Mali: L'attaque au couteau, un "acte isolé" selon Assimi Goïta

20 Juillet 2021

Avec une transition fragile et deux coups d'Etat, les Maliens s'interrogent sur les mobiles de la tentative d'attaque. Mais le colonel Goïta se montre serein.

La fête de la Tabaski a été marquée au Mali par un incident. Au sortir de la prière, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a été victime d'une tentative d'assassinat à l'arme blanche. Pas de blessé, et les agresseurs ont vite été maîtrisés.

Des témoins s'expriment

Les faits se sont déroulés aux alentours de 9h30 (heure locale), alors que la prière venait de finir et que l'imam allait procéder au traditionnel sacrifice du mouton. A ce moment, la situation était encore floue. "On a entendu qu'ils avaient des couteaux. Certains disaient qu'ils avaient blessé le garde du corps, d'autres disaient qu'ils avaient blessé Assimi Goïta, le président", raconte Adamane Diawara, président de la jeunesse de la Grande mosquée de Bamako.

Le calme est pour autant vite revenu autour de la mosquée. Et le président a continué son chemin, comme si de rien n'était.

Selon les informations recueillies par le correspondant de la DW, deux personnes ont été appréhendées par les forces de sécurité, et l'une d'entre elles se trouvait encore dans la soirée à la sécurité d'Etat pour être interrogée.

Les vidéos de surveillance de la mosquée ont par ailleurs été réquisitionnées par les mêmes services de renseignement.

Acte isolé selon le colonel Goïta

Quelques heures après l'attaque, le colonel Assimi Goïta a déclaré bien se porter et que c'était un "acte isolé".

"Non tout va bien, vous même vous le voyez, tout va bien, il n'y a pas de souci. Cela fait partie du jeu, lorsque l'on est leader. Il y a toujours des mécontents, des gens qui veulent tenter des choses à tout moment pour déstabiliser", a déclaré le chef militaire sur les antennes de l'Office de radio et télévision du Mali (ORTM).

Cet incident soulève pourtant des questions. Si le profil des assaillants n'est pas connu, ainsi que leur mobile, cela pourrait s'apparenter à une forme de contestation de la transition en place.

Mais, selon Lamine Savane, politologue à l'université de Ségou, il faut savoir raison garder, bien qu'il ne soit pas surprenant que la transition connaisse des remous de ce type. "Les transitions militaires se passent très rarement sans tentatives de contre-putsch. Nous l'avions déjà connu avec Amadou Haya Sanogo, avec la tentative de contre-putsch des bérets rouges qui s'est soldée par une lutte fratricide entre bérets verts et bérets rouges".

Selon Lamine Savane, le président a de nombreux ennemis, tant dans l'arène politique qu'auprès de ses frères d'armes, qui pourraient envier la concentration des pouvoirs dont il dispose à l'heure actuelle.

Plus de: DW

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