Ile Maurice: Parlement - « Batiara», name, shame & Co. ...

Revoilà Sooroojdev Phokeer face aux députés de l'opposition. Le speaker - ou le Loudspeaker comme on le surnomme - a de nouveau croisé le fer avec Arvin Boolell, hier, mardi 20 juillet. Cette fois, le député rouge a été suspendu pour huit séances parlementaires.

La Private Notice Question (PNQ) révisée au dernier moment, un ministre qui ne donne pas d'informations et un speaker intolérant envers l'opposition. Les ingrédients étaient en effet réunis pour une séance explosive au Parlement, hier. Résultat : le chef de file du Parti travailliste (PTr), Arvin Boolell, a été suspendu pour les huit prochaines séances sans compter celle d'hier.

L'expulsion de l'élu rouge est survenue quand le speaker, Sooroojdev Phokeer, a interdit au leader de l'opposition, Xavier-Luc Duval, de répéter que l'argent de la Banque de Maurice n'appartient pas au ministre ni au gouverneur Seegolam. «Non! Vous n'avez pas le droit de faire certaines choses au Parlement. Je serai très sévère là-dessus», a déclaré le speaker au leader de l'opposition.

Cette position a poussé Xavier-Luc Duval à changer de stratégie en ne mentionnant pas le nom de Seegolam. «Cet argent ne lui appartient pas, ni au gouverneur... » a-t-il répété avant d'être interrompu par le speaker une nouvelle fois. «Encore une fois, vous n'avez pas le droit», a insisté Sooroojdev Phokeer. Ne se laissant pas intimider, le leader de l'opposition devait lui demander s'il n'a pas le droit de faire référence au gouverneur de la Banque de Maurice dans sa question.

«Non, vous ne le pouvez pas», a-t-il répondu. Une position qui a irrité l'opposition car dans le passé, des élus du gouvernement ont souvent fait référence à des personnes absentes du Parlement sans être interrompus. D'ailleurs, dans une lettre envoyée au speaker la semaine dernière, le député Ehsan Juman avait rappelé que lors d'une question, le ministre Vikram Hurdoyal avait cité le nom d'une personne décédée.

La position du speaker face à Xavier-Luc Duval a fini par agacer des membres de l'opposition. Le speaker leur a ordonné de garder le silence, mais Arvin Boolell a tenté d'arguer avec lui. «Honorable Boolell, est-ce vous être en train de défier mon autorité ? It is what you are doing. Quiet!!! You don't have the floor», a-t-il martelé à l'égard de l'élu du PTr.

Celui-ci ne s'est pas laissé faire. «You are not talking to your kid !» a-t-il retorqué. Débout, le speaker a exigé d'Arvin Boolell qu'il se taise le silence avant de lui ordonner de quitter la chambre. «Shame! Shame!» ont réagi les élus de l'opposition. Arvin Boolell devait pointer du doigt le speaker en déclarant : «Shame!» À ce moment-là, Soorojdev Phokeer a «name» le député rouge faisant comprendre qu'il allait être suspendu. «Batiara», a lancé Arvin Boolell au speaker.

Au même moment, quelqu'un du MMM a déclaré à l'égard de Sooroojdev Phokeer :«Al aprann do !» Un autre élu de l'opposition devait ajouter : «Ekzazéré sa !» Tandis qu'Arvin Boolell et des élus du PTr quittaient la Chambre, le speaker a suspendu la séance momentané ment. Tout le monde croyait que c'était la fin du bras de fer entre les deux hommes.

Cependant, ils ont eu un violent accrochage dans le couloir. Les voix devaient faire courir quelques élus. Des fonctionnaires présents au Parlement ont été surpris. «You are a shame for the country», a reproché Arvin Boolell au speaker. Celui-ci a répliqué : «You are a shame for the parliament.» Toute la scène s'est déroulée en présence des policiers, des élus rouges et du journaliste de l'express.

Un peu plus tard, Arvin Boolell a tenu un point de presse pour dire que Patrick Assirvaden a dû intervenir pour le protéger du speaker. À la reprise, le Premier ministre est arrivé au Parle- ment, semble-t-il, après une réunion avec Sooroojdev Phokeer sur cet incident. Le chef du gouvernement s'est penché vers Steeve Obeegadoo pour lui murmurer quelques mots.

Le Premier ministre adjoint a haussé les sourcils, l'air surpris. Le verdict est tombé quelques minutes plus tard. Arvin Boolell ne sera pas présent à l'Assemblée nationale pour les huit prochaines séances. Une heure plus tôt, le leader de l'opposition était arrivé dans l'Hémicycle à 11 h 30 quelque peu agacé. Il s'est entretenu avec le leader de MMM, Paul Bérenger, et Reza Uteem.

Par la suite, il a exprimé son mécontentement au speaker. «J'ai eu la version de ma question, il y a peine cinq minutes avec une partie qui a été enlevée», a-t-il fait ressortir. Tandis que le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, utilisait des provisions de la loi et les standings orders pour ne pas donner des informations sur la Mauritius Investment Corporation Ltd, Xavier Duval cachait à peine son irritation.

«Reponn kestion. Jagutpal-bis», a-t-il déclaré. Cette remarque n'a pas été appréciée par le ministre qu'il lui a demandé de retirer ce propos et le mot «incompétent». Xavier-Luc Duval lui a rétorqué que «Jagutpal-bis est un compliment et qu'il n'a jamais utilisé le mot incompétent.»

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