Burkina Faso: Gendarmerie nationale - Un équipement de 6,5 milliards pour les pandores

L'Union européenne, à travers le projet GARSI (Groupe d'action rapide, de surveillance et d'intervention), a procédé à une remise d'équipements et de matériel à la gendarmerie nationale le jeudi 22 juillet 2021 au camp Paspanga de Ouagadougou.

Ces acquis étaient essentiellement composés de pick-up, d'ambulances, de motos, de gilets pare-balles et de drones. D'une valeur de 10,5 millions d'euros, cette donation a été réceptionnée par le ministre de la Sécurité, Maxime Koné.

Le projet GARSI a vu le jour en 2017, au départ sous forme de programme régional mis en œuvre dans 5 pays du G5 Sahel ainsi qu'au Sénégal et qui est le fruit d'un partenariat réussi entre les gendarmeries nationales de ces pays et celles de 5 Etats membres de l'UE : il s'agit de la Guardia Civil espagnole, de la gendarmerie française, de la Guardia Nacional Republicana portugaise et de l'armée des carabiniers italienne. Il s'inscrit pleinement dans la logique d'engagement de l'Union européenne dans la politique de sécurité intérieure du Burkina Faso.

Il vise à appuyer les efforts des autorités dans le renforcement du maillage sécuritaire grâce à la création et au déploiement sur le terrain d'unités robustes, mobiles et polyvalentes de la gendarmerie nationale. Son objectif est aussi d'optimiser les capacités opérationnelles de ces unités afin de leur permettre d'accomplir leurs missions de sécurisation, de contrôle du territoire et de protection des populations, avec une attention particulière portée aux zones frontalières. Il s'agit également d'arriver à une lutte plus efficace contre les réseaux terroristes et la criminalité organisée.

L'ambassadeur chef de la délégation de l'UE, Wolfram Vetter, a rappelé que les deux premières unités GARSI ont été déployées en mai 2019 à Toeni et à Barani à la frontière avec le Mali. Par conséquent, leur présence et leur action ont débouché sur des résultats concrets et visibles, comme en témoignent le nombre d'arrestations de membres des groupes terroristes, les saisies de matériel (véhicules, motos, armement, etc.) ou la neutralisation d'engins explosifs improvisés, qui ont très souvent fait de nombreuses victimes aussi bien du côté des populations civiles que des forces de sécurité. De plus, il a soutenu que l'actuelle seconde phase du projet se traduira par le déploiement de deux nouvelles unités opérationnelles à Mangodara, dans la région des Cascades, et à Iolonioro, au Sud-Ouest, ainsi que le renforcement en effectifs des unités déjà existantes de Toeni et de Barani.

Pour Wolfram Vetter, la sécurisation des territoires n'est pas seulement une question de renforcement des capacités d'intervention et de la réponse face à l'urgence sécuritaire. « La cohésion sociale et le lien de confiance avec les populations locales sont des facteurs essentiels à la présence et à la légitimité de l'Etat, à la stabilisation et à une paix durable. La fourniture effective des services sociaux de base est aussi une attente légitime des populations », a-t-il précisé.

Pour sa part, le ministre de la Sécurité, Maxime Koné, a profité de l'occasion pour exprimer sa gratitude au chef suprême des armées, Son Excellence Roch Marc Christian Kaboré, et aux partenaires de l'Union européenne pour ce don. Pour lui, ce geste constitue un motif de satisfaction non seulement pour le gouvernement mais surtout pour la population.

Aussi, la pertinence de ce projet n'est plus à démontrer. «A partir de l'expérience réussie de Barani et de Toeni, nous avons eu la conviction que nous devons poursuivre dans cette perspective pour que de manière substantielle la sécurité soit améliorée dans notre pays au profit des populations», a-t-il affirmé. Par ailleurs, il a informé le public que ce n'est pas seulement l'action militaire qui va améliorer la situation sécuritaire du pays. De ce fait, il a proposé de mettre en place une coordination globale en tenant compte de tous les éléments susceptibles d'apporter la paix.

« Après l'action militaire, il faudra rapidement articuler le retour des services sociaux de base aux populations. Cela va leur permettre de rester sur leur terroir», a signifié le ministre Koné.

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