Afrique de l'Ouest: Sahel - La force européenne Takuba va jouer un rôle central dans la lutte contre les jihadistes

Après la réduction prévue de la présence militaire française au Sahel, la « task force » Takuba, unité de forces spéciales européennes chargée d'accompagner l'armée malienne au combat face aux jihadistes, occupera une place de premier plan dans le dispositif antiterroriste. Un partage de fardeau bienvenu pour Paris, qui se prépare à réduire ses effectifs militaires dans la zone après huit ans de présence.

Outre la France qui a initié ce groupement, Takuba regroupe déjà des forces en provenance de Belgique, d'Estonie, d'Italie, des Pays-Bas, de la République tchèque, du Portugal et de Suède, qui a envoyé quelque 150 soldats début 2021. La Roumanie s'est aussi engagée à y participer, ainsi que le Danemark qui a promis une centaine d'hommes pour 2022. La Norvège a, quant à elle, proposé d'envoyer deux officiers au quartier général de la force Takuba.

« La situation au Mali est extrêmement difficile. C'est dans ces moments-là qu'une présence internationale revêt de la valeur », fait valoir le ministre norvégien de la Défense, Frank Bakke-Jensen, cité par un communiqué. Faute d'un soutien politique suffisant au Parlement, Oslo avait repoussé l'an dernier une demande française de contribution militaire à Takuba.

En ce qui concerne le déploiement de 45 soldats roumains, leur arrivée est prévue au quatrième trimestre 2021. « Cela renforcera la visibilité internationale de notre pays », souligne un rapport officiel qui évoque également « d'importants bénéfices dans la relation avec la France ». « Merci à nos amis roumains pour leur engagement », réagit dans un tweet la ministre française des Armées, Florence Parly.

Hormis l'opération Takuba qui rassemble aujourd'hui 600 soldats dont la moitié sont des Français, les Etats-Unis entendent aussi jouer un rôle très important dans la lutte contre le jihadisme au Sahel. C'est pour cela que les autorités américaines et françaises ne veulent pas abandonner leurs efforts en matière de contre-terrorisme. A cet effet, les deux parties viennent de procéder à la signature d'une convention pour renforcer la coopération de leurs forces spéciales.

La France ne va pas ralentir ses opérations de contre-terrorisme

Ce raffermissement de la coopération bilatérale intervient au moment où la France envisage de commencer à fermer ses bases dans le nord du Mali, plus précisément au second semestre de cette année, dans le cadre de la réduction annoncée de sa présence militaire au Sahel. Et sur les 5.100 soldats français actuellement présents, après plus de huit ans d'engagement massif, des sommes colossales englouties, Paris devra maintenir à terme entre 2.500 à 3.000 hommes dans la région. Selon Emmanuel Macron, leur mission principale doit porter sur « la neutralisation et la désorganisation du haut commandement des deux organisations ennemies », ainsi que « l'appui à la montée en puissance des armées de la région ». Ce dispositif s'appuiera sur « des forces spéciales structurées autour de Takuba (... ) et des forces africaines, européennes, internationales », selon le président français.

Pour la ministre française des Armées, Florence Parly, « cette transformation ne signifie pas le départ du Sahel », ni que Paris va ralentir ses opérations de contre-terrorisme dans la région. « Nous avons collectivement, nous Européens, une responsabilité de sécuriser le flanc sud de l'Europe. Il est essentiel de ne pas permettre que le Sahel et plus largement l'Afrique deviennent une zone refuge et d'expansion pour ces groupes terroristes affiliés à Daech (l'acronyme arabe de l'EI) et Al Qaïda », juge-t-elle. « La France reste pleinement engagée, avec ses alliés européens et américains, aux côtés des pays sahéliens et des missions internationales », pour combattre les groupes jihadistes qui sévissent au Sahel, assure le ministère des Armées dans un communiqué.

Florence Parly pense que les forces armées sahéliennes sont désormais « en mesure de faire face à leurs ennemis » puisque les Européens sont présents à leur côté, notamment au sein du groupement de forces spéciales Takuba. « Nous sommes de plus en plus en partenariat avec les forces armées sahéliennes que nous avons d'abord formées » via la mission européenne EUTM, « que nous avons entraînées, et avec lesquelles nous avons de plus en plus combattu », poursuit-elle.

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