Congo-Kinshasa: Leadership national congolais de progrès - Les révélations du débat sur le Projet de Loi Tshiani

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.

Aimé Césaire : "Discours sur le colonialisme" (1950)

Publié le 12 août 2009 (modifié le 2 août 2019)

Les Congolais sont-ils capables de mettre fin à la Tragédie ; de préserver l'indépendance et la souveraineté nationale ; de faire de leur pays un Etat, un Etat de droit et un Etat de droit démocratique moderne et prospère ; de permettre au Congo de devenir effectivement l'un des Géants d'Afrique et du Monde et de réaliser par conséquent :

Son destin national :

Devenir un pays émergent et l'un des pays les plus prospères et les plus développés du Monde (Le pays regorge de ressources immenses et de potentialités considérables) ;

Son destin africain :

Un pays a la mission naturelle d'être l'épicentre de la diffusion du progrès à travers toute l'Afrique (Cfr. : sa position multi géostratégique au cœur de l'Afrique, sa superficie, nombre des pays frontaliers, point d'intersection entre plusieurs Afriques, point d'intersection entre plusieurs courants idéologiques qui ont traversé et marqué l'Afrique, ses ressources naturelles et ses potentialités, appartenance à plusieurs organisations africaines... ) ;

Son destin mondial :

Devenir incontournable dans la prise des décisions sur la Marche du Monde et d'apporter une contribution substantielle au Monde pour lui permettre d'affronter les enjeux mondiaux et de relever les défis auxquels l'Humanité se trouve confrontée.

Le Congo a joué ce rôle dans le passé, notamment par le fait d'avoir été à la base du point culminant de l'essor de la Belgique et du point culminant de l'hégémonie de l'Europe dans le Monde en 1906 grâce notamment à 4 entreprises installées au Congo (Société Générale, Groupe Empain, Groupe Unilever, Groupe Bruxelles Lambert; fourniture de l'uranium qui a servi à fabriquer la bombe atomique et à mettre ainsi en échec l'Allemagne nazie, permettre à la Belgique de sortir de la 2ème Guerre Mondiale sans dette ; contribuer à réaliser le Plan Marshall après la 2ème Guerre Mondiale ; aider les industries de haute technologie à progresser et à fleurir grâce aux minerais critiques, minerais stratégiques et des terres rares

Plusieurs raisons nous permettent d'en douter. Il suffit de nous concentrer sur ce que le débat actuel nous a révélé :

L'ampleur de l'infiltration et de la complicité de certains congolais

Le Combat pour préserver l'indépendance et la souveraineté de notre Pays n'est pas facile ; il exige de nous tous plus de volonté, de conviction, de détermination, de courage, de bravoure et d'héroïsme car nombreux sont ceux qui, à l'intérieur (les infiltrés et leurs complices congolais) et à l'extérieur (leurs Maîtres) de notre Pays, sont décidés à supprimer notre indépendance et notre souveraineté pour s'approprier nos ressources naturelles et nos terres.

Pour eux, la RDC doit demeurer ce que la Conférence de Berlin (15 novembre 1884 - 26 février 1885) en avait fait : « une terre qui n'appartient à personne ; un espace politiquement tampon (neutre) géré par un pion de Grandes Puissances et imposé de l'extérieur, et un espace commercial ouvert à tous ».

Les tenants de cette position considèrent les Congolais autochtones, comme des êtres primitifs, paresseux, mendiants, encombrants et obstacles à la réalisation de leur objectif ; un bois mort, un fardeau et un poids que l'Humanité doit traîner, porter et faire vivre avec des aides extérieures ; des êtres inutiles qui n'apportent rien de positif à la Marche du Monde vers la Culture, la Civilisation et le Progrès.

C'est ainsi que ceux qui pensaient que le Projet de Loi Tshiani pour la sauvegarde de la souveraineté nationale est si normal, si judicieux et si clair qu'il sera automatiquement approuvé par tous les Congolais et immédiatement adopté par les Députés se sont trompés.

