Madagascar: Attentat contre le président Andry Rajoelina - Un milliard d'ariary et des armes de guerre saisis à Ambohitrarahaba

Andry Rajoelina, président de la Transition

Le conseiller spécial du président de la République, Patrick Rajoelina affirme qu'il y a eu des aveux.

Des détails à propos du projet d'attentat contre le président Andry Rajoelina commencent à émerger. Hier, le ministre de la Sécurité publique, le Contrôleur général de police Fanomezantsoa Rodelys Randrianarison a annoncé qu'une forte somme d'argent, des armes de guerre, des munitions et des documents compromettants ont été saisis lors des perquisitions. Tenu par le secret de l'instruction, le MSP se défend de révéler des détails. Mais grâce à d'autres sources, nous avons pu obtenir plus d'informations. Notamment à travers la déclaration hier soir de Patrick Rajoelina, conseiller spécial du président de la République en charge de la Diplomatie et des Relations internationales, qui a annoncé lors de son intervention sur France 24 qu'il y a eu des aveux de la part des personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire. A l'entendre, les services de renseignements malgaches et ceux d'autres pays amis à travers le monde nous ont alertés depuis un an des agissements de certaines personnes dont les deux Français qui ont été interpellés.

5 millions d'euros. Concernant les preuves matérielles annoncées par la procureure générale auprès de la Cour d'Appel d'Antananarivo, Patrick Rajoelina affirme que les perquisitions menées au domicile de ces individus ont permis la découverte de plusieurs documents dont des échanges de mails qu'ils ont eu avec d'éventuels financiers. Le conseiller spécial du président de la République a notamment cité des compagnies d'extraction pétrolières, de grandes firmes internationales opérant à Madagascar dont l'éventuelle implication a été confirmée par des échanges de mails avec les commandos. En effet, selon une source proche du dossier, une demande de financement a été faite auprès des investisseurs pour financer ce projet de coup d'Etat. Un montant total de 5 millions d'euros aurait été demandé pour financer l'opération. Ces investisseurs auraient en retour obtenu une promesse relative à la sécurisation de leurs investissements à Madagascar. Une partie de cette somme, l'équivalent de 250.000 euros (soit environ un milliard d'ariary) aurait été découverte au domicile d'un couple franco-malgache à Ambohitrarahaba. Il s'agit de l'un des officiers français interpellés mardi soir. Lors de la perquisition, l'épouse de ce dernier a reconnu les faits en affirmant qu'elle a reçu cette forte somme d'argent déposée par une personne qu'elle ne connait même pas. Des armes à feu, plusieurs munitions et des documents y ont également été saisis.

Officiers supérieurs malgaches. Outre les échanges de mails, les enquêteurs disposent aussi d'autres documents considérés comme des preuves matérielles confirmant la préparation d'un coup d'Etat et d'un attentat contre le président Andry Rajoelina. Actuellement, l'enquête suit son cours. Selon une source bien informée, les arrestations et les perquisitions vont se poursuivre dans les jours qui viennent. Notre source a aussi révélé l'existence de quelques officiers supérieurs malgaches soupçonnés d'être impliqués dans cette affaire. Patrick Rajoelina l'a d'ailleurs confirmé durant son intervention sur France 24. Ces officiers auraient également été arrêtés et sont actuellement auditionnés par la brigade criminelle. Parmi eux figureraient des personnes qui occupent des postes à responsabilités. Nous aurons certainement des informations plus précises sur leurs fonctions et leurs identités dans les prochaines heures. Notre interlocuteur a simplement laissé entendre que ce projet d'attentat impliquait un large groupe d'individus dans les rangs des forces de l'ordre.

Cerveau. En tout cas, on a appris que du côté de la Présidence de la République, des mesures ont été prises pour renforcer la sécurité du président. Faut-il rappeler qu'à Haïti, la garde présidentielle a déjà déjoué un premier attentat contre le président Jovenel Moïse au mois de février dernier mais cela n'a pas empêché les commandos de toucher leur cible lors d'un nouveau raid mené le 7 juillet dernier dans sa résidence privée. Pour le moment, le cerveau de ce projet d'attentat contre Andry Rajoelina reste inconnu. Il reste à savoir si les enquêteurs parviendront à remonter jusqu'aux véritables instigateurs. A qui profite le crime ? C'est la question qui se pose. Du côté de la Police nationale, l'on affirme que toutes les pistes vont être explorées et rien ne sera laissé au hasard. D'après les informations, les enquêteurs s'intéresseraient aussi aux membres du RMDM diaspora qui étaient les premiers à avoir publié des photos sur Facebook, juste après l'arrestation des deux officiers français, et bien avant la déclaration de la procureure générale de la Cour d'Appel, Berthine Razafiarivony. Les membres de cette organisation ont même accusé la Police nationale de commettre un enlèvement. Histoire à suivre.

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