Afrique: Numérique - Chrysostome Nkoumbi-Samba édifie sur la cybersécurité par rapport à l'utilisation du logiciel Pegasus

Avec l'affaire Pegasus, une fois de plus, l'Afrique se réveille en se questionnant sur son devenir dans le nouveau monde qui se construit jour après jour, avec la consommation du numérique dans l'ensemble de nos activités quotidiennes. L'expert cybersécurité congolais porte sa réflexion sur ce logiciel.

À la question : le numérique en Afrique pour quoi faire ?, Chrysostome Nkoumbi-Samba répond que contrairement aux autres continents, l'Afrique reste muette dans sa globalité du fait de tous ces dirigeants actuels qui s'attèlent à régler les urgences du moment par des mécanismes datant des années des indépendances, laissant ainsi aux puissances étrangères le monopole d'expliquer ou d'apporter des éléments de réponses à une jeunesse africaine en quête de sens pour son avenir.

Il constate que, sur la forme, rien de spécial, et cela fait plus de 60 ans que cela perdure. Le continent africain se satisfait des slogans venus de l'extérieur : "l'Afrique est l'avenir du monde !". Sur le fond, le constat laisse une grosse amertume face à une grande passivité devant la non production de réalités endogènes.

Selon la cellule investigation de Radio France, partenaire du consortium créé par Forbidden Stories, il y aurait eu espionnage de journalistes, de militants ou de personnalités politiques. Dans cette affaire, l'expert met en avant les changements au sein de la société.

À son avis, la réponse réside dans la compréhension des usages de la technologie et de la manière dont sont mises en place les mesures respectant les droits fondamentaux destinés à l'amélioration des conditions de vie, c'est-à-dire de la production et de la préservation de la richesse.

Dans cette affaire, l'Afrique ne dénonce pas. Elle est certes victime collatérale mais aussi victime consentante par l'utilisation des outils numériques jusqu'au plus haut sommet des Etats. Par exemple, des réunions de conseils des ministres sont tenues par visioconférence sans la moindre prise en compte des risques que cela peut engendrer.

Aujourd'hui, constate-t-il également, la mise au grand jour de cette affaire et la procédure judiciaire qui en découle démontrent que le cyberespace n'est pas un espace de non droit. Cet espace représente notre avenir commun. Il doit être régulé dans un effort collectif international avec, à la clé, des milliers d'emplois pour la jeunesse dans le domaine de la lutte contre la cybercriminalité, la cybersécurité et enfin la cyberdéfense.

L'expert congolais conclut en ces termes : « Au sein de la plateforme Afrik@Cybersecurite, en appui du projet Cyberafriktour, nous accompagnons les Etats et les institutions en Afrique à se saisir des opportunités du numérique. Nous sommes en ce moment, au Congo Brazzaville, à la deuxième étape où nous travaillons en accord avec les autorités de tutelle, pour la "Digitalisation et cyber renseignement au service de l'Etat"».

Expert Cybersécurité - Sécurité Des Données

contact@afrikacybersecurite.org

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