Madagascar: Tentatives d'attentats - Une série d'arrestations

Andry Rajoelina, président de la Transition

La saga des tentatives d'attentats de hautes personnalités continue. Des individus dont la cible serait le président de la République ont été arrêtés, mardi.

Atteinte à la sûreté de l'État. Tel est le chef d'inculpation retenu contre des individus appréhendés, mardi, selon Berthine Razafiarivony, procureure générale de la Cour d'appel d'Antananarivo.

Il est 19 heures, hier, lorsque les journalistes reçoivent une invitation pour une déclaration de la procureure générale de la Cour d'appel, à son bureau, à Anosy, trente minutes après. Une fois sur place, la boss du parquet général d'Antananarivo annonce l'arrestation de «plusieurs ressortissants malgaches et étrangers pour atteinte à la sûreté de l'État». Il s'agit de la première intervention médiatique de Berthine Razafiarivony, depuis sa prestation de serment, en février.

Le sujet que la procureure générale a abordé devant la presse, hier, est hautement délicat. Un niveau de sensibilité qui l'a amené à monter au front, si d'habitude, les forces de l'ordre grillent la politesse à la Justice, pour ce genre d'annonces. Selon ses dires, les personnes interpellées, mardi, «ont échafaudé un plan d'élimination et de neutralisation de diverses personnalités malgaches, dont le président de la République en première ligne».

La magistrate Razafiarivony a, toutefois, refusé d'en dire plus. En réponse aux journalistes, elle réplique juste que l'enquête est en cours. Que le parquet général s'assurera que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Et qu'étant donné que c'est la vie du Chef de l'État qui est en jeu, une discrétion est de rigueur sur le sujet. Même l'entité qui a procédé à l'arrestation de mardi, n'a pas été indiquée. Pareillement, pour le lieu de leur garde-à-vue.

Anciens militaires

À entendre la déclaration d'hier, à Anosy, toutefois, l'arrestation de mardi est, visiblement, une nouvelle étape dans l'enquête sur les tentatives d'attentats déjoués contre des ministres, avant la fête nationale. Cette fois-ci, cependant, c'est le sommet de l'État qui est ciblé, selon les mots de la procureure générale de la Cour d'appel d'Antananarivo.

Outre la cible, la nationalité des accusés renforce le caractère sensible de l'affaire. Selon les informations, l'un des personnes appréhendées, mardi, à la nationalité malgache et française. Il s'agirait d'un certain Paul Maillot Rafanoharana. Ces derniers temps, son nom se chuchote dans les lobbyings pour le poste de Premier ministre. À s'en tenir à des publications de l'époque, cet homme aurait été dans le cercle des collaborateurs du président Andry Rajoelina, au temps de la Transition.

Reconverti en entrepreneur, Paul Maillot Rafanoharana est un ancien officier de la gendarmerie française. Sortant de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr, il aurait été instructeur militaire. Un autre militaire français fait partie des personnes arrêtées, mardi. Il se nommerait Philippe Marc François, ancien colonel de l'armée française. Ayant eu une formation commando, des sources avisées qu'il aurait déjà servi au Tchad et aurait été présent en Côte d'Ivoire, au moment où le pays traversait des troubles politiques.

«Des alliés étrangers», auraient contribué à la collecte de renseignements ayant conduit à l'arrestation de mardi, selon des sources proches du dossier. L'information annoncée, hier, fait face aux réserves du public sur les réseaux sociaux. Après le présumé assassinat du Président tchadien, celui d'Haïti et la présumée tentative d'assassinat du Président malien, les autorités prennent, toutefois, au sérieux les menaces sur le président Rajoelina.

Plus de: L'Express de Madagascar

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