Madagascar: Projet d'attentat contre le président Andry Rajoelina - Des armes de guerre, des devises et des documents compromettant saisis

Andry Rajoelina, président de la Transition

Ayant fait du bruit et provoqué la stupéfaction de l'ensemble de la population malgache, le démantèlement d'un groupe de personnes tend à confirmer le projet d'assassinat à l'encontre du président de la République Andry Rajoelina. Cela s'explique par les déclarations faites par les autorités proches de l'enquête liée à cette affaire.

En réalité, celle-ci aurait dû rester un secret d'Etat, mais elle a été dévoilée au grand jour à la suite de la déclaration officielle du procureur général auprès de la Cour suprême, Berthine Razafiarivony, annonçant l'arrestation des personnes soupçonnées. Devant la presse, cette autorité de la haute instance judiciaire du pays a bel et bien cité le nom des personnes présumées être impliquées dans cette tentative d'assassinat du président de la République et d'autres hautes personnalités de l'Etat.

Pourtant, elle s'est abstenue de donner des précisions et des détails concernant ces personnes arrêtées et comment elles ont été arrêtées. Elle s'est contentée de dire qu'elle était soumise au respect du secret de l'enquête et de l'instruction. Des questions se posent alors autour de cette affaire, d'autant plus qu'il est dit que des ressortissants étrangers reconnus comme étant des mercenaires y sont impliqués. Hier, le ministre de la Sécurité publique, le contrôleur général de Police Fanomezantsoa Randrianarison a brisé le silence pour apporter plus de précisions sur ce sujet, en marge d'un point de presse dédié à la célébration du 60e anniversaire de la création de la Police nationale malgache, qui s'est tenue au camp Berthin Razafindrazaka à Antanimora.

Six personnes arrêtées. Le ministre a affirmé qu'actuellement six suspects ont été arrêtés et mis en garde à vue pour enquête. D'après lui, la police nationale a procédé à l'arrestation de ces suspects après une longue enquête et des investigations menées, depuis des mois, par les différents services de renseignements existant dans le pays. En effet, la police a décidé de procéder aux arrestations des suspects, le 20 juillet 2021 après avoir rassemblé les preuves nécessaires. L'opération a été effectuée en une journée et à des endroits différents. Des documents compromettants, de la liquidité ainsi que des armes ont été saisis durant les perquisitions de leurs domiciles.

Parmi les six personnes arrêtées figurent un ressortissant étranger de nationalité française, deux Malgaches bénéficiant de la nationalité française ainsi que quelques individus de nationalité malgache. Comme il a déjà été rapporté dans les médias, le ressortissant français présumé à la tête de ce groupe de mercenaires est un officier supérieur de la gendarmerie française. Il est arrivé à Madagascar en tant qu'investisseur en créant une société commerciale dans le pays en décembre 2020. Le deuxième a déjà servi en tant qu'officier supérieur parachutiste auprès de l'armée française et a travaillé dans l'entreprise fondée par le premier en tant que gestionnaire. Ces deux individus sont alors les présumés cerveaux de cet attentat déjoué. Ils se sont ainsi fait passer pour des investisseurs pour monter leur plan mais le problème est de savoir comment ont-ils fait pour entrer dans le pays ?

Défense des institutions. Le ministre Fanomezantsoa Randrianarison a révélé ces informations concernant cette affaire d'attentat contre le président de la République Rajoelina pour apporter quelques précisions sur les missions et les raisons d'être de la police nationale. À part la protection de la population, la défense des institutions de la République constitue le premier serment que les policiers doivent prêter dès leur intégration dans ce métier. Il affirme que la police agit toujours dans le respect de la loi et les arrestations de ces suspects ont été exécutées selon la loi.

Il l'a souligné pour répliquer aux différentes rumeurs et accusations portées à l'encontre de la police nationale, publiées sur les réseaux sociaux concernant cette affaire. Tenant fermement à ce principe de base, la police nationale a choisi comme slogan pour la célébration de la date du 30 septembre, 60e anniversaire de sa création le thème : « Polisim-pirenena miaro sy manampy ny vahoaka ». Hier, le lancement de la célébration de cette date a été tenu au cercle messe de la police à Antanimora.

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