Afrique: Déclaration des services du FMI à l'issue de leur mission au titre de l'article IV de 2021 pour la République du Congo

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Ces déclarations décrivent les observations préliminaires des services du FMI au terme d'une visite (ou «mission») officielle, le plus souvent dans un pays membre. Les missions sont effectuées dans le cadre des consultations périodiques (généralement annuelles) au titre de l'article IV des Statuts du FMI, d'une demande d'utilisation (emprunt) des ressources du FMI, des entretiens sur les programmes de référence ou d'une autre forme de suivi de l'évolution économique des pays membres.

Les autorités ont consenti à la publication de la présente déclaration. Les avis exprimés dans ces conclusions sont celles des services du FMI et ne représentent pas nécessairement celles du conseil d'administration. Sur la base des observations préliminaires de cette mission, les services du FMI établiront un rapport qui, sous réserve de l'approbation de la direction générale du FMI, sera soumis à l'examen et à la prise de décision de son conseil d'administration.

La reprise économique restera difficile à atteindre en 2021, car l'impulsion provoquée par le fort rebond des prix du pétrole a été largement atténuée par la faiblesse persistante de la production pétrolière, l'impact des mesures restrictives prises pour lutter contre la pandémie, la persistance des arriérés intérieurs et des faiblesses structurelles sous-jacentes.

Dans les années à venir, la reprise dans le secteur non pétrolier devrait progressivement s'accélérer mais les réformes structurelles visant à améliorer la gestion économique, la gouvernance, et le soutien à l'activité du secteur privé seront déterminantes pour la vigueur de la reprise.

La discipline budgétaire à moyen terme, l'utilisation accrue des financements concessionnels, et un soutien accru des partenaires au développement seront essentiels pour bâtir une croissance économique plus forte et plus résiliente.

Washington, DC : Une mission du Fonds monétaire international (FMI) conduite par Pritha Mitra a tenu des discussions de façon virtuelle avec les autorités congolaises du 14 au 21 juillet 2021 pour mener les consultations au titre de l'article IV de 2021.

À l'issue de la mission, Madame Mitra a fait la déclaration ci-après :

« La pandémie de la Covid-19 et la baisse des prix du pétrole qui s'en est suivie ont eu des conséquences importantes sur l'économie du Congo en 2020. En effet, les mesures de lutte contre la pandémie mises en œuvre-notamment le confinement des populations, la fermeture des frontières et des activités non essentielles, le couvre-feux et le respect de la distanciation sociale-aggravées par la baisse des prix du pétrole ainsi que de sa production, ont eu pour conséquence une contraction de 8,2 pour cent de l'économie en 2020.

« La reprise restera difficile à atteindre en 2021, avec une contraction de l'activité économique projetée à 0,2 pour cent. L'impulsion attendue du fort rebond des prix du pétrole est largement atténuée par la faiblesse persistante de la production pétrolière et le faible dynamisme du secteur non pétrolier de l'économie dues au maintien de certaines mesures restrictives prises pour lutter contre la pandémie, à la persistance des arriérés intérieurs, et aux faiblesses structurelles sous-jacentes. Toutefois, la vaccination qui a connu un démarrage lent, est en nette progression actuellement. L'inflation est modérée et devrait atteindre 2,0 pour cent en moyenne en 2021.

« Dans les années à venir, la reprise dans les secteurs non pétroliers devrait progressivement s'accélérer grâce aux efforts déployés par les autorités pour diversifier l'économie, stimuler l'intégration sociale et s'adapter au changement climatique. Des réformes structurelles visant à améliorer la gestion économique, la gouvernance, et le soutien à l'activité du secteur privé-y compris en améliorant son accès au financement ainsi que la hausse des dépenses dans les secteurs sociaux et dans les infrastructures-seront déterminantes pour renforcer la compétitivité extérieure du pays et la vigueur de la reprise économique.

