A l'annonce par le Président Evariste Ndayishimiye du projet du chemin de fer qui partira de Gitega (Burundi) à Uvira et à Kindu (RDC), allusion a été faite non pas à un contrat (avec chiffres à l'appui), mais au mémorandum d'entente. Le 13 juillet 2021, les délégations congolaise et burundaise n'ont pas signé un contrat mais le mémorandum d'entente.

Au demeurant, dans le Communiqué Conjoint sanctionnant la "Visite d'Etat de Son Excellence Monsieur Evariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi en République Démocratique du Congo " lu tout de même *avant* et non après la conférence de presse, des précisions ont bel et bien été données aux points 5-6-7 que nous nous faisons le devoir de reproduire ci-dessous :

"5. Ayant procédé à l'évaluation de la coopération entre les deux pays et relevé le faible niveau de mise en œuvre des accords existants, les deux Chefs d'État recadré la stratégie de redynamisation de travail sous-tendue par des actions concrètes.

Au sujet des relations bilatérales, les deux Chefs d'État ont souligné l'intérêt de réaliser le projet d'une grande importance pour nos deux peuples respectifs dans le développement des échanges commerciaux et la mobilité de nos populations respectives. Il s'agit notamment, des constructions des ponts pour véhicules et pour les piétons entre les Provinces du Sud-Kivu (RDC) et de Cibitoke (BURUNDI) sur la rivière Rusizi/Ruzizi; l'exploitation agricole dans la pleine de la Rusizi/Ruzizi ainsi que la réhabilitation et l'électrification de la route Bujumbura-Uvira-Bukavu-Goma.

C'est dans ce cadre qu'une réunion bilatérale s'est tenue entre les délégations de deux pays, et que plusieurs accords et mémoranda visant la relance et la consolidation de la Coopération ont été signés. Il s'agit, notamment des accords et mémoranda relatifs au développement du Chemin de fer à Écartement standard (SGR) Gitega-Uvira-Kindu, au Commerce, au maintien et au renforcement de la paix et de la défense, de la sécurité ainsi qu'à la consultation politique et diplomatique".

Le projet est donc au point 7.

En 20 points, le communiqué est signé côté RDC par le ministre de l'Intégration régionale Didier Mazenga Mukanzu et non par le ministre des Affaires étrangères Christophe Lutundula, côté Burundi par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération au développement Albert Shingiro.

Le fait déjà pour les blogueurs d'interpeller Lutundula alors qu'il n'est même pas concerné prouve à suffisance qu'ils ont déclenché leur campagne de dénigrement sans avoir lu au préalable le communiqué conjoint.

A l'instar du blogueur " lanceur d'alerte " qui s'est vraiment gouré en faisant croire à l'opinion que le Burundi entend construire ce chemin de fer en RDC, ses relais sont tombés dans son piège.

Pourtant, dans le communiqué conjoint, il est bien dit qu'il s'agit d'un projet commun aux deux pays.

Pour (leur) information, le chemin de fer Lubumbashi-Kindu existe. Le chemin de fer Uvira-Ubundu existe également. D'où la possibilité du prolongement avec le tronçon Gitega-Uvira-Kindu.

Quand le Président Félix Tshisekedi renvoie alors aux experts la réponse à la question du financement, il dit vrai. Au stade du mémorandum d'intention, c'est-à-dire de déclaration d'intention, on ne peut avancer aucun chiffre qui soit crédible. D'ailleurs, dans sa réponse, le Chef de l'Etat évoque le tracé. C'est aux experts de déterminer celui qui convient en tenant compte des paramètres en présence. Cas du relief, de la faisabilité et de la rentabilité du projet.

Ne pas le savoir est une calamité.

Se permettre en plus de saisir le ministre des Affaires étrangères de son pays en évoquant l'article 53 de la Convention de Vienne sur le droits des traités, la préfiguration de fait de la balkanisation de la RDC au sujet des accords en cours et l'article 42 du règlement de Lahaye (Ndlr La Haye) de 1907 est une catastrophe.

Au moins, ce doit reste du mensonge est l'émergence de vérité. La vérité est que les blogueurs ont voulu faire dire à Félix Tshisekedi ce qu'il n'a pas dit, et les voici rattrapés.

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