Soudan: Khartoum franchit l'obstacle du FMI à l'allégement de sa dette

Le Soudan a surmonté un obstacle majeur sur la voie d'un allégement de sa dette qui pourrait voir près de 90 % du fardeau du pays s'effacer au cours des années à venir.

L'annonce a été faite par le Fonds monétaire international (FMI). Khartoum est désormais en mesure d'obtenir des prêts, de l'aide internationale et ainsi que celle du développement. Le FMI a donc autorisé un prêt de 2,5 milliards de dollars. « La dette du Soudan passera d'environ 56,6 milliards de dollars à environ 6 milliards de dollars au point d'achèvement », a déclaré Carol Baker, chef de mission du FMI pour le Soudan. Le processus complet pourrait prendre trois ans. Pendant ce temps, le pays doit faire preuve d'une bonne gouvernance et mener à bien des réformes clés. Cette décision « ouvre la voie à un allégement irrévocable de la dette », a précisé Carol Baker.

La prochaine étape concerne l'entretien entre le gouvernement et les pays créanciers riches, en vue d'effacer près de la moitié de ses obligations de dette bilatérale, remontant aux années 1970. Khartoum a procédé aux négociations avec le Club de Paris.

Carol Baker a expliqué que les mécanismes traditionnels d'allégement de la dette permettront de dégager environ 26 milliards de dollars pour le Soudan, tandis que l'Initiative PPTE devrait régler 23 milliards de dollars supplémentaires. «Nous devons commencer à voir le Soudan comme une destination pour les investissements », a-t-elle souligné.

Les États-Unis ont radié Khartoum de la liste des États sponsors du terrorisme en 2020 et ont organisé des prêts relais et des accords de financement supplémentaires avec d'autres pays riches pour aider à apurer les arriérés de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. C'est un pas en avant. La douleur économique au Soudan est dure depuis des années.

Le pays a été frappé par une mauvaise gestion économique avant le renversement de l'homme fort, Omar al-Bashir, en 2019. Son pays était un paria international et coupé de l'économie mondiale. Depuis lors, le gouvernement civil-militaire a mis en place une série de réformes économiques rudes, qui ont vu la monnaie perdre de la valeur et l'inflation monter à 342% en mars.

Le pays est également confronté aux retombées de la pandémie (Covid-19), en plus des inondations et d'une invasion de criquets. Et le nombre de personnes ayant besoin d'une aide humanitaire a plus que doublé depuis 2015 .

Theodore Murphy, un expert de la Corne de l'Afrique, a averti que les pays donateurs se sont principalement concentrés sur les réformes économiques tout en laissant leur attention dériver des questions politiques. Tant que les réformes politiques n'assureront pas une stabilité durable, les investisseurs étrangers hésiteront à entrer dans le pays, selon lui. Il faudrait déjà créer certaines conditions et supprimer des obstacles, surtout commencer à voir le Soudan comme une destination pour les investissements. Ce qui nécessite plus que de l'économie. Notamment des réformes dans l'espace politique et sécuritaire.

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