Ils doivent reconnaître la première révélation ci-après issue du débat sur le projet de Loi Tshiani :

L'ampleur de l'infiltration dans notre Maison à l'intérieur de laquelle se déroule le débat : les ennemis sont déjà à l'intérieur de la Maison et ils sont nombreux. Ils comptent même plusieurs complices parmi les enfants de la Maison. Certains complices vivent accrochés aux mamelles nourricières des ennemis ; les autres complices sont déracinés, aliénés, faibles de caractère et de personnalité, facilement corruptibles, manipulables, malléables et transformables en esclaves de maison. A leur tour, ils forment autour d'eux des esclaves de champ par les liens familiaux, ethniques, tribaux, provinciaux et amicaux et par la corruption : c'est la Pyramide de domination sociale (Cfr. : Etienne de la Boétie, « Discours sur la servitude volontaire»).

A part les infiltrés et leurs complices, il y a des compatriotes dont l'un des parents est étranger. Nos ennemis poussent la mauvaise foi et le cynisme jusqu'à nier que la loyauté à 100% de ces compatriotes en faveur de la sauvegarde des intérêts vitaux de notre Pays sera mise à rude épreuve si notre Pays est en conflit et même en guerre avec un pays dont l'un des parents de ces compatriotes est originaire. Ils seront mis devant un choix cornélien et déchirés entre la sauvegarde des intérêts vitaux de la RDC et les intérêts vitaux du pays dont l'un de leurs parents est originaire. La situation sera extrêmement grave si ces compatriotes occupent la Fonction du Président de la République (le Premier Garant de la Nation) ; les fonctions stratégiques et les fonctions régaliennes.

Sans traitement approprié, un processus pathologique ne se met jamais en berne

Sans traitement approprié et immédiat, un processus pathologique qui a commencé dans un organisme vivant ne s'arrête pas, ne fait pas de trêve ; il se poursuit ; il devient chaque plus virulent et potentialise au fur et à mesure sa capacité de nuisance et de destruction ; il provoque la dégradation de l'organisme victime, sa dégénérescence, sa déstructuration et sa mort. Sans traitement approprié et immédiat, la Tragédie congolaise ira en s'aggravant in crescendo et finira par faire disparaître notre Peuple et notre Pays.

Les ennemis proposent qu'au nom de l'unité et de la cohésion nationale, il faut garder le statu quo.

A l'époque de Mobutu, nous avions connu l'unité, la cohésion nationale et l'unanimisme parfait. Tous les Zaïrois, y compris les bébés et les fœtus, étaient des militantes et des militants du MPR Parti-Etat. A travers tout le pays, il n'y avait qu'une seule idéologie, une seule vision : le Mobutisme (paroles, pensées, actes et enseignements du Guide).

Quel a été le résultat ?

Le Peuple congolais avait clairement exprimé, lors des Consultations populaires de janvier - février 1990 son dégoût et son rejet absolu et irréversible contre Mobutu, ses adeptes et tous les organes du MPR Parti-Etat ; Mobutu lui-même avait, dans son Discours du 24 avril 1990, tiré toutes les conséquences des Consultations ci-haut citées et avait aboli le MPR Parti - Etat et son rôle dirigeant, en avait fait un fait privé et instauré le pluralisme politique et syndical. Il s'était déjà retiré de Kinshasa et résidait à Gbadolite.

Pendant le déroulement des Travaux de la CNS, l'option avait été prise de faire du Congo un nouveau Congo tant au niveau de la vision, de la constitution, de toutes les institutions du pays et leurs animateurs. Le profil des dirigeants a été défini et la Déclaration de l'Ethique adoptée.

