Cameroun: « Nous enregistrons des redditions massives »

interview

Oumar Bichaîr, chef de centre régional DDR pour l'Extrême-Nord à Mora.

De nouveaux ex-combattants et associés de Boko Haram se sont rendus récemment aux autorités camerounaises. Quelles dispositions ont été prises pour assurer leur accueil ?

Ces deux derniers mois, nous assistons à des redditions massives des combattants de Boko Haram vers notre centre de transit de Méri. En effet, le chiffre cumulé de cette période s'élève à 183 ex-combattants et associés reçus au centre, pour un total général de 574 pensionnaires dont 186 hommes, 134 femmes et 254 enfants. Comme d'habitude, après leur accueil et exploitation par les autorités, leur installation est précédée d'une visite médicale, d'un enregistrement, d'une dotation en matériel de couchage et habillement, d'une prise en charge alimentaire. Ensuite débute leur réhabilitation au Centre.

Le centre régional DDR, visiblement très sollicité, a-t-il suffisamment d'espace pour accueillir la dernière vague d'ex-associés de Boko Haram ?

Evidemment, face aux redditions massives de ces derniers temps, la capacité d'accueil du centre de transit de Méri est devenue insuffisante, en dépit des récents aménagements et de la construction de trois grands dortoirs. Actuellement, tous les dortoirs sont saturés ; d'où l'importance du démarrage des travaux de construction du centre multifonctionnel à Mémé, prévu dans le budget du Comité national de désarment, démobilisation et réintégration (CNDDR) à hauteur d'un milliard de F. Malgré cette situation, et en attendant la construction de nouvelles infrastructures, le Centre sera toujours prêt à accueillir nos compatriotes qui répondent favorablement à l'offre de paix du chef de l'Etat, en déposant les armes.

Qu'est-ce qui est prévu pour faciliter leur réintégration dans la vie active, lorsque l'on sait que certains sont sans ressources, et parfois sans famille ?

Pour les aider à se préparer à la réintégration, ils doivent passer par la réhabilitation qui se déroule en ce moment au centre de transit de Méri. Elle porte sur : la prise en charge psychosociale de tous les pensionnaires ; l'éducation à la citoyenneté à travers les causeries relatives aux méfaits de l'extrémisme violent, le vivre ensemble, le respect de l'Etat et les institutions de la République, les méfaits de la consommation des stupéfiants ; les activités diverses, notamment la couture, la mécanique auto, l'agriculture, l'élevage, la maçonnerie, la menuiserie ; la scolarisation des enfants en âge scolaire et préscolaire par l'ouverture de deux salles de classe au sein du Centre, etc .

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