« La politique budgétaire continue de viser à atteindre de manière conjointe des objectifs difficiles, notamment la lutte contre la pandémie, soutien essentiel à une reprise économique résiliente et une gestion prudente de la dette. À cette fin, le déficit primaire non-pétrolier devrait se creuser en 2021 à 17,2 pour cent du PIB hors pétrole, tiré par les dépenses sociales, les charges liées aux soins de santé (y compris la vaccination) et à l'éducation. Les réformes initiées en 2019, entraînant des réductions régulières des transferts liés au pétrole, notamment ceux en faveur de la raffinerie et de la Centrale Electrique du Congo (CEC), se poursuivent. Dans le même ordre d'idées, la mise en œuvre des mesures d'amélioration des recettes intérieures-telles que l'introduction des paiements électroniques et l'élargissement de l'assiette fiscale-va être renforcée, afin d'améliorer les recettes non pétrolières en dépit de la contraction de l'économie. Les rentrées de recettes pétrolières supplémentaires contribuent à financer le déficit et rembourser les arriérés intérieurs et la dette extérieure, y compris les prêts commerciaux externes récemment restructurés.

« Les autorités sont encouragées à continuer de remédier aux importantes vulnérabilités de la dette par le renforcement des capacités de gestion de la dette et le règlement des arriérés de paiements extérieurs. Ces efforts, associés à la hausse des prix du pétrole et à l'allègement du service de la dette dans le cadre de la ISSD du G20, contribueraient à réduire le fardeau de la dette.

« Dans ce contexte, les autorités sont invitées à poursuivre la discipline budgétaire à moyen terme. Les réformes budgétaires récemment mises en œuvre continueraient de soutenir une réduction progressive des déficits budgétaires non-pétroliers. En outre, ces efforts budgétaires devraient être renforcés par l'élimination progressive des subventions à la raffinerie nationale et par l'amélioration de la facturation et du recouvrement de la consommation d'électricité en vue de couvrir ses coûts de production-tout en préservant l'aide sociale an bénéfice des plus pauvres-formuler un plan de règlement réaliste des arriérés intérieurs restants, et améliorer la gestion des investissements publics. Par ailleurs, le recours exclusif aux financements extérieurs à des conditions concessionnelles sera crucial pour contenir l'endettement du pays. Ces mesures supplémentaires, associées à un soutien accru des partenaires au développement, réduiraient non seulement les vulnérabilités budgétaires, mais augmenteraient également les marges de manœuvre budgétaires pour accélérer les investissements dans les infrastructures, les capacités de production et la mise en œuvre des réformes nécessaires pour réduire la pauvreté et impulser une reprise économique plus forte et plus résiliente.

« La mise en œuvre des réformes structurelles avance mais lentement. Au cours des prochains mois, les autorités ont l'intention de finaliser l'audit des arriérés intérieurs pour 2017-18 et soumettre au Parlement des modifications à la loi sur la lutte contre la corruption et la nouvelle législation réformant la Cour des comptes. Les autorités sont encouragées à poursuivre le renforcement de la gestion des finances publiques par une étroite surveillance des dépenses, un audit des dépenses liées à la pandémie, et la collecte précise et centralisée des recettes pétrolières et non pétrolières, en bénéficiant des gains d'efficacité et de transparence à instaurer dans la gestion des ressources publiques.

« La mission a rencontré le Ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille Public, M. Rigobert Roger Andely, la Ministre de l'Economie, du Plan, de la Statistique et de l'Intégration Régionale, Mme Ghislaine Ingrid Ebouka Babackas, la Ministre de l'Environnement, du Développement Durable et du Bassin du Congo, Mme Arlette Soudan-Nonault, et d'autres hauts fonctionnaires du gouvernement. La mission du FMI a également rencontré des représentants de la société civile, du secteur privé, et des partenaires au développement.

« La mission tient à remercier les autorités congolaises pour les discussions riches et productives et une excellente coopération. »

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