C'est alors qu'ont surgi, au sein de l'Elite congolaise, les érudits, les sages, les bien-pensants, les illuminés et les tenants de la thèse de la paix, de l'unité et de la cohésion nationale. Ils ont d'abord infiltré et phagocyté l'Opposition dès la fin du Discours le 24 avril 1990 et ils ont formé l'Union Sacré. Cette stratégie a payé pour eux.

Ayant fragilisé l'Opposition à partir de l'intérieur et éteint progressivement l'élan, la flamme et la dynamique du Changement dont l'Opposition était l'Ame, le Porte-étendard et le Catalyseur, ils ont suggéré et obtenu les négociations et la signature, le 30 juillet 1992, d'un Compromis politique entre Mobutu et les Forces acquises au Changement.

Grâce à ce Compromis, la Transition devait être neutre (blocage du Changement) ; Mobutu devait revenir au pouvoir et assumait la Présidence de la République pendant la Transition (blocage du Changement); ses adeptes devaient se retrouver dans le Gouvernement plébiscité par la CNS et dont le Premier Ministre était M. Etienne Tshisekedi (Blocage du Changement).

Ce dernier, soutenu par nombreux Cadres de l'UDPS de la Diaspora, s'était montré très méfiant envers les mobutistes et avait catégoriquement rejeté l'idée de l'Union Sacrée et du Compromis politique avec Mobutu. Il fut attaqué de toutes parts et considéré comme un orgueilleux... Il finit, hélas, par céder.

La suite est connue : Mobutu et ses adeptes, disposant des instruments du pouvoir, perpétrèrent un nième coup d'état militaire le 1er décembre 1992 ; bloquèrent l'application des Résolutions de la CNS et le fonctionnement du Gouvernement d'Etienne Tshisekedi plébiscité par la CNS ; mirent en place le gouvernement Birindwa et prolongèrent la tyrannie jusqu'à l'arrivée de l'AFDL le 17 mai 1997.

Aujourd'hui, il n'y a ni pays, ni peuple, ni unité, ni cohésion nationale

Nous sommes devant un territoire non délimité par des frontières étanches et inviolables ; sans l'autorité de l'Etat présente et respectée sur tout le territoire ; sans l'intégrité territoriale ; sans paix ni sécurité pour la population ; nous sommes dans une jungle.

Nous nous trouvons, non devant un seul peuple uni et ayant une vie réelle de cohésion nationale : nous sommes plutôt devant un amas, un agrégat de familles, de clans, de tribus et de provinces juxtaposées les unes à côté des autres ; ils se haïssant, se menacent, s'entredéchirent et sont prêts à déclencher des conflits sanglants les uns contre les autres. Ils soutiennent ou haïssent un leader sur base de son appartenance familiale, clanique, ethnique, tribale et provinciale et non sur base de son profil, de sa vision, de son projet de société, de son bilan...

La véritable unité et cohésion nationales se forgent et se soudent autour de la conscience nationale, d'une même identité, d'une même histoire vécue, de l'enracinement dans nos terres et dans nos traditions, nos valeurs philosophiques, morales, culturelles, politiques, sociales, spirituelles et écologiques ; d'une même vision de progrès, d'un même projet de société, des idéaux, du patriotisme, des mêmes causes nobles et justes, du patriotisme... que tous les citoyens incarnent et intériorisent.

La véritable unité et cohésion nationales se forgent autour de la citoyenneté dans un peuple (le peuple a une conscience aiguë d'appartenir à une collectivité politique locale, provinciale et nationale envers laquelle il a des devoirs, des droits et des responsabilités ; le peuple doit être considéré comme la Source de légitimité du pouvoir, de son organisation, de son fonctionnement et de son exercice ; le peuple doit participer au débat démocratique sur toutes les questions d'intérêt général.

Et les dirigeants doivent se conformer à l'une des idées-clé suivante de la démocratie : Un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple (Abraham Lincoln).

A suivre...

20.07.2021

Pour le Leadership National Congolais de Progrès

Dr François Tshipamba Mpuila (GSM et Whatsapp : +32-493-325-104)

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