Afrique du Sud: MSF soutient les communautés et les centres de santé après les violences

communiqué de presse

Après la semaine d'émeutes qui a touché les provinces du KwaZulu-Natal et du Gauteng, de nombreuses personnes sont toujours affectées par des difficultés d'accès à la nourriture ou aux soins de santé. Les équipes MSF interviennent en soutien aux services d'urgence de certains hôpitaux et dans le bidonville de Briardene à Durban.

Plus de 270 personnes auraient été tuées lors des émeutes et des pillages qui ont eu lieu à partir du 9 juillet dans la province du KwaZulu-Natal, où se situe la ville de Durban, et dans celle du Gauteng, où se trouvent Pretoria et Johannesburg, respectivement capitales administrative et économique du pays. Ces violences ont perturbé l'accès aux services de santé, à la nourriture, au carburant et aux produits essentiels.

Des milliers de magasins et de centres commerciaux ont en effet été incendiés et pillés. On dénombre également près de 90 pharmacies détruites ou endommagées, comme quelques centres médicaux. Des inégalités structurelles, des niveaux élevés de pauvreté, un taux de chômage de plus de 30 % et les retombées économiques dévastatrices d'une année de fermetures successives dues à la covid-19 ont contribué à exacerber l'exaspération et le désespoir de millions de Sud-Africains.

Pendant les émeutes, certains hôpitaux et centres de santé ont été contraints de fermer tandis que d'autres étaient inaccessibles au personnel soignant ou aux patients. Dans de nombreux hôpitaux, les services d'urgence se sont retrouvés en manque de personnel alors qu'ils étaient submergés par un nombre important de patients victimes de blessures traumatiques.

« Médecins Sans Frontières a lancé une intervention d'urgence pour apporter un soutien aux communautés et aux établissements de santé touchés par la violence », détaille Philip Aruna, chef de l'équipe de support en Afrique australe chez MSF.

À Johannesburg, les équipes MSF ont réalisé des évaluations dans plusieurs zones touchées et ont fourni un soutien au personnel soignant pour prendre en charge les personnes victimes de blessures, dans les services d'urgence d'une clinique du township d'Alexandra et d'un hôpital de Vosloorus.

« Notre objectif était de permettre à ces services, débordés face au nombre de patients à traiter, de mieux prendre en charge les victimes de blessures traumatiques, explique Philip Aruna. Certains membres du personnel soignant de ces structures de santé ne pouvaient même pas arriver jusqu'à leur lieu de travail. »

Dans la province du KwaZulu-Natal, à Pietermaritzburg, MSF a prêté des concentrateurs d'oxygène à un hôpital pour s'assurer que les patients atteints de formes sévères de la covid-19 soient correctement pris en charge.

À Durban, les équipes de MSF apportent également un soutien aux populations du bidonville de Briardene depuis le 18 juillet. « Environ 250 familles ont perdu leurs maisons et leurs biens dans les incendies qui ont ravagé le bidonville. Des mères et des jeunes enfants ont été forcés de dormir dehors et cette communauté avait des difficultés à trouver de la nourriture. De nombreuses personnes n'ont pas pu obtenir des soins médicaux en raison des conditions sécuritaires ou de la fermeture de certaines cliniques », explique Adeline Oliver, infirmière de l'équipe d'urgence MSF.

L'équipe MSF a installé une tente pour fournir un abri d'urgence dans le bidonville et a distribué 600 couvertures, 250 kits d'hygiène et d'autres produits de première nécessité. Une équipe médicale a offert des consultations et des soins de base.

« Trois des dix premiers patients que nous avons traités dans le bidonville de Durban présentaient des blessures dues aux émeutes, détaille Adeline Oliver. D'autres avaient inhalé des fumées toxiques alors qu'ils essayaient de récupérer des biens pendant l'incendie qui détruisait leur maison. »

Dans la province du KwaZulu-Natal, les activités MSF qui avaient dû cesser en raison des émeutes ont repris. Le projet dédié à la lutte contre le VIH/Sida et la tuberculose de Eshowe, ainsi que les activités liées à la covid-19 au sein de l'hôpital de Ngwelezana ont redemarré le 19 juillet